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Caligola: la storia mai raccontata


Autres titres: La véritable histoire de Caligula / Caligula la véritable histoire / Caligula the untold story / Caligula 2 the untold story / Emperor Caligula / The emperor Caligula the untold story
Réal: Joe D'Amato
Année: 1982
Origine: Italie
Genre: Peplum érotique
Durée: 110mn / 125mn ( hardcore version)
Acteurs: David Brandon, Laura Gemser, Charles Borromel, Michele Soavi, Gabriele Tinti, Luciano Bartoli, Sasha D'Arc, Fabiola Toledo, Alessandro Freyberger, Larry Dolgin, Ulla Luna, John Alin, Didi Franks, Jessica Lopez, Donatella Down, Patricia Queen, Mark Shanon, Bruno Alias, Laura Levi, Sabrina Mastrolorenzi, Pauline Teutscher, Nadine Roussial, Paolo Gramignano...

Résumé: Caligula règne en despote sur Rome. De plus en plus malade, épileptique, il est la proie de ses terribles cauchemars. Il tombe alors amoureux de Miriam, une étrange femme qui n'a qu'un but: le tuer afin qu'il paie la mort d'un de ses amis. Mais Miriam est déchirée entre sa soif de vengeance et ses sentiments naissants pour cet homme de plus en plus fou...

Après que Bruno Mattei (Les aventures sexuelles de Néron et Poppée), Antonio Passalia (Caligula et Messaline) et quelques autres réalisateurs italiens aient remis au goût du jour l'histoire du célèbre empereur romain suite au succès du Caligula de Tinto Brass, il aurait été étonnant que Joe d'Amato ne nous offre pas à son tour sa version de l'histoire. Voici donc que déboule en 1982 sur nos écrans cette nouvelle mouture de la vie et du règne de Caligula vue par l'un des maîtres de l'horreur et de l'érotisme morbide à l'italienne.

Force est de constater que le film de Joe D'Amato est loin d'être le plus mauvais du genre. Par bon nombre d'aspects son Caligula est une pellicule presque aussi délirante, excessive que le film de Brass mais bien plus sanglante et surtout violente. Voilà qui ne surprend guère venant de la part d'un metteur en scène tel que D'Amato. Quelques soient les restrictions budgétaires, les faiblesses de ses scénarii il a toujours su donner à son cinéma une dimension horrifique assez particulière où sordide et violence se marient avec bonheur. La véritable histoire de Caligula ne fait pas exception à la règle. Il est après Blue holocaustou encore Anthropophagous pour n'en citer que deux une superbe démonstration de ce qu'est le cinéma extrême de D'Amato. Caligula mélange en effet avec une étonnante habileté sexe, perversions et gore paroxysmique afin d'illustrer toute la folie de l'empereur qu'il décrit en outre comme épileptique. Décapitation, langue arrachée, visage défoncé à coups de fléau, combats de gladiateurs particulièrement sanglants, bébé projeté à terre, castration d'un centurion... sont autant de réjouissances horrifiques qui décrivent la démence de Caligula, le clou du spectacle revenant à l'abominable mort de Gabriele Tinti, l'anus transpercée d'une lance qui ressort par le torse, une scène aujourd'hui culte qui dépasse et de loin le déjà impressionnant fist-fucking du Caligula de Brass. Il est intéressant de savoir que D'Amato s'auto-censura en renonçant à intégrer une scène blasphématrice qu'il avait tourné, celle de la crucifixion d'une douzaine de chrétiens avec moult détails effroyables telles les couronnes d'épines enfoncées dans le crâne des suppliciés. Outre sa violence exacerbée Caligula la véritable histoire se dénote de ses pairs par un sens aiguë du macabre.
Fidèle à lui même D'Amato apporte au film une touche d'onirisme aussi inattendu que malsain par le biais de scènes de rêve troublantes notamment celle, vénéneuse, funeste, où Caligula, hystérique, terrifié par des voix qui résonnent dans sa tête, se croit poursuivi par les spectres de tout ceux qui l'a tué. Impossible de ne pas citer deux autres moments forts du film, le massacre des vestales et la sublime séquence où Caligula rêve qu'il court sur une plage jonchée de cadavres. D'Amato apporte ainsi au film une dimension quasi fantastique non négligeable particulièrement intéressante qui vient gentiment renforcer non seulement la folie, la psychose de son empereur mais aussi le trouble du spectateur. La voix off solennelle appuie un peu plus le ton résolument grave du film.
Cette nouvelle mouture de Caligula demeure également la plus érotique des versions après celle de Tinto Brass puisque Caligula la véritable histoire dans sa version intégrale contient de longues scènes pornographiques d'où ne sont pas exclues quelques déviances sexuelles, toujours très à la mode dans le cinéma italien qu'il soit X ou simplement érotique. Fidèle à sa réputation D'Amato se laisse donc aller une fois de plus à quelques séquences particulièrement explicites dont une longue séquence de zoophilie, la masturbation non simulée d'un cheval par Maria Renata Franco (vue dans une scène similaire dans Black Emanuelle en Amérique) suivie par la pénétration (simulée cette fois) de la belle par l'animal en rut. Lors des scènes hardcore et d'orgies qui n'ont rien à envier à celle de Brass on reconnaitra parfaitement quelques uns des grands noms du porno italien d'alors dont Mark Shanon, Sabrina Mastrolorenzi, Laura Levi ou encore Pauline Teutscher.
Le film doit aussi beaucoup à l'excellente interprétation de l'acteur irlandais découvert dans Jubilee de Derek Jarman, David Cain Haughton alias David Brandon. Il incarne un Caligula parfaitement inquiétant et parvient à donner à son personnage une réelle dimension de terreur et de folie, laissant loin derrière le cabotinage de Malcolm Mc Dowell, préférant jouer sur son ambiguïté tant mentale que sexuelle, tour à tour viril puis plus efféminé, une facette de l'acteur qu'on retrouvera par la suite dans bon nombre de ses films. David Brandon est surement un des meilleurs Caligula que connurent les ersatz du film de Brass.
A ses cotés on retrouve avec un plaisir non dissimulé la toujours aussi envoutante Laura Gemser dans le rôle de Miriam. Laura garde d'ailleurs du film et de David Brandon avec lequel elle entretint une relation tendue un assez mauvais souvenir. Egalement au générique Charles Borromel et Gabriele Tinti sans oublier l'apparition de Michele Soavi en centurion muet se laissant masturber allègrement par Caligula avant qu'une jeune esclave le prenne en main.
Le point faible du film reste son budget dont on devine l'étroitesse d'où la pauvreté du décor. Un coin de studio d'où est rigoureusement absente toute décoration fait office de palais impérial. Une jolie tenture, quelques colonnes et bustes ornent la pièce unique où trône Caligula, entouré de sa garde représentée par une poignée de figurants. Cela fait illusion certes d'autant plus que la photographie, les couleurs chaudes aux tons rougeoyants, rehaussent l'ensemble mais on aurait peut être aimé plus de faste, de clinquant. Quant aux costumes on devra se contenter de toges, de jupettes romaines et quelques armures. Point de faste là encore, point d'excès vestimentaires. On est donc loin du soin apporté aux costumes de Caligula et Messaline et Les aventures sexuelles de Néron et Poppée.
Malgré son évidente pauvreté budgétaire La véritable histoire de Caligula est surement, et de loin même, un des meilleurs ersatz du film de Tinto Brass. Il est également un des plus intéressant sur le plan scénaristique même s'il ne faut pas vraiment y chercher une quelconque vérité historique. D'Amato signe un péplum érotico-horrifique, un porno péplum pour sa version intégrale, particulièrement sadique, souvent troublant, fascinant de par son coté macabre, un film à l'atmosphère pesante, suffocante, sépulcrale, mortuaire d'où nait très souvent un sentiment de totale décrépitude franchement plaisante souligné d'un trait de lyrisme fort bienvenu. D'Amato reste égal à lui même.

  • Par Éric Draven | vendredi, 1 août 2025 | 00h45
  • CatégorieLes films

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