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Sotto il segno dello scorpione


Autres titres: Sous le signe du scorpion / Under the sign of scorpio
Réal: Paolo et Vittorio Taviani
Année: 1969
Origine: Italie
Genre: Drame
Durée: 87mn
Acteurs: Gian Maria Volontè, Lucia Bosè, Giulio Brogi, Samy Pavel, Daniele Dublino, Giovanni Brusadori, Olimpia Carlisi, Massimo Castri, Franco Cataldi, Piera Degli Esposti, Laura De Marchi, Sergio De Vecchi, Giuliano Esperati, Milvia Deanna Frosini, Stefano Guerrieri, Alessandro Haber, Saro Liotta, Biagio Pelligra, Antonio Piovanelli, Maggiorino Porta, Vito Rocca, Giuseppe Scarcella, Renato Scarpa, Claudia Rittore, Caterina Altieri, Bruno Cattaneo, Marcello Di Martire, Maria Teresa Piaggio, Anita Saxe, Steffen Zacharias ...

Résumé: Une trentaine de survivants d'un tremblement qui a dévasté leur ile trouve refuge sur une autre ile semblable à la leur. Ils découvrent assez rapidement que des autochtones qui bénéficie d'une certaine culture l'habitent. Ils vont cohabiter mais pas sans mal surtout à partir du moment où les rescapés leur demandent de quitter l'ile pour le continent afin d'y former une nouvelle société...

Lorsque les frères Paolo et Vittorio Taviani tournent Sotto il segno dello scorpione ils sont encore peu connus. Ils débutent en effet leur carrière de cinéaste au tout début des années 60 en réalisant quelques courts-métrages et documentaires et signent leur premier film en 1962, Un homme à bruler qui retrace l'assassinat d'un syndicaliste sicilien assassiné par la mafia. Le film ne remporte que peu de succès comme leur suivant Les hors-la-loi du mariage. Il leur faut attendre 1967 pour afin se faire connaitre et apprécier du public grâce
aux Subversifs. Avec leur film suivant, Sotto il segno dello scorpione / Sous le signe du scorpion, réalisé en 1969, ils explorent de nouveaux horizons en donnant vie à une fable politique étrange et cruelle.
Quelque part dans le monde à une époque imprécise. Un groupe d'une trentaine de jeunes hommes débarquent sur une ile suite à une éruption volcanique qui a détruit la leur. Cette ile semblable à la leur est également exposée aux cataclysmes. Les trente survivants découvrent des femmes et des hommes qui y vivent paisiblement. La cohabitation s'avère difficile mais ils vont essayer de les convaincre de quitter cet environnement austère pour

fuir vers le continent et reconstruire ensemble un nouveau monde, une nouvelle civilisation. La communication est particulièrement compliquée souvent impossible. Les tensions entre les deux groupes montent en puissance. La violence finit par exploser. Devant leur refus de les suivre les trente survivants vont enlever les femmes pour s'en servir comme reproductrices et assurer ainsi leur descendance. Ils quittent l'ile pour la terre ferme et reconstruisent un village...
Inutile de demander où se situe l'histoire et à quelle époque. Tout est flou. Aucune indication n'est donnée. Dans le passé ou un futur lointain, peu importe. Tout ce qu'on sait c'est qu'un

cataclysme a détruit une ile et qu'une trentaine de survivants s'en sont enfuit pour débarquer sur une autre ile tout aussi austère. Pourquoi n'y a t-il que de jeunes hommes? Un autre mystère. Un point de départ qui fait penser à bien d'autres films d'anticipation de cette fin de décennie et du début de la suivante mais aussi à la série Lost dans les années 90. Le plus pointu des amateurs quant à lui pourrait songer à Sebastiane de Derek Jarman pour son austérité, ses décors et son microcosme masculin hyper viril. En fait on pourra trouver ça et là quelques informations et précisions le plus souvent sous forme de symbolique.
Sous le signe du scorpion peut se scinder en trois parties inégales en durée mais aussi en

intérêt. La première assez captivante, plutôt courte d'environ une quinzaine de minutes, est l'arrivée du groupe de survivants sur le rivage. La seconde, la plus longue, un peu plus ennuyeuse, est la rencontre avec un groupe d'autochtones cultivés avec lequel ils vont tenter de cohabiter non sans heurts puis tenter de convaincre d'émigrer avec eux pour le continent. La dernière, la plus violente plus suggérée qu'explicite néanmoins, est le rapt des femmes suivi de l'exécution sommaire des hommes (et des enfants) puis la fuite vers la terre ferme pour reconstruire un village.

