DNA - formula letale

Réal: Luigi Montefiori
Autres titres: Metamorphosis / Regenerator / Italian Reanimator 2 / Lizard - Die totale mutation
Année: 1989
Origine: USA / Italie
Genre: Horreur
Durée: 95mn
Acteurs: Gene LeBrock, Catherine Baranov, Harry Cason, David Wicker, Jason Arnold, Stephen Brown, Tom Story, Anna Colonna, Wally Doyle, Laura Gemser, Serina Steinberg...
Résumé: Le professeur Houseman, un jeune généticien, travaille sur la modification de l'ADN. Il a mis au point un sérum capable de ralentir le vieillissement des cellules et donc d'empêcher la mort. Privé de subventions il se voit forcé de tester son sérum sur lui. Si au début tout semble bien se passer très vite les conséquences vont être désastreuses pour son organisme qui lentement se métamorphose en quelque chose de reptilien...
Récemment disparu Luigi Montefiori plus connu sous son pseudonyme anglo-saxon George Eastman n'a pas seulement été un visage incontournable, une des figures les plus connues, les plus notables du cinéma bis et d'exploitation italien, il fut aussi l'inséparable bras droit de Joe D'Amato, un acteur et scénariste émérite qui au crépuscule des années 80 ajouta une corde à son arc, celle de réalisateur. Fin 1989 il écrit et réalise en effet son seul et unique film que produit la Filmirage, la maison de production de D'Amato, une pellicule d'horreur qui ne rencontra pas le succès escompté intitulée DNA - formula letale


plus connue sous son titre international Metamorphosis.
Le généticien et professeur universitaire Peter Houseman travaille depuis quelques années déjà sur l'ADN. Avec l'aide de son ami Mike il a mis au point un sérum qui empêche le vieillissement des cellules, par conséquent la mort. Sa demande incessante de financement interroge quelques hauts placés dont le vieux professeur Lloyd qui finit par lui refuser l'argent nécessaire pour terminer ses recherches. Houseman décide alors de tester sur lui le sérum. Au début tout se passe très bien. Il est plus énergique et voit sa force décuplée. Il y a pourtant des effets secondaires imprévus. Il se rend inconsciemment


coupable d'actes de violence envers une prostituée et une jeune femme qu'il faillit tuer. Bien plus alarmants sont d'autres signes. Il remarque que son corps se métamorphose et prend lentement une forme reptilienne. Renversé par une voiture il est hospitalisé dans un état grave. Commence alors une très rapide dégénérescence. Son corps vieillit de plus en plus d'heure en heure. Il sait que désormais plus rien ne pourra arrêter le processus de vieillissement qui devrait atteindre un stade indéterminé de l'évolution humaine. Lorsqu'il comprend qu'il a besoin de sang pour se nourrir il s'échappe de l'hôpital, tue quelques victimes et retourne au laboratoire pour tenter une ultime fois d'arrêter le processus grâce à


un reliquat de sérum. Malheureusement le fils de sa petite amie qui l'a toujours détesté détruit la fiole contenant le précieux liquide. Plus rien ne peut stopper désormais l'abominable métamorphose de Peter...
Pour sa première et malheureusement dernière réalisation (à l'exception de 2020 Texas gladiators dont D'Amato s'est toujours attribué la paternité) Luigi Montefiori a choisi un thème alors à la mode dans le cinéma d'horreur, l'horreur génétique. Il ne fait pas vraiment dans l'originalité puisque DNA - formula letale n'est jamais qu'un hybride entre La mouche de David Cronenberg pour la métamorphose du scientifique non pas en insecte cette fois


mais en quelque chose de reptilien et du Tueur de la pleine lune de Ruggero Deodato pour son vieillissement prématuré. Certains pourraient aussi citer Les prédateurs de Tony Scott et Altered states de Ken Russel. Montefiori n'a évidemment pas bénéficié des moyens des réalisateurs cités mais il faut cependant reconnaitre qu'il est parvenu à nous concocter une petite bande horrifique plutôt sympathique et divertissante qui se laisse regarder avec un certain plaisir. Dés les premières minutes on plonge directement dans le vif du sujet, un jeune scientifique expérimentant sur des singes une formule d'ADN modifié afin de ralentir voire d'arrêter le vieillissement des cellules. Ses subventions coupées il se voit contraint de


