Premier véritable long métrage de Franco Lo Cascio qui très vite abandonnera le cinéma de genre pour devenir un des pionniers du hardcore italien sous son pseudonyme habituel Luca Damiano, L'educanda est une gentille comédie érotique qui trouve ses racines dans un filon alors prolifique, la sexy comédie adolescente.
Patrizia a 17 ans. Elle revient au pays, une petite bourgade traditionaliste, bien décidée à y faire construire une salle de danse. Face au refus des membres du conseil régional, tous plus ou moins corrompus et perfides, elle va en compagnie de ses amies d'enfance user de ses charmes nubiles pour les faire chanter afin qu'ils acceptent.
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Sous ce scénario proche de celui de La liceale et consorts qui au départ aurait pu être qu'un simple prétexte à aligner des scènes plus ou moins graveleuse se cache en fait une jolie petite sexy comédie qui sous sa légèreté se veut par instant sérieuse. Au coeur des années 70, la jeunesse alors en pleine expansion représente aux yeux du peuple la subversion, un danger qui pourraient ébranler l'ordre établi. Construire une salle de danse dans un vieux bâtiment appartenant à un notaire est par conséquent la porte ouverte à tous les vices. Un avocat véreux a d'ailleurs d'autres projets bien plus troubles quant à l'endroit. Si on retrouve donc ce mouvement contestataire de bon aloi c'est cependant à coups de tartes à la crème et de tomates qu'on manifeste toujours dans la bonne humeur, guitares en main. Ni pavés, ni violence, Lo Cascio reste d'une absolue gentillesse.
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Après une joyeuse altercation avec les forces de l'ordre, notre lycéenne, pleine de vie et surtout de ressources, va alors quérir les conseils de la prostituée locale pour connaitre tous les secrets de séduction afin de mieux envouter les opposants à son projet et surtout faire pression sur eux en les faisant chanter de manière aussi coquine que malheureusement compromettante. Et qui pourrait résister aux courbes nubiles étourdissantes de notre lycéenne?
L'educanda risque pourtant d'en décevoir plus d'un. Etonnament sage, l'érotisme est particulièrement discret. On devra se contenter en effet de quelques plans sur la culotte de notre jolie écolière grimpée sur une échelle et quelques rares plans de nu fort prudes lors d'une séance photo, voilà qui est bien peu pour l'érotomane. Reste un très agréable moment, celui où la prostituée locale enseigne à Patrizia et ses trois amies l'art de séduire et faire craquer un homme, un moment d'autant plus agréable qu'elle est interprétée par la très charnelle Gabriella Giorgelli dont le corps nu sous ses voiles diaphanes et son regard bleu hypnotique risque cette fois d'enflammer le temps de quelques minutes les sens de ce même érotomane... et des autres!
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L'educanda qui se rapproche beaucoup plus de L'adolescente avec Sonia Viviani que des comédies aigres-douces avec Gloria Guida telles que justement La liceale est une petite comédie érotique fort innocente et totalement inoffensive, pleine de charme et de gentillesse qui nous ramène à un temps où un certain cinéma osait soulever des sujets délicats sous la forme de comédies joliment graveleuses..
On appréciera surtout ici la beauté de Patrizia Gori, l'épouse du réalisateur, qui malgré son âge incarne parfaitement notre séduisante et fort maligne lycéenne. A ses cotés, on aura le plaisir de retrouver outre Gabriella Giorgelli, Umberto D'Orsini et quelques visages surprenants dont le simiesque Salvatore Baccaro habitué au rôle de monstre ici en paysan voyeur tout en sueur et l'imparable Aldo Valletti, celui qui fut Son Excellence dans Salo, dans la peau cette fois d'un des gardes du notaire.
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Il est amusant de savoir que L'educanda fut financé par la propre mère de Patrizia, le film aurait du être pour Lo Cascio un tremplin afin d'amasser suffisamment d'argent pour réaliser par la suite des films beaucoup plus importants. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Lo Cascio mit en scène l'année suivante avec beaucoup de mal Bacchanales infernales que Elo Pannaccio termina pour mieux en endosser la paternité. Dès 1976 Lo Cascio se tournera définitivement vers la pornographie.
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