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La iena


Autres titres: Séduction fatale / The hyena / La jena / Tatli Tatli / Fatal seduction
Réal: Joe D'Amato
Année: 1997
Origine: Italie
Genre: Thriller érotique
Durée: 90mn
Acteurs: Cinzia Roccaforte, David D'Ingeo, Anna Maria Petrova, Jason Saucier, Lisa Comshaw, Fonda Rosing, Chuck Martinez

Résumé: Alors que son cher mari est en voyage d'affaires, en fait il passe le week-end avec sa maitresse, la belle Emy est prise en otage dans sa luxueuse villa par le mystérieux Roy. Elle va devoir faire tout ce qu'il lui doit si elle veut revoir sa soeur vivante, celle ci étant retenue prisonnière quelque part. Emy se soumet donc mais elle tombe sous le charme de son bourreau...

Impossible de ne pas citer le nom de Joe D'Amato lorsqu'on évoque l'âge d'or du cinéma d'horreur transalpin avec à son actif quelques fleurons aussi morbides que gore devenus des classiques du genre. D'Amato c'est également Black Emmanuelle et tout un pan du cinéma érotique italien des années 70 et 80, pas seulement érotique mais également de la pornographie de la première heure. Puis au milieu des années 80 avec la lente agonie du cinéma de genre D'Amato c'est doucement puis définitivement tourné vers l'érotisme puis à l'aube des années 90 vers le hardcore, des dizaines et dizaines de titres la plupart destinés

au marché vidéo. Au beau milieu de toute cette production X il eut l'étrange envie de revenir une toute dernière fois à un cinéma plus classique en réalisant un thriller érotique, La iena. Un bel et retentissant échec.
Emy, une magnifique ex-modèle, est mariée à Max, un homme d'affaires. Très amoureux l'un de l'autre ils vivent dans une luxueuse villa. Max doit s'absenter tout un week-end. Il doit en effet conclure une importante affaire. Déçue Emy se résigne donc à passer le week-end seule. En fait Max a une maitresse et c'est au bord de la mer, sous les cocotiers, qu'il va passer ses deux jours. Une jeune femme les prend en photos en cachette. Alors que Emy

s'apprête à se coucher un homme, Roy, s'introduit dans la villa et tue la bonne. Il prend Emy en otage et la viole. Il lui ordonne de ne rien faire de préjudiciable si elle veut revoir vivante sa soeur Francesca retenue prisonnière quelque part. Elle sera libérée saine et sauve après qu'il ait eu ce qu'il est venu chercher. Contre toute attente Emy tombe sous le charme du malfaiteur. Le lendemain des amis débarquent chez elle et festoient. Elle présente Roy comme étant son cousin. Roy sort avec une des invitées ce qui rend Emy jalouse. Arrive alors Francesca. Il s'avère qu'elle est la femme qui photographiait Max et sa maitresse. Elle est de mèche avec Roy. Tout deux veulent escroquer Emy. Roy tue Francesca. Mais qui est vraiment le dindon de la farce?

Qu'est-il donc arrivé à Joe D'Amato pour pondre un tel thriller? Tout commençait pourtant bien mais en quelques quinze minutes tout s'effondre et ce sont les yeux grands écarquillés qu'on suit avec stupeur cette intrigue ridicule qui n'a ni queue ni tête. Un couple qui s'aime en apparence seulement, une maitresse, une soeur jalouse, un séduisant petit voyou sans scrupule, des personnages stéréotypés à la base d'un machiavélique complot contre la pauvre Emy. Une intrigue mille fois vue certes mais qui a son potentiel et qui sous la houlette d'un metteur en scène comme D'Amato pouvait être intéressante. De l'intrigue malheureusement il ne reste strictement rien si ce n'est un squelette et surtout un

amoncellement d'incohérences, d'invraisemblances, d'illogismes tous plus énormes les uns que les autres et une série de scènes toutes plus involontairement drôles les unes que les autres à commencer par le comportement de Emy, incompréhensible, et de Roy le voyou.
Assez stupéfiante est tout d'abord son intrusion dans la villa. Il y pénètre par le rez-de chaussée et tue la bonne d'une balle dans la tête (elle est morte mais pourtant elle bouge les yeux!) mais c'est au premier étage qu'on le retrouve lors de la scène suivante. On ne saura jamais vraiment ce qu'il est venu chercher (une valise pleine d'argent apparemment),