Ce qui surprend et peut même déstabiliser c'est la manière dont sont unies les parties, de manière plus générale le style du film lui même porté par un montage sec, tranché, une succession de plans larges et de gros plans, donnant parfois l'impression pas forcément agréable d'assister à une projection de diapositives. Cet aspect déjà déconcertant est aggravé par le manque de clarté et de cohérence de l'histoire elle même. Outre les questions soulevées à l'ouverture d'autres viennent s'y rajouter au fil du récit rendant l'ensemble incertain. Les personnages ne sont que des silhouettes auxquelles il est difficile de s'attacher quelque soit leur douleur, leurs souffrances, leurs peurs qu'ils expriment à

travers des cris, des pleurs, des monologues et dialogues rugueux ou des actes difficilement explicables (les éclats de rires). Il n'y a ici ni bons ni méchants, juste des êtres que rien ne régit et dont le rôle, la personnalité change au gré de leurs pulsions et humeurs. Difficile de trouver une explication également à certaines séquences comme celle de la danse des cloches qui revient par trois fois. On devine qu'il s'agit d'un rituel tribal, d'une symbolique de puissance, mais à quoi se rattache t-elle vraiment? Mystère! Si Sous le signe du scorpion ressemble par instant à une succession de diapositives on peut aussi le voir comme un énigmatique puzzle dont on cherche en vain la place de certaines pièces qui ne

s'agencent du moins semblent ne s'agencer nulle part. Certes il y a ou doit y avoir un sens, certains éléments peuvent être interprétés de différentes façons selon un jugement propre au spectateur mais les Taviani en seulement 87 minutes n'ont peut-être pas vraiment pu (su?) développer tout ce qu'ils tentaient, voulaient mettre en place. L'étincelle ne prend pas, le feu s'étouffe, ils en rallument un nouveau et ainsi de suite perdant ainsi le spectateur dans ses tentatives de réflexion qu'il finit par abandonner pour simplement se concentrer sur l'image.
Cela ne signifie pas que Sous le signe du scorpion est un mauvais film. Bien au contraire.

Cette fable politique, cette allégorie vaut en fait pour deux principaux points. Tout d'abord sa thématique qui s'ancre parfaitement dans le courant de pensée de ce début d'années 70. Ce conte met en évidence la difficulté voire l'impossibilité de vivre en clan, en tribu, en société si aucune loi ne la régit, lorsqu'il n'y a aucune notion d'individu, met en exergue le comportement de chacun dans de telles circonstances qui finalement ne font que faire ressortir les instincts primaires de l'homme, celles ancrées en lui, ce qu'il était au commencement des temps, sa violence, son égoïsme, sa sauvagerie, son instinct de survie et de reproduction mais aussi ses peurs ancestrales, des attitudes, des pulsions que seule la culture donc la civilisation peut faire disparaitre. A la vision du film on songe forcément à

Sa majesté des mouches dans une version adulte mais aussi au cinéma de Pasolini dont il se rapproche énormément y compris au sens visuel, dans son esthétique.
C'est cet aspect visuel dont on se souviendra surtout. Les images sont de toute beauté sublimées par une très belle photographie, lumineuse, solaire, qui met en valeur les très beaux décors insulaires, ces terres en bordure de mer sauvages et désolées où errent les survivants vêtus de tunique, des tenues qui ne sont pas sans rappeler celles des romains ou des grecs. Ajoutons à cela une bande son électronique, aussi angoissante que tribale, et quelques séquences fortes, illustration d'une violence primaire, comme celle du rapt des

femmes et de leur noyade collective, celle des hommes et des enfants tués sans pitié à coups de pierre et de hache, l'abattage (réel) des moutons, l'imagerie homo-érotique latente omniprésente (les Taviani filmant généreusement cette foule d'hommes très peu vêtus, parfois équivoques: Giulio Brogi qui montre de manière obscène son sexe à un de ses compagnons), tous ces éléments ont de quoi interpeller, susciter suffisamment l'attention et piquer la curiosité et aller sans trop de mal jusqu'au bout de cette fable d'autant plus que l'interprétation est de qualité. En tête de distribution on retrouve Gian Maria Volonte en chef de tribu et la grande Lucia Bosé. Ils sont entourés de quelques figures du cinéma italien

dont entre autres l'acteur belgo-égyptien Sami Pavel dont le regard hypnotique irradie l'écran, Daniele Dublino, Giovanni Brusadori, Biagio Peligra, Giulio Brogi... .
Film hermétique Sotto il segno dello scorpione (une expression qui signifie vivre sans règles, dans le chaos) est une métaphore politique difficile, violente et tourmentée qu'il n'est pas évident d'aborder. Souvent maladroit, trop elliptique, statique et irrégulier il risque de déconcerter voire décevoir à l'image du final, abrupt. C'est là qu'on se dit qu'un tel sujet aurait mérité bien plus que 87 petites minutes. Néanmoins ce conte intellectuel des Taviani, à la

limite de l'expérimental, se laisse visionner sans trop de mal non seulement de par son atmosphère mais aussi tant il est curieux, étrange, par instant fascinant, tant il flatte l'oeil et met en exergue les instincts primaires de l'Etre humain lorsqu'il n'y a plus ni règles ni lois pour le régir.
Très peu connu cette allégorie fut un échec à sa sortie en Italie et disparut très vite des écrans radar. En France il est resté inédit en salles malgré de fréquents passages en festival au fil des décennies, seul moyen de le voir jusqu'à l'apparition d'un DVD il y a quelques années maintenant.

  • Par Éric Draven | mercredi, 4 mars 2026 | 21h51
  • CatégorieLes films

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