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Gayracula


Réal: Roger Earl
Autres titres:
Année: 1983
Origine: USA
Genre: X
Durée: 83mn
Acteurs: Tim Kramer, Steve Collins, Rand Remington, Randal Butler, Ray Medina, Doug Weston, David McNeil, Max Montoya, Douglas Poston, Michael Christopher...

Résumé: Alors que des moines sont sur le point d'enfoncer un pieu dans son coeur Gayracula se transforme en chauve-souris et s'échappe de son cercueil. Le jeune comte Gaylord Young se rend au château du marquis de Suede qui aussitôt le vampirise, le condamnant à errer pour l'éternité. 200 ans plus tard Gaylord retrouve le marquis à Los Angeles. Il y dirige un night-club gay. Gaylord a juré de se venger du marquis pour l'avoir ainsi condamné. Il se fait embaucher dans sa boite. L'instant venu il menace de le détruire s'il ne fait pas de nouveau de lui un mortel...

Dans les années 70 le cinéma pornographique tant hétérosexuel que gay lorsque celui ci était encore du cinéma un part entière tourné sur pellicule et distribué en salles se fit un plaisir non dissimulé à mélanger les genres au fil d'intrigue pas toujours très développées mais souvent originales parfois étranges. Science-fiction, polar, horreur, fantastique se mêlaient ainsi avec fierté au X. Les grands mythes du fantastique ne furent pas épargnés et trouvèrent leur correspondances pornos. Le mythe du vampire comme notre ami le comte Dracula ne furent pas tenus à l'écart et connurent quelques adaptations très humides

comme celle de l'américain Roger Earl, pornocrate qui débuta sa carrière au milieu des années 70 avec le réputé Born to raise hell, qui en 1983 revisita à sa façon Dracula avec ce Gayracula.
1783 - Quelque part en Transylvanie une procession de moines porte le cercueil de Gayracula à l'intérieur d'une grotte. Au moment où ils ouvrent le cercueil pour lui planter un pieu dans le coeur Gayracula se transforme en chauve-souris et s'échappe. Le jeune comte Gaylord Young est envoyé par sa tante Bella au château du Marquis De Suede à qui il doit remettre un coffret. A peine est-il arrivé au manoir que le Marquis et le jeune Comte font

l'amour fiévreusement. Le Marquis finit par le mordre au cou le condamnant à être pour l'éternité un vampire. 200 ans plus tard Gaylord et son fidèle serviteur Boris errent dans les rues de Los Angeles à la recherche du marquis dont Gaylord veut se venger. Il finit par le retrouver. Il dirige désormais un night-club gay. Il s'y fait embaucher et vampirise un maximum de séduisants jeunes hommes. Alors qu'il est sur le point de tuer le marquis ce dernier lui fait une proposition. Il connait en effet le moyen pour que la malédiction qui pèse sur Gaylord prenne fin. Il doit déflorer un jeune puceau et faire en sorte qu'il tombe amoureux de lui au cours d'une cérémonie rituelle. Il connaitra non seulement le grand amour mais

redeviendra ainsi mortel. Reste à savoir si le marquis a menti... L'ouverture du film soit ses cinq premières minutes laissait présager une intéressante petite pellicule porno horrifique au ton un tant soit peu gothique. Des moines encapuchonnés traversent une région montagneuse en portant un cercueil qu'ils déposent au fond d'une grotte. Le comte Gayracula y repose. A son ouverture alors qu'un des religieux s'apprête à lui transpercer le coeur le comte se transforme en chauve-souris et s'échappe vers le sommet des montagnes. Il reprend forme humaine, ouvre sa cape sous laquelle il est nu, exhibant un phallus prodigieux. Cette introduction aux relents sataniques plutôt réussie fait parfaitement

illusion même si l'effet spécial (la chauve-souris en plastique) est assez rudimentaire. La partie centrale de cette bobine phallique est plus conventionnelle et surtout répétitive. Libéré Gayracula doit se trouver de nouvelles victimes. Voilà qui tombe à pic puisqu'un jeune damoiseau, Gaylord Young, 21 ans, débarque au manoir où il vit, pour lui apporter un coffret que lui a remis sa tante. On ne sait trop pourquoi, on s'en moque, l'essentiel n'est pas dans le coffret mais dans le pantalon du vampire qui répond désormais au doux nom du Marquis de Suede! Un clin d'oeil au Marquis de Sade? Et leur pantalon ils le perdent tout deux très vite et font l'amour de manière fébrile. Fellation, analingus, 69, sodomie, autrement dit une

