» Catégorie : Les Dossiers du Petit Maniaco
Il serait faux de penser que l'univers du cinéma Bis et d'exploitation se résume uniquement à quelques styles bien précis de films. L'appellation générique Bis comprend en effet de nombreuses ramifications partant de ces principales catégories que peuvent être l'horreur, le fantastique, l'érotisme ou encore le polar et l'aventure. Particulièrement riche, le cinéma d'exploitation italien a vu naitre au fil du temps et des courants de mode de très nombreux sous-genres. L'amateur quelque peu perdu dans cette jungle d'appellations trouvera ici toutes les explications nécessaires pour mieux l'éclairer et le guider. Du giallo au poliziesco, du sexploitation au nazisploitation en passant par le nunsploitation, le mondo, le rape and revenge, le peplum érotique, le post-nuke ou les différentes sous-catégories de l'horreur, nous nous proposons de vous les faire découvrir en espérant ainsi vous faciliter la tâche lorsque vous souhaiterez classifier vos petites merveilles ou simplement leur donner un nom. C'est également ici que nous traiterons de biens d'autres genres de ce cinéma dit "autre", en visitant les univers fort riches en thèmes de l'Underground, du trash, du X sans oublier d'aborder les grands mythes du cinéma sans lesquels il ne serait plus vraiment ce qu'il est, ce pourquoi on l'apprécie ou vénère.


Si le cinéma hardcore aura ses metteurs en scène attitrés il aura aussi ses stars et starlettes, diva et divo de la première heure dont le règne variera de quelques mois à quelques années. Ce nouveau dossier du Maniaco vous propose de retracer rapidement l'histoire du porno transalpin mais il va avant mettre en lumière tout ceux et celles qui en furent les pionniers, les principaux acteurs et lui donnèrent ses lettres de noblesse. Et seul Eros sait s'il est parfois très difficile de mettre un nom sur un visage et vice et versa. Nous tenterons également de vous faire découvrir qui ils étaient réellement, quel fut leur destin et ce qu'ils sont aujourd'hui devenus pour ceux du moins qui n'ont pas préféré disparaitre pour commencer une toute nouvelle vie après cette brûlante période de gloire plus ou moins éphémère. 


malheureux protagonistes pour le besoin de son film ceci n'enlève rien à l'horreur des situations. Le spectateur gardera encore longtemps en mémoire ces visages désespérés, ces regards perdus qui n'attendent plus que la mort pour être enfin soulagés de cet enfer dans lesquels on les a plongé. Victimes, collaborateurs et sodomisateurs appelés à l'origine fouteurs, filles des quatre hauts dignitaires et servantes, ils restent tous de malheureuses victimes anonymes, un simple prénom, un simple visage souvent froid, presque fantomatique, un anonymat souhaité par Pasolini puisque donner une âme à ces jeunes leur aurait conféré une personnalité à laquelle le spectateur aurait pu s'attacher. Dans l'optique du cinéaste cette quasi perte d'identité a pour but de rendre leurs souffrances encore plus douloureuses et insupportables.
Comme si l'atrocité de la fiction devenait une triste réalité il semble que ces jeunes comédiens pour une binne partie non professionnels se soient retranchés par la suite derrière un anonymat tout aussi dérangeant dés la fin du tournage tant et si bien qu'ils restent pour la majorité d'entre eux une énigme. Une grosse partie a totalement disparu comme évanouie dans le néant dés le clap de fin donné, d'autres refusent absolument de réapparaitre aujourd'hui et de parler de cette expérience cinématographique qu'on peut qualifier d'unique, peut être honteux de ce passage devant la caméra pour un des films les plus dérangeant de l'histoire du cinéma italien. D'autres sont malheureusement morts depuis.
Saint Graal. Certains y ont pourtant dévoué leur vie. Des années de travail parfois, de recherches méticuleuses, de recueils de témoignages pris ça et là qui se résument parfois à une phrase mais de fil en aiguille les réponses sont doucement apparues même si parfois elles aussi se résument à d'infimes éléments.
Antinisca Nemour, Franco Merli et Ezio Manni mais également Paolo Bonacelli et Hélène Surgère, l'incontournable ouvrage de Uberto Quintavalle, les archives de la presse italienne d'alors, les témoignages d'époque et bien entendu des documentaires aussi précis qu'exceptionnels que Pasolini prossimo nostro et La voce di Pasolini. 





avant de reprendre de plus belle dès le début des années 50 grâce à l'arrivée d'une nouvelle vague de réalosateurs dont entre autres Antonioni, Risi, Comencini, Lattuada... Le peplum revint alors en force dés 1957 poussé notamment par les succès mondiaux de productions hollywoodiennes telles que Ben Hur, Les 10 commandements et Spartacus. Arriva en premier Hercule sous les traits de Steve Reeves suivi de toute une pléiade de colosses puis de tant d'autres, Maciste en tête. Après huit ans de gloire et une jolie brochette de comédiens au physique de culturiste qui lui donna ses lettres de noblesse, le genre, supplanté par la lente arrivée du western-spaghetti, s'éteignit définitivement en 1965 avec La sfida dei giganti de Maurizio Lucidi après nous avoir laissé bon nombre de chefs d'oeuvres voire de brillantes fresques parmi un nombre assez impressionnant de films. Le revival du genre gentiment appelé Sword'n'sandal se plaça sous le signe de l'érotisme, un des éléments moteur du cinéma d'exploitation d'alors d'où également cette dénomination de néo peplum érotique.
C'est ainsi que les turpitudes de Caligula, Néron et autres Messaline allaient le temps de quelques saisons faire les beaux jours des scénaristes plagiaires et de réalisateurs friands de films croustillants dont le dénominateur commun était le plus souvent leur indigence. Entre la décadence de l'Empire romain et les nouveaux barbares huilés à l'épée légère inspirés par Conan, la mythologie se forgea elle aussi une petite place parmi tous ces films. Les dieux non pas de l'Olympe mais de Cinecittà en profitèrent pour remettre au goût du jour ces fameuses légendes sans respecter le plus souvent leurs origines tout en créant des héros, Gunan, Sangraal, Thor, Ator, incarnés par une nouvelle génération de comédiens à la stature colossale, Pietro Torrisi, 


