Sapore di mare

Autres titres: Sapore di mare - Un'estate negli anni 60 / Time for loving
Réal: Carlo et Enrico Vanzina
Année: 1983
Origine: Italie
Genre: Comédie
Durée: 95mn
Acteurs: Jerry Calà, Virna Lisi, Christian De Sica, Marina Suma, Angelo Cannavacciolo, Karina Huff, Isabella Ferrari, Gianni Ansaldi, Giorgia Fiorio, Giorgio Vignali, Ugo Bologna, Ennio Antonelli, Enio Drovandi, Paolo Baroni, Gianfranco Barra, Claudio Caramaschi, Roberto Chevalier, Rita Forzano, Angelo Maggi, Franco Moscon, Guido Nicheli, Alba Parietti, Franca Scagnetti, Annabella Schiavone, Anna Maria Torniai, Edoardo Vianello, Salvatore Francofonte, Ettore Martini, Lamberto Solfa...
Résumé: 1964 - Un groupe de jeunes et leurs familles venus de différentes régions de l'Italie passent leurs vacances d'été dans la station balnéaire de Forte de Marmi. Au rythme des plus grands succès musicaux italiens des années 60 ils vont vivre des amours d'été, s'aimer, se quitter, s'amuser...
Dés la fin des années 70 et durant une bonne partie des années 80 Carlo et Enrico Vanzina furent en Italie des réalisateurs-phare de la nouvelle comédie juvénile à l'italienne, accompagné la plupart du temps de son trio d'acteurs fétiches, Christian de Sica (le fils de Vittorio), Angelo Cannavacciolo et Jerry Cala. parmi la petite dizaine de comédies qu'il signa il en est une qui en Italie est au fil du temps devenue un film culte, une oeuvre vénérée par toute une génération qui aujourd'hui encore l'acclame et ne cesse de vanter ses mérites. Souvent comparé à La Boum de Claude Pinoteau Sapore di mare tourné en 1983 un an tout


juste après leur tout aussi fameux Vacanze di Natale fait partie de ces pellicules qui appartiennent à l'histoire du cinéma italien, ces succès populaires qui jamais ne semblent démériter et passent avec une facilité déconcertante les décennies.
Sapore di mare se déroule en Versilia à Forte di Marmi, au début des années 60, où un petit groupe de jeunes et leur famille tous issus de la petite bourgeoisie italienne sont venus passer leurs vacances d'été. Il y a la famille Carraro, des milanais, et les frères Pucci, des Toscans qui ne se quittent pas, l'un rattrapant toujours les bêtises de l'autre. Maurizio est romain. Il est épicurien et adore manger. Gianni le Génois est l’intellectuel de la bande


accompagné de sa petite amie Selvaggia. Giorgia est la benjamine du groupe. Luca est le trublion de la bande toujours prêt à faire des blagues le plus souvent aux dépens de Morino le maître-nageur. Cette année Felicino a une nouvelle petite amie, une anglaise prénommée Susan dont il adore vanter les charmes. Les Pinardi et leurs enfants Marina et Paolo le lourdaud sont de Naples, ce sont leurs premières vacances à Versilia. Quant à Cecco il est le photographe attitré de tout ce beau monde, toujours prêt à fixer une situation sur pellicule. Tous ces jeunes, toutes ces familles vont vivre une série d'aventures durant ces vacances estivales des péripéties qui se mêlent et s'entremêlent sur fond de tubes italiens des années 60...


Si en Italie on aime comparer Sapore di mare à La boum (retitré Il tempo delle mele) il faut cependant relativiser quelque peu. Le film de Pinoteau était une tranche d'adolescence, drôle, fraiche, tendre avec ce qu'il faut de drames. C'était une vision plutôt juste de la jeunesse des années 80, le temps des boums et des premières amours. La force du film du film, outre l'aspect nostalgique, est qu'il est intemporel et fonctionne toujours aussi bien aujourd'hui car chacun peut encore s'y reconnaitre même si certaines moeurs ont changé. La forme a changé pas le fond. Sapore di mare donne aussi sa vision de la jeunesse, plus spécifiquement italienne, mais celle des années 60 en plein boom économique. Les héros