complète! Les ébats se terminent par une morsure au cou. Notre godelureau est désormais un vampire et n'est pas très content de cette immortalité non désirée. 200 ans plus tard il erre dans les rues de L.A à la recherche du marquis dont il veut se venger coute que coute.
Nous voilà donc dans le L.A des années 80 pour un X gay qui se veut une revisitation urbaine du mythe du vampire. Earl en reprend les principaux éléments (morsures au cou mais aussi aux fesses pour actualiser le mythe, ail, crucifix, miroir, rats, cercueil, quête de sang, virginité...) en les adaptant à notre société moderne et bien sûr au contexte homosexuel. Grâce à son fidèle Boris Gaylord retrouve le Marquis désormais gérant d'un

night-club. Un joli prétexte pour multiplier les scènes de sexe lors de numéros de cabaret et de magie mais aussi en coulisses, notamment les vestiaires, et même dans la salle d'attente d'un docteur sur le point de faire une transfusion! Gaylord avait faim. Earl nous offre donc une sorte de comédie musicale disco tout en strass et paillettes où les acteurs façon Chippendales à moustaches, certains masqués, dansent tout en exécutant des strip-teases intégraux entre deux parties de jambes en l'air publiques à deux ou à trois sous le feu des projecteurs. Il fallait obligatoirement une touche de trash. Elle est bel et bien présente par le biais d'un numéro plutôt cocasse qui en ravira certains, la spécialité d'un des artistes au

demeurant très laid étant d'évacuer par voie anale d'énormes boules d'acier tout en faisant l'hélicoptère avec son pénis, Earl se faisant visiblement un plaisir non dissimilé à filmer ces boules éjectées des fesses de son freak! En gros chez le marquis on ne coule pas un bronze mais... de l'acier!
On retrouve lors de la dernière partie du film l'agréable ambiance satanico-horrifique de l'ouverture lors du rituel organisé par le marquis. En un claquement de doigt (ça s'appelle de la magie) Gaylord fait apparaitre Randy, un jeune et séduisant puceau qu'il déflore avant que ne débute la cérémonie rituelle à laquelle doivent participer quatre autres hommes ou le top

départ pour une superbe orgie sur fond de bougies noires qui se clôturera de manière aquatique lors d'un final plein d'espoir aussi poétique que lyrique. Les scènes de sexe aux tons chauds (à deux, à trois, à quatre ou cinq) filmées avec soin, joliment photographiées, souvent inspirées, sont par moment aux limbes de l'onirisme notamment celle qui ouvre le film, au manoir du marquis, et celles qui composent l'ensemble de la cérémonie rituelle, rythmées par une bande son électronique agrémentée de chants liturgiques sataniques lancinante, envoutante, étrange qui par instant rappelle celle de Midnight express. Un point commun les relie toutes, elles sont chaudes bouillantes. Elles devraient sans nul doute

plaire à l'amateur de plaisirs virils très virils comme aux amateurs de gros membres et d'hommes aux muscles bandés. On sent la testostérone chez nos vampires. Earl a du savoir-faire et visiblement aiment les ralentis. On ne compte plus en effet les éjaculations, interminables, filmées au ralenti, Earl ou le Enzo Castellari du pénis!
Les acteurs sont peut-être le point faible, tous un peu gauches dans leur rôle respectif plus particulièrement Tim Kramer (Gaylord), ex-mannequin et escort boy mort du Sida en 1992, est un vampire un peu trop pataud, pas très expressif mais généreusement doté par Mère nature contrairement à Steve Collins (Falconhead 2) un brin trop malingre pour incarner un

redoutable marquis vampire mais il est tout aussi bien membré et fièrement moustachu. Ca compense.
Gayracula est un agréable X gay horrifique, drôle, effroyablement viril. Voilà une version du mythe qui sans être très originale n'en est pas moins divertissante, esthétiquement très belle, et plutôt excitante. Ce détournement pourrait même donner l'envie de se faire sucer... pardon mordre et faire monter d'un cran la température de la pièce. Et pas que!
Prudence! Précisons qu'il existe étrangement des versions vidéo plus ou moins cut selon l'éditeur. La version intégrale du film doit faire 83 minutes. Qu'on se le dise.

  • Par Éric Draven | mercredi, 8 juillet 2026 | 21h51
  • CatégorieLe cinéma gay

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