tester son sérum pas encore tout à fait au point sur lui ou le début d'une lente dégénérescence que plus rien ne pourra stopper. Montefiori/Eastman signe un petit film à l'américaine fortement estampillé années 80 (comme la plupart des productions Filmirage) assez élégant filmé avec reconnaissons-le professionnalisme, un évident savoir-faire malgré un budget dérisoire. Il fait ce qu'il peut avec ce qu'il a et y parvient avec un certain brio.
La première partie teintée d'une légère pointe de gore (la seringue plantée dans l'oeil pour injecter le sérum, en fait un oeil de porc fut utilisé) est essentiellement consacrée aux essais génétiques. On pourra lui reprocher une certaine lenteur, une certaine mollesse. Si


notre jeune généticien s'injecte une dose d'ADN modifié c'est un peu plus d'énergie qu'on aurait aimé que Eastman injecte à cette première moitié de film un peu bavarde et peu démonstrative. C'est donc avec plaisir qu'on aborde la seconde bien plus palpitante et riche en effets spéciaux. Que valent donc ces derniers? Sans être extraordinaires ils fonctionnent plutôt bien, sont majoritairement efficaces et assez gore dans l'ensemble. Dans sa phase de métamorphose Houseman a des faux-airs du Fraudstein de Lucio Fulci. Une scène assez marquante est celle où il rampe tel un saurien sur le sol de la salle de bain. Il est clair que Eastman s'est également souvenu de Rosso sangue / Horrible dont bon nombre de


séquences d'horreur et de situations font penser ne serait-ce que par la présence de l'enfant seul face au monstre. On savourera quelques plans sanguinolents (l'agression sauvage de la prostituée et la mort de la jeune victime blonde) et appréciera une bonne dose de violence comme on aimait encore en agrémenter les pellicules dans les années 80. Tout ceci nous amène vers un final inattendu, curieux, tragique mais involontairement drôle puisqu'il trahit le manque de moyens dont le bon Eastman a souffert. On ne sait trop pourquoi, il ne faut pas non plus trop chercher d'explications scientifiques rationnelles, Houseman se transformera en dinosaure (ultime étape de sa métamorphose saurienne?), une sorte de mini Godzilla


aux yeux rouges dont on aperçoit simplement les crocs acérés et la silhouette menaçante dans l'encadrement embrumé de la porte juste avant que les forces de l'ordre ne l'abattent. Baudruche ou comédien dans un costume crée par Maurizio Trani? Peu importe il ne restera du monstre qu'une flaque visqueuse, une fin ouverte qui laisse place à l'imagination... ou l'abomination qui prend la forme ici d'un enfant et d'un simple lézard.
L'interprétation 100% américaine est honnête. Ex-acteur de la Troma Gene Lebrock revu par la suite dans La casa 5 de Claudio Fragasso est un généticien tout à fait acceptable sur lequel on pourrait même s'apitoyer. La rousse Catherine Baranov dont ce fut le seul et


unique rôle à l'écran n'est pas d'une beauté incendiaire mais elle fait parfaitement l'affaire dans le rôle de la petite amie. Et c'est un plaisir d'apercevoir l'espace de quelques minutes Laura Gemser particulièrement maltraitée dans la peau (nue) de la putain. Le reste de la distribution, anonyme, remplit consciencieusement ses fonctions.
Entièrement tourné en Virginie dans le Norfolk DNA-formula letale est une agréable surprise, une production horrifique à tout petit budget joliment réalisée malgré par instant une certaine mollesse largement pardonnable au vu du résultat plus qu'honnête. Voilà un petit plaisir coupable qui est très certainement un des films les plus réussis et intéressant de la Filmirage.