ne sont pas des adolescents mais des étudiants, de jeunes hommes et de jeunes femmes plus proches des comédies juvéniles à l'italienne que de nos lycéens. Sapore di mare joue bien plus sur le coté potache, sur les gags et les situations plus ou moins cocasses dans lesquels se retrouvent tous ces jeunes et leur famille issus de la petite bourgeoisie ou des classes moyennes, celles qui pouvaient se payer des vacances à la mer, et dont l'originalité est de venir des quatre coins du pays, par conséquent avec leurs préjugés, leur mode de vie et de pensées... . Milanais, toscans, romains, napolitains se retrouvent donc sur cette plage et leurs aventures se mêlent les unes aux autres au rythme des plus grands succès


musicaux italiens des années 60 qui forment une sorte de fil conducteur. L'effet nostalgie fonctionne, c'est indéniable, pour le peu surtout qu'on ait connu cette époque. On évoque les Beatles, les Stones, Fred Astair, on va au drive-in regarder Sodome et Gomorrhe, les filles craquent toutes pour Steve McQueen, Peter O'Toole et Paul Newman, les garçons rêvent d'épouser Brigitte Bardot mais dans sa forme le film des Vanzina reste un film typiquement italien, à 100% italien, raison pour laquelle il risque d'avoir un impact bien moindre sur un public français qui ne verra certainement pas en lui un American graffiti transalpin (comme on aime le dire également au pays de Dante). Sapore di mare est tout aussi italien dans sa


conception. Il ne diffère guère des innombrables comédies juvéniles tournées dans les années 70 et 80 tant au niveau de l'humour, des gags et des aventures sablonneuses de notre bande de jeunes dont la préoccupation majeure est de draguer, s'amuser, danser tout l'été au fil d'amourettes estivales balnéaires qui se font et se défont.
Sapore di mare est loin d'être le chef d'oeuvre trop souvent annoncé du coté de la Botte. Mais il n'est pas non plus qu'une insipide petite pellicule. Outre l'aspect nostalgie qu'on peut lui trouver elle reste une comédie familiale fraiche et divertissante même pour un public français, avec d'agréables passages notamment celui où Gianni (excellent Gianni Ansaldi)


tente de draguer la meilleure amie de ses parents, une quadragénaire plutôt disponible. La distribution comme l'interprétation jouent aussi un rôle important. Christian De Sica, Jerry Cala qui fait du Jerry Cala (tous deux excellents en fils à papa) et Antonio Cannavacciolo forment un trio soudé et avenant qu'on pourra cependant trouver un peu trop âgés pour leur personnage. Ennio Antonelli, Ugo Bologna et Guido Nicheli dont l'accent milanais et le snobisme firent ravage en Italie sont parfaits dans leurs rôles de mari et père bourgeois. Virna Lisi, resplendissante, lumineuse, brille dans la peau d'Adriana, élégante quadragénaire peu farouche très attirée par la jeunesse qui l'entoure. Sans oublier une toute


jeune Isabella Ferrari, Marina Suma, Karina Huff et Alba Parietti. Le film comme les dialogues sont truffés de références aux modes et aux moeurs de cette époque, de quoi accentuer l'effet nostalgie et faire un peu plus vibrer la corde de l'humour. Quant au final il jette une ombre d'amertume sur l'ensemble. Hormis l'éternelle fin d'été qui apporte toujours sa touche de tristesse les frères Vanzina projettent leur troupe dans les années 80. Vingt ans plus tard les protagonistes se retrouvent sur cette plage et font le bilan de ses deux décennies entre souvenirs et mélancolie.
Pour l'amateur de ce type de pellicules Sapore di mare mérite d'être vu au moins une fois 

pour s'en faire sa propre idée. On vibrera ou non, on prendra plaisir ou pas à réentendre les tubes des années 60 qui ont bercé l'Italie, on ne criera peut-être pas au génie mais on passera surement un petit moment tout à fait sympathique.
Enorme succès tant public que critique en Italie à sa sortie en salles (il est inédit en France, est-ce étonnant) une suite fut tout naturellement tournée à ce film culte l'année suivante, Sapore di mare 2, un anno dopo, avec quasiment la même troupe (Christian De Sica en moins) mais sans les Vanzina aux commandes. C'est Bruno Cortini qui dirigea cette séquelle écrite tout de même par les Vanzina.