Rivelazioni di uno psichiatra sul mondo perverso del sesso

Autres titres: Révélations d'un psychiatre sur le monde du sexe / Revelations of a psychiatrist on a world of sexual perversion
Réal: Renato Polselli
Année: 1973
Origine: Italie
Genre: Sex mondo
Durée: 88mn
Acteurs: Isarco Ravaioli, Franca Gonella, Bruna Beani, Mirella Rossi, Tony Fusaro, Giuseppe Cardillo, Melissa Chimenti, Anna Rita Fodde, Anna Ardizzone, Sergio Ammirata, Michele Francis, Marcello Bonini Olas, Giacomo Ricci, Max Dorian, Francesca Faccini, Armanda Cristofaro, Cesare Nizzica, Maria Teresa Baldoni, Marisa Sally, Marco Mori, Benedetto Buscemi, Ciro Di Mola, Ernesto Massi, Sergio Enria, Carla Mancini, Giorgio Dolfin, Iolanda Mascitti, Carla Mancini...
Résumé: De son cabinet un psychiatre, le Dr Strafford, parle des diverses déviances et autres aberrations sexuelles, chacune étant illustrée par un petit documentaire et quelques coupures de magazines pour mieux les expliquer. Sont notamment traitées la zoophilie, la gérontophilie, le fétichisme, l'homosexualité, le viol...
Au début des années 60 nait en Italie une nouvelle branche du cinéma d'exploitation qui très vite allait inonder les écrans des salles obscures. Son nom: le mondo autrement dit de pseudo documentaires particulièrement trash mettant en avant tout en tentant de les expliquer les travers de notre société contemporaine, mieux encore ceux des civilisations dites inférieures. Tout un programme destiné à un public aussi voyeur désirant satisfaire ses plus vils instincts. Il y eut notamment les mondo ethniques dont les piliers sont Gualtiero Jacopetti et les frères Castiglioni, les acid mondo qui nous plongent dans


l'univers psychédéliques des hippies et bien sûr les sex mondo qui comme l'indique leur nom sont là pour nous parler des déviances sexuelles en tout genre, du sexe de manière plus générale dans nos sociétés. Et dans ce domaine tout est possible d'autant plus que l'appellation "documentaire" permet aux réalisateurs de contourner la censure et d'offrir aux spectateurs des oeuvres très souvent aux limites du hardcore. Le toujours délirant Renato Polselli, deux ans après Oscenità, ne pouvait résister à la tentation de livrer à son tour un mondo. Le voilà qui nous offre en 1973 Rivelazioni di uno psichiatra sul mondo perverso del sesso dont la traduction semble être inutile!


L'univers de Polselli est généralement déjanté, complètement fou. Ses détracteurs n'y voient souvent que des pellicules absurdes sans queue ni tête particulièrement ennuyeuses, ses fans quant à eux peuvent passer des heures à philosopher sur ses délires et mises en scène. Une chose est sûre: Polselli ne laisse pas indifférent. Rivelazioni di uno psichiatro... pourra peut-être mettre tout le monde d'accord cette fois. Il n'y a rien à sauver de ce mondo. Le réalisateur suit le schéma classique du genre puisque le film est une suite de saynètes stupides qui illustrent diverses déviances sexuelles que nous explique de façon très professionnelle un psychiatre nommé Dr Strafford et quelques patients (étudiants?) réunis


dans une pièce victimes pour certains de ces déviances. Rien de bien nouveau donc mais ces Révélations sont si aberrantes (dans le sens hilarant du terme bien sûr) que le film en deviendrait presque un chef d'oeuvre d'une abyssale crétinerie.
Après une série de gros titres choc dans la grande tradition de revues à sensations tel "Detective" ("Cronaca vera" et "Stop" pour les versions italiennes) une des premières déviances dont traite Polselli est la zoophilie, un grand classique du cinéma d'exploitation italien mais aussi du réalisateur puisque dans les années 80 il sera un des spécialistes du X zoophile. Pourquoi certains d'entre nous sont-ils sexuellement attirés par les animaux


comme ce bègue de Monsieur Lubicht Eul? L'explication est simple et le bon Dr Strafford va nous le démontrer puisque cet homme a développé au fil des ans une forte attirance canine. Pour la comprendre on plonge dans son enfance et découvrons que sa mère au lieu de s'occuper de lui préférait câliner un âne en peluche sous les yeux de l'enfant, se masturber en regardant amoureusement cet âne avant de faire lui l'amour, assise sur le rebord de sa baignoire. Privé d'amour maternelle, jaloux de la grosse peluche, témoin de ses étranges ébats poilus, il a développé une phobie du sexe et ne peut prendre du plaisir qu'avec des putes qu'il lèche et grattouille nu à quatre pattes, une muselière sur le visage. Le sketch est


d'une déconcertante ânerie (c'est le cas de le dire), la scène de la peluche laisse bouche bée mais il fallait oser, les parties sexuelles sont d'une laideur à faire peur tant elles sont mal filmées! Qu'on se rassure. Strafford affirme que 65% des paysans américains ont des rapports avec leurs animaux. La vignette se termine sur une scène d'une femme masturbant un chiot.
Seconde particularité sexuelle mise en évidence, la taille démesurée du sexe d'un pauvre bougre, Hans! On ne le voit pas mais une ombre furtive laisse à penser qu'il touche le sol! Satan sort de ce corps. Avec un tel pénis il n'a jamais pu sortir avec une femme. Il a du se


contenter de revues pornographiques pour se satisfaire. Un jour il décide de coucher enfin avec une femme. Il se rend dans un night-club, lève une cliente facile et l'invite chez lui. Il lui offre un collier de perles ayant appartenu à sa mère. Aux anges la gourgandine se laisse séduire par le bijou et toute émoustillée propose de le rejoindre sous la douche. Elle pousse un cri d'effroi en voyant la chose! L'homme perd ses moyens, devient fou, l'attache sur le lit et la viole. La pauvrette meurt on s'en doute dans les pires souffrances. L'histoire fera la une des journaux... du moins dans le film! Que dire de ce sketch idiot et improbable? Qu'il est simplement drôle ne serait-ce que pour la tête et les grimaces de l'hyper membré


Marcello Bonini Olas qui en fait des tonnes, sorte de diable sans les cornes (avec la queue)!
Le troisième segment est surement le plus hallucinant, un segment 100% pornographique qui tend à montrer que la jeunesse d'aujourd'hui est pervertie et ne pense qu'au sexe. Les discothèques ne sont plus des discothèques mais des temples du sexe, des "sextothèques" (sic!). De la musique rock, du rythme endiablé, du "beat" (certains diraient ici de la bite) nait le désir et la débauche. On se touche en se déhanchant et on finit progressivement nus entrain de baiser sur la piste. La discothèque se transforme en une


incroyable partouze! Sincèrement on reste béat, sans mot devant cette nouvelle saynète qui nous plonge dans le hardcore le plus féroce. Fellations, pénétrations et doubles pénétrations, éjaculations s'enchainent, les corps se mêlent et s'emmêlent, s'échangent. L'ensemble est d'une redoutable laideur, les scènes de sexe sont repoussantes et très mal filmées, à la limite de l'amateurisme mais surtout elles s'ont interminables. Le sketch n'en finit plus de finir. On est même tenté de faire avance rapide. Dans quel cerveau une telle idée a t-elle germé? Même dans un cruising bar une telle chose n'est pas pensable.
La quatrième perversion n'est autre que la gérontophilie illustrée par le viol d'une


adolescente de 14 ans par un camarade. Il faut dire qu'elle lui avait montré sa culotte. Un homme reste un homme! Depuis ce jour l'étudiante a développé un profond dégout pour le sexe et toute forme d'amour jusqu'au jour où elle fait la connaissance de Edmund, un ami de son père. Comme elle le dit elle même, elle a toujours été très proche de papa, un homme gentil, tendre et compréhensif. Normal qu'elle se sente proche de cet ami qui lui ressemble et prend soin d'elle. Elle tombe amoureuse, sort avec lui et découvre la beauté du sexe. Malheureusement un jour l'homme lui annonce qu'il rompt à cause de leur différence d'âge en lui déclamant cette sublime métaphore. "C'est fini! Je suis l'automne, tu


es le printemps. Mes feuilles tombent, tes fleurs fleurissent." Le sketch se veut romantique, il est surtout cul-cul-la-praline, aussi bête que stupide.
Il aurait été impensable que l'homosexualité masculine ne soit pas traitée ici, considérée comme une déviance comme souvent (toujours?) en ces douces années. Et nous est contée l'histoire d'un homme qui ne trouve aucun plaisir avec sa femme. Celle ci lui offre alors un homme, le temps d'une partie à trois (elle ne peut s'empêcher de participer, la vicieuse). Il est enfin comblé mais tout homosexuel, c'est bien connu, est voué à vivre en marge et à se prostituer. On le retrouve donc outrageusement travesti au bord d'une route


entrain d'aguicher le client!
La sixième vignette, consternante, atteint des sommets de n'importe quoi, à croire que Polselli ne savait plus quoi inventer pour atteindre les 90 minutes réglementaires, nous entraine chez une pute qu'interrogent deux étudiants journalistes afin de savoir ce qu'elle a connu comme demandes parmi les plus extravagantes. La réponse laisse sans voix, le sketch quant à lui ressemble à une mise en scène pour école maternelle. La première est celle d'un papy dont le fantasme est de repasser (au fer à repasser bien sûr) le corps de la putain, peut-être pour enlever plis et rides. Benny Hill sort de ce segment! Rarement a t-on


vu si niais. On en aurait presque honte. La seconde est celle d'un homme qui pour être excité joue au petit train avec notre putain à grands renforts de "Tchou tchou". Au moment crucial la locomotive-catin se met à siffler. L'extase est atteinte. L'arrière-train sifflera trois fois c'est bien connu. Finalement la prostituée forcera la jeune et prude journaliste à lui faire l'amour sous l'oeil tout excité de son compagnon.
Les dernières minutes du film sont une suite de mini situations débiles qui résument entre autres ce qu'est le fétichisme autrement dit un quinquagénaire débonnaire qui suit une jeune fille dans la rue. Celle ci, peu rassurée, enlève ses bas qu'elle jette. L'homme se


masturbe avec... on dirait plutôt qu'il se gratte ou se nettoie les parties avec. Les méfaits de la pornographie et le sadomasochisme sont rapidement soulevés puis celui du viol, une suite de mini vignettes aussi trash que violentes qui donnent enfin une illusion de consistance au film. Puis le film se termine sur une pauvre fille en nuisette victime d'assauts canins avant que l'image ne se fige sur cette phrase hautement philosophique "Nous sommes de pauvres aventuriers qui tentons désespérément de marcher vers l'infini". Il faudra bien quelques minutes pour se remettre de ce qu'on vient de subir, le temps de réaliser que ce n'était pas un vilain rêve, qu'un metteur en scène ait pu réaliser une telle idiotie teintée de rares éclairs de pur génie trash.


Quels comédiens ont ils pu prendre part à cette incroyable idiotie? Au générique on retrouve Isarco Ravaioli, un des acteurs fétiche et ami de Polselli, dans le rôle très solennel du psychiatre. Le film fut d'ailleurs tourné dans la propre villa de Ravaioli qui pour l'occasion l'avait prêté à Polselli. De quoi faire des économies. Franca Gonella n'a jamais eu l'air aussi absente qu'ici, hagarde durant 90 minutes. Elle participe à plusieurs sketchs, notamment celui du fétichiste et celui qui clôt le métrage, assaillie par un caniche et deux autres chiens. La polselienne Mirella Rossi et ses aisselles velues est quasiment présente dans toutes les histoires. Elle est entre autre la femme avec l'âne en peluche et l'étudiante violée par le


professeur. Steven Todd, une des gueules du western spaghetti, est le journaliste monolithique. On reconnaitra aussi Maria Anna Ardizzone, une des spécialistes des scènes animalières, rendue célèbre notamment pour sa masturbation du cheval dans Caligula la véritable histoire, et Carla Mancini qui porte un faux pénis pour jouer très furtivement les transsexuelles.
Ce pseudo-documentaire particulièrement kitsch sur les aberrations sexuelles est très certainement un des mondo les plus insensés que le genre ait connu, un des plus déconcertants mais surtout un des plus idiots jamais tourné, battant certains sex mondo


tardifs tel Noi e l'amore. Faut-il pleurer de rire ou pleurer de désespoir face à cette consternante ignominie d'une laideur attristante qui cite Jung, Freud et Kinsey pour se donner une micro once de sérieux? Chacun verra midi à sa porte. Chef d'oeuvre du trash? Chef d'oeuvre du n'importe quoi? Nullité élevée au rang de chef d'oeuvre? Un peu et rien à la fois. Il faut tout de même reconnaitre que quelques soit son degré de stupidité, de nullité, Rivelazioni di uno psichiatro sul mondo perverso del sesso est et restera un monument du trash à l'italienne typique de cette décennie, tel que l'amateur l'aime.
Il faut cependant savoir que la version originale du film dite "soft" ne contient aucune scène hard. Les séquences porno et divers inserts X furent rajoutés par la suite pour le marché étranger. Cette version de 88 minutes est dite "intégrale".