ni ce qu'il trame avec la soeur, on doute même que D'Amato le sache, mais qu'importe puisque tout n'est que prétexte à enchainer des scènes de sexe aussi soft qu'interminables. On commence par le viol (si de viol on peut parler car Emy ne dit pas vraiment non) puis une série de scènes de lit car notre prisonnière de luxe n'est pas insensible au charme du beau Roy tant et si bien qu'elle ne veut plus vraiment appeler la police et des occasions elle en a! O combien est stupide d'ailleurs la séquence où un policier peu futé mais amateur de café se fait inviter dans la villa et ne se rend compte de rien. On en arriverait à penser que La iena est une parodie de thriller tournée à la façon d'un soap brésilien. On atteint les tréfonds de

l'absurde (de l'incroyable) lors de la party donnée par Emy, cinq pauvres invités mondains débiles venus faire la fête et surtout s'envoyer en l'air après quelques verres. Et Roy, devenu le petit cousin sorti de nulle part d'Emy, de prendre cette gourde de Dana (gourde mais très chaude) dans le corridor pendant que Emy va acheter du whisky en ville! Oui! Elle va et vient à sa guise et en profite pour batifoler avec ce sot de Chris. Rien ne va, tout est idiot et n'a aucun sens. Mais on n'est pas au bout de nos surprises. Passons cette sidérante séquence où très excité par un tableau Roy se met à le lécher! Et voilà que débarque en catimini la fameuse soeur venue voir à travers la baie vitrée ce qui se passait à la villa. Roy est furieux

qu'elle puisse gâcher leur plan. Il la tue dans le jardin et abandonne le corps sur le balcon. Etrangement personne ne trouve le corps. On n'en entendra plus jamais parler. Le final se veut à suspens avec pas moins de trois rebondissements très mal introduits qu'on avait tous deviné dés les premières minutes.
En fait La iena ne s'intéresse finalement qu'à l'érotisme, les trois-quarts du métrage étant des scènes de sexe, à croire qu'autant victimes que malfrats ne pensent qu'à ça quelques soient les circonstances. Mais là encore on est loin, très loin, des D'Amato sulfureux d'antan. Il ne faut donc pas compter sur la lingerie haute gamme et l'érotisme d'une

frustrante sagesse pour quelque peu s'exciter. Ca aide simplement à s'accrocher afin de tenir bon. Reste donc une esthétique papier glacé clinquante, des décors luxueux, un fond de mer superbe, une photographie ultra léchée, en un mot un produit de luxe joliment habillé (comme ses actrices) mais totalement vide, typique de ce qu'était l'érotisme en cette fin de siècle. Notons juste un amusant clin d'oeil que D'Amato se fait à lui même. Le film que visionne Emy est Anthropophagous! C'est peut-être le meilleur moment de cette bobine insipide. L'interprétation est une catastrophe. Cinzia Roccaforte, ex-modèle et égérie de Tinto Brass, est belle et pulpeuse mais son talent d'actrice est inversement proportionnelle

à ses charmes. Son jeu maniéré est non seulement insupportable mais surtout très mauvais et jamais crédible. L'ex-prince de l'érotisme à la mine boudeuse des années 80, le poupin et lippu David D'ingeo, vu dans moult coquineries notamment aux cotés de Valentine Demy, a troqué son casque blond contre une coupe courte teint en noir et une moustache tout aussi noire. Il n'a jamais autant ressemblé à Freddie Mercury. Il joue très bien les méchants, semble y prendre gout mais ça ne sert ici à rien. On ne comprend rien à son rôle et visiblement lui non plus. Pourtant il est un des trois responsables du scénario! Cinzia ne montre que le strict minimum mais se balade très souvent en luxueux déshabillés. Quant à

David il n'a quasiment aucune scène de nu et garde même son pantalon pour baiser ou violer. Il ne l'ouvre même pas! Eh oui mon bon monsieur. Nous sommes en 1997. On évitera par bonté de parler du reste de la distribution qu'on qualifiera d'amateur et des dialogues d'une parfaite idiotie qu'il récitent.
Cet ultime thriller de D'Amato égaré au milieu de sa longue production pornographique des années 90 est une belle déception tant l'intrigue truffée d'invraisemblances est inexistante. Du grand réalisateur d'hier ne reste rien ici si ce n'est une pellicule érotique softcore qui ne vaut que pour son luxe et ses longues, longues, très longues scènes érotiques totalement inoffensives qui doivent représenter les trois quart du métrage. A réserver aux fans assidus de Cinzia Roccaforte et/ou David D'Ingeo. Ils auront une bonne raison de visionner La Iena.

  • Par Éric Draven | jeudi, 16 avril 2026 | 21h38
  • CatégorieLes films

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