Riflessi di luce

Autres titres: Reflections of light
Réal: Mario Bianchi
Année: 1988
Origine: Italie
Genre: Erotique
Durée: 90mn
Acteurs: Gabriele Tinti, Pamela Prati, Gabriele Gori, Jessica Moore, Loredana Romito, Laura Gemser
Résumé: Suite à un accident un musicien, Federico, est désormais cloué dans un fauteuil roulant. Sa femme s'est noyée trois ans plus tôt. Il s'est depuis remarié à une splendide jeune femme, Marta. Ils vivent retirés dans une splendide villa avec Marcello, le fils de Federico, et leur secrétaire lesbienne Giorgia. Federico vit très mal son handicap. Il ne se doute pas encore que Marta le trompe avec son fils ni que Giorgia fait tout son possible pour coucher avec Marta...
Qui dit Mario Bianchi dit quelques westerns et polars nerveux (Provincia violenta, Les 5 de la brigade spéciale, La banda Vallanzasca...) mais surtout et avant tout de bonnes séries d'exploitation (La bimba di Satana) et autres films de séries Z juteux. Mario Bianchi c'est tout aussi un des pères de l'âge d'or de la pornographie italienne et l'un des spécialistes du hardcore zoophile avec à son actif quelques titres plus animaliers les uns que les autres qui ne cachent rien de leur contenu (Giochi bestiali in famiglia, Bestial wishes, Ramba sfida la bestia, Marina I desideri di una nobildonna et ses amours canines...). Entre deux X Bianchi


s'est aussi laissé aller à quