Candido erotico

Autres titres: Candide et érotique / A man for sale / Un marido impotente
Real: Claudio De Molinis
Année: 1978
Origine: Italie
Genre: Drame
Durée: 91mn
Acteurs: Lilli Carati, Mircha Carven, Marco Guglielmi, Ajita Wilson, Fernando Cerulli, María Baxa, Filippo Perego, Lionello Pio Di Savoia, Carlos Alberto Valles, Eros Buttaglieri ...
Résumé: Carlo est danseur dans une troupe d'artistes spécialisés dans les sex shows dirigée par Véronique, une femme qui en est amoureuse. Un jour Carlo rencontre Charlotte, la belle-fille de Véronique, dont il tombe de suite amoureux. Le coup de foudre semble réciproque au grand dam de Véronique. Carlo et Charlotte ne tardent pas à vivre ensemble mais Carlo découvre son impuissance. Il est incapable de prendre du plaisir ailleurs que sur scène lors de ses spectacles devant un public ou lors de rencontres éphémères avec de jeunes prostitués. Afin de ne pas perdre Charlotte, il décide d'entraîner la jeune fille dans son univers décadent au risque de tout perdre...
Claudio Giorgi sous son habituel pseudonyme Claudio De Molinis signe en 1978 ce que Lili carati appelle aujourd'hui un roman-photo indigeste estampillé années 70. Et c'est en effet ce à quoi ressemble Candido erotico. Voilà pourquoi le film risque de décevoir grandement ceux qui en attendaient une oeuvre érotique sulfureuse et maladive issue du courant de l'euro-sleaze.


Candido erotico est en fait une sorte de mélodrame vaguement érotique plutôt BCBG qui par instant se veut moraliste et faussement juvénile. Du mélodrame Candido erotico en a l'intrigue qui repose essentiellement sur la vie de Carlo, un jeune danseur spécialisé dans les sex shows live desquels il tire tout son plaisir jusqu'au jour où il rencontre Charlotte, une jeune fille dont il tombe éperdument amoureux. Ils ne tardent pas à vivre ensemble mais leur bonheur est vite brisé par l'impuissance de Carlo, incapable de prendre du plaisir ailleurs que sur scène face au public ou dans les bras d'inconnu(e)s. Afin de ne pas la perdre il va entraîner Charlotte dans cet univers malsain au risque de la détruire et de se détruire également.


De l'aspect sordide de l'histoire De Molinis n'en garde que quelques traces au détour de petites scènes érotiques assez timides et trop peu osées pour être réellement dérangeantes et ne garde que le coté romantique de l'histoire. Cela devient vite ennuyant ce qu'accentue une réalisation lente et monotone. La vie dissolue de Carlo se résume à quelques coucheries et vagues rencontres homosexuelles suggérées tandis que De Molinis s'éternise sur la romance du jeune homme et de sa fiancée lors de longues séquences de promenades en amoureux et autres moments d'une insupportable mièvrerie. Trop simpliste, il est alors difficile d'accrocher à cette histoire qui perd ainsi beaucoup de son intérêt. On aurait aimé que De Molinis s'attarde un peu plus à nous décrire l'univers souvent sordide des sex-shows et approfondisse les relations vénéneuses qui unissent Carlo, Charlotte, sa belle-mère et son père afin de donner au film ce ton sombre qu'un tel scénario était en droit d'exiger.


Ce n'est pas le coté intellectuel que De Molinis tente de lui donner qui sauvera cette bande de son ennui puisque les citations tant de Neruda et Voltaire auquel le titre est un clin d'oeil que les références cinéphiliques (la chanson-thème chantée par Mircha Carven renvoie à Midnight cowboy) et l'univers de la prostitution masculine sont ici un coup d'épée dans l'eau.
A une époque où l'Italie générait encore bon nombre d'oeuvres érotico-juvéniles, Candido erotico a bien du mal à suivre d'une part à cause de cette superficialité et d'autre part à cause d'une distribution peu convaincante. Si Lilli Carati irradie littéralement l'écran par sa beauté et son innocence Mircha Carven, bellâtre issu du roman-photo, totalement transparent, semble plus intéressé par son image que par la tragédie de son personnage. A leurs cotés on appréciera de revoir Maria Baxa dans le rôle de la belle-mère et trop furtivement Ajita Wilson qu'on aperçoit trop rapidement lors de la séquence d'ouverture ainsi que brièvement lors d'une chorégraphie. Voilà qui est encore plus dommage!


Reste au crédit de ce mélo auquel on préférera Blue nude de Luigi Scattini de belles images de Rome et de Copenhague, de belles chorégraphies par instant étonnantes et surréalistes et les plans où Mircha danse en string au milieu d'hommes nus lors de ballets joliment orchestrés et de jolis décors. Et il y a Lilli Carati alors au sommet de sa beauté, seul véritable atout de ce film décevant.