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Casta e pura


Autres titres: Rosa / Chaste et pure / Rosa chaste et pure / Chaste and pure
Réal: Salvatore Samperi
Année: 1981
Origine: Italie / Espagne / France
Genre: Comédie dramatique
Durée: 84mn
Acteurs: Laura Antonelli, Fernando Rey, Massimo Ranieri, Christian De Sica, Enzo Cannavale, Vincenzo Crocitti, Valeria Fabrizi, Riccardo Billi, Gabrielle Lazure, Jean-Marc Bory, Elsa Vazzoler, Diego Cappuccio, Adriana Giuffrè, Sergio Di Pinto, Graziella Polesinanti, Martino Satriano, Luis Ciges, Tony Scarf, Bruno Rosa, Carmen Bernardos, Luciana Frazzetto, Mirella Farina, Jacques Stany, Eduardo MacGregor, Antonio Orengo, David Montero, Cristina Torres...

Résumé: Antonio, le mari d'une héritière d'un empire industriel, de peur de tout perdre à la mort de sa femme, réussit à convaincre cette dernière juste avant qu'elle ne meurt de faire promettre à leur fille Rosa de rester vierge afin qu'elle n'épouse personne jusqu'au décès d'Antonio. Vingt ans plus tard Rosa est devenue une belle jeune femme qui vit très bien sa chasteté. Cependant l'arrivée de son séduisant cousin lui fait faire des rêves troublants. Effrayée par ces songes coquins elle décide de faire don de son argent à l'Eglise. En apprenant la nouvelle Antonio passe à l'action et demande au cousin d'initier sa fille aux plaisirs du sexe. En manque d'argent il accepte...

Salvatore Samperi tourne en 1968 son premier film, Grazie Zia / Merci ma tante, une petite réussite qui conte la relation psycho-incestueuse d'une tante pour son jeune neveu très représentatif de ce que sera le cinéma de Samperi souvent qualifié de sulfureux. Il se spécialise en effet dans les drames bourgeois à l'érotisme morbide à travers desquels il donne une vision souvent amère non seulement de la classe bourgeoise mais aussi de la société démo-chrétienne. Après l'expérimental Cuore di mamma et un giallo plutôt étrange Uccidete il vitello grasso e arrostitelo Salvatore Samperi obtient son plus gros succès en

1973 avec Malicia qui lance définitivement la carrière de Laura Antonelli. Malicia tient une place importante dans l'histoire du cinéma érotique italien des années 70 puisqu'il est à la base de toute une série de films à succès qui prennent pour centre d'intrigue des relations amoureuses interdites entre des adolescents et des femmes plus âgées, domestiques, tantes ou séduisantes belles-mères, en un mot l'éducation sexuelle de jeunes puceaux transis. Fort du succès de Malicia Samperi récidivera plusieurs fois en faisant de nouveau appel à son actrice fétiche, Laura Antonelli qui reprend inlassablement un rôle qui finira par la vampiriser. Après Péché véniel il tourne en 1981 Casta e pura / Chaste et pure qui ne

sortira chez nous que brièvement en salles trois ans après sa réalisation. La comédie de trop?
Antonio, l'époux de la riche héritière d’un empire industriel, craint d'en être évincé par les actionnaires Alors que sa femme est à l'article de la mort il réussit à la convaincre de faire promettre à Rosa, leur jeune fille, de formuler un vœu de pureté et de chasteté afin qu'elle n'épouse personne jusqu’à la mort de son père. Les dernières volontés de l'épouse sont actées. Vingt ans plus tard, Rosa s'est transformée en une belle jeune fille. Elle vit plutôt bien la promesse qu'elle a juré de tenir sur le lit de mort de sa mère. Pourtant depuis les

noces de son frère Diego fait des rêves étranges. L'arrivée à la villa familiale de son beau cousin Fernando la perturbe encore plus. Elle rêve même une nuit qu'il vient lui faire l'amour. De plus en plus troublée par ces rêves Rosa décide de faire don de sa fortune aux Bonnes Œuvres. Lorsque Antonio apprend la nouvelle, refusant de perdre l'héritage dont il est locataire à vie, il s'allie avec Fernando qui, en manque d'argent fait déjà chanter Rosa pour s'approprier l'héritage. Le père demande à Fernando d'initier sa fille au sexe lors d'une grande fête tribale. Rosa se rend compte de ce qui se trame dans son dos et ouvre enfin les yeux. Elle s'émancipe, reprend en main les affaires familiales et décide de prendre son

