Cruising the Castro

Réal: Michael R. Newman
Autres titres: Draguer en ville / Côte ouest
Année: 1981
Origine: USA
Genre: X
Durée: 61mn
Acteurs: Rick Adams, Dick Fisk, Johnny Harden, Jack Holtz, Richard Locke, Will Seager, Mark Majors, Tony Natali, Don Talon, Chad Scott...
Résumé: Dans le Castro, le mythique quartier homosexuel de San Francisco, on suit le temps de cinq histoires, les ébats d'hommes qui s'y rencontrent pour baiser...
Mais qu'est donc le Castro? Il s'agit du légendaire quartier de San Francisco devenu aujourd'hui emblématique de la culture gay et queer. Après les fameuses émeutes de Stonewall en 1969 et la première gay pride le Castro devint le quartier général du mouvement homosexuel avec ses bars, ses clubs, ses saunas, ses cinémas, ses échoppes. Tous les homosexuels américains venaient au Castro, s'y retrouvaient pour y vivre pleinement et librement leur sexualité. Dans les rues bondées de cette immense fourmilière s'y mélangeaient allègrement Leather boys, Denim guys, Urban cow boys et autres Young cats, toutes les


diverses castes homosexuelles. La rue se transformait en un gigantesque lieu de drague ouverte, un terrain de chasse où personne ne revenait bredouille. Réalisé fin 1979 (mais sorti en 1981) par Michael R. Newman Crusing the Castro est une immersion dans cet univers de sexe bouillonnant où la caméra du réalisateur suit ces hommes dans divers endroits pour y filmer leurs ardents ébats.
La première rencontre est celle de deux hommes qui après s'être dragué en plein Castro se rendent sur le toit d'un immeuble surplombant la ville. Après quelques échanges de baisers et un rapprochement corporel ils baisent dans un grenier. La seconde se déroule sur un


chantier. Un ouvrier et son contre-maitre se laissent aller à de brulants ébats dans une maison en construction. Le troisième segment concerne un acte de voyeurisme. Un jeune minet entre dans une chambre dont les murs sont recouverts de dessins de Tom of Finland, le célèbre peintre spécialisé dans le portrait fantasmatique et fétichiste d'hommes en cuir. Une somme d'argent est posée sur la table. Il se déshabille, se masturbe et se fait une auto-fellation. Le voyeur l'espionne caché derrière une porte entrouverte. La quatrième histoire se déroule en boite. Dans un club deux hommes après avoir pris un verre baisent sur un divan. Le cinquième et ultime sketch nous entraine dans une maison où se retrouvent trois hommes


venus partouzer entre eux. Le film se conclut sur l'image du jeune ouvrier et du contre-maitre tendrement enlacés. Ils ont acheté la maison en construction et y vivent désormais ensemble.
Seul et unique film de Michael R. Newman Cruising the Castro n'est pas un documentaire sur l'âge d'or du Castro mais un simple hardcore gay qui en cinq segments illustre la facilité d'y vivre sa sexualité dans les années 70, en un mot comme il y était simple d'y baiser à toute heure du jour et de la nuit en prenant comme exemple des personnages et des lieux types. Ouvriers de chantier, cow-boys, hommes en cuir et à moustaches, Denim men sont ainsi au menu et font affaire en boite, sur un chantier, un grenier ou une petite chambre. Le cliché


même du fantasme gay fétichiste ou pas, appuyé par la présence de dessins de Tom de Finlande et l'insistance de la caméra à filmer l'entre jambe des protagonistes dont le sexe gonflé de désir se dessine parfaitement sous leur Denim moulant sous lequel ils ne portent pas de slip évidemment, années 70 obligent!
Les sketches n'ont rien de très original en eux-mêmes. Tout va très vite, le film, minimal, ne dure que 60 minutes. Il n'y pratiquement aucun dialogue. Les scènes de sexe viriles à deux ou à trois s'enchainent donc sans grande imagination. Fellations et doubles fellations, sodomies, analingus, éjaculations faciales et


anales la plupart filmées au ralenti sont au menu, tout cela plutôt bien filmé. On remarquera que Newman semble apprécier les énormes membres phalliques, le dénominateur commun entre tous les protagonistes étant leur impressionnant pénis. Ceux qui apprécient les gros calibres seront ravis.
Parmi les cinq segments sort du lot le troisième, de loin le plus curieux. Un jeune homme entre dans une chambre où un voyeur l'a payé pour qu'il se masturbe devant lui. Caché derrière une porte entrouverte on ne le verra jamais si ce n'est la vision furtive de sa main témoignant de sa présence. L'ambiance est glauque, les murs sont recouverts d'images fétichistes


signées Tom de Finlande qui excitent le jeune garçon. Il se dévêt, s'allonge sur le lit, se masturbe puis exécute une longue et impressionnante auto fellation. Les amateurs de sexe kinky devraient apprécier! Il règne tout au long de cet opus une étrange atmosphère, angoissante, excitante, presque surréaliste, appuyé par une bande son dissonante, mystérieuse, pesante. C'est le sketch du film qui fait tout son intérêt, celui qu'on retiendra, qui marquera les esprits. Il est intéressant de noter que chaque épisode est accompagné d'une bande son spécifique. Jazzy/lounge pour le premier, country pour le second, étrange et synthétique pour le troisième, disco/funk pour le quatrième et de nouveau jazzy pour le dernier.


La distribution compte parmi les meilleurs hardeurs californiens d'alors, Dick Fisk, Richard Locke, Will Seager, Don Talon, Jack Holtz et Chad Scott sans oublier le très mignon Johnny Harden (mort d'une overdose en 2002) dans son éternel numéro solo, ici il se contorsionne de façon étonnante pour s'autosucer de manière magistrale pour mieux éjaculer sur son visage.
Cruising the Castro uniquement sorti en vidéo en France sous le titre Draguer en ville mais également Côte ouest est certes un hard gay mineur qui vaut avant tout pour son troisième segment et bien sûr ses scènes de sexe, classiques mais efficaces. On aurait


espéré bien mieux de ce film qui tendait à montrer l'état d'esprit qui régnait dans le San Francisco gay de l'époque. Avec un tel titre on aurait pu s'attendre à un documentaire sur l'extraordinaire liberté sexuelle du Castro, gigantesque baisodrome propre aux fantasmes les plus débridés où plaisir de vivre, d'être un homme, et plaisir du sexe se mariaient dans la plus totale insouciance. On a simplement un X vintage qui se contente d'enchainer des scènes de fesse comme n'importe quel X de cette époque. Dommage mais le film reste cependant plaisant comme il reste un témoignage comme la grande majorité des hardcore gay américains des années 70 d'une époque à jamais révolue où la liberté sexuelle ne connaissait aucune limite.