indépendance. Elle tourne le dos à son cousin et quitte sa famille.
Qu'est-il donc arrivé à Samperi en ce début de nouvelle décennie pour se laisser ainsi aller à la médiocrité? Loin, très loin est la splendide de Malicia, son coté gentiment audacieux, son coté doux amer. Place ici à une simple pochade libidineuse qui voudrait tourner en dérision une certaine bourgeoisie (comme toujours) et l'Eglise. Samperi ne fait preuve d'aucune originalité, d'aucune audace mais surtout il semble complètement démotivé. Etait-ce pour lui un simple film alimentaire? Peut-être mais cela n'excuse en rien une telle platitude et surtout un tel ennui. Après une ouverture disons plutôt sympathique (le serment

fait sur le lit de mort de la riche héritière) Chaste et pure sombre dans une banalité rapidement lassante. Le film ressemble à une sexy comédie anodine (dans la grande tradition des Filc, Prof et autres Bidasses mais dans lesquels on aurait enlevé les reines du genre à savoir une Edwige Fenech, une Gloria Guida pour les remplacer par des actrices lambda). Chaste et pure amasse tous les poncifs du genre sans grande imagination sans jamais parvenir à faire rire ou simplement sourire. Les situations qui pour la plupart tournent autour de la virginité de Rosa et de la virilité de ces messieurs n'ont rien de cocasse, les gags tombent très souvent à l'eau, tout est prévisible mais le pire ce sont peut-être les

acteurs qui se contentent de faire ce qu'ils doivent faire. On s'ennuie assez rapidement, la torpeur s'installe. Et ce n'est pas l'érotisme qui viendra réveiller un spectateur somnolent puisque Chaste et pure est d'une telle... chasteté. Laura Antonelli (les aisselles poilues) dans le rôle titre est pourtant bel et bien et là mais elle semble éteinte. Certes elle est toujours jolie, porte de la lingerie, se montre rapidement seins nus mais le temps i se terminera dans passé. Laura a pris quelques rides, Laura n'est plus au top de sa carrière qui commençait à doucement ralentir. Laura semble ailleurs, semble s'ennuyer et son initiation sexuelle ne change en rien la donne tant cette longue séquence ressemble à une stupide parodie de

carnaval bourgeois à la Tinto Brass - Fellini du pauvre avec costumes romains, course dans les bois et rites sexuels tribaux. L'arrêt sur image sur son visage triste alors que défile le générique de fin traduit parfaitement Chaste et pure. Laura est triste de voir combien sa carrière dégringole à l'aube de cette nouvelle décennie. Le spectateur est triste face à la fadeur dont fait preuve Samperi.
Autour de Laura s'agitent Fernando Rey (le père) qui fait son possible et tire merveilleusement bien son épingle du jeu tout comme Massimo Ranieri (le cousin incestueux) toujours professionnel et Enzo Cannavale (le prêtre), sympathique. Le reste de

la distribution est nettement plus insipide malgré la présence de noms tels que Vincenzo Crocitti, Adriana Giuffré, Elsa Vazzoler, un tout jeune Christian De Sica, les culottes transparentes de Valeria Fabrizi et, coproduction oblige, la française Gabrielle Lazure. Inattendu!
Chaste et pure aurait pu être une peinture corrosive empreinte de noirceur d'une certaine société, des rapports familiaux et sociaux. Peu inspiré, visiblement peu motivé Samperi a perdu son aura sulfureuse, de sa méchanceté. Cette nouvelle représentation de la bourgeoisie n'est qu'une banale comédie sexy qui se perd au milieu de tant d'autres à une

époque qui de surcroit voit le genre lentement s'éteindre. A réserver aux fans de Laura Antonelli qui retrouvera une toute dernière fois le réalisateur quelques années plus tard pour un remake, une suite bien inutile et surtout complètement ratée de Malicia baptisée Malicia 2000. Le film sonnera le glas de la carrière de Laura, à jamais défigurée suite à une allergie due aux injections de botox que les producteurs lui ordonnèrent de faire, la trouvant désormais trop vieille pour le rôle. Ce sera pour l'ex-star le début d'une longue, très longue descente aux enfers qui se terminera dans la solitude et le dénuement le plus total jusqu'à sa triste mort.

  • Par Éric Draven | mardi, 21 avril 2026 | 23h52
  • CatégorieLes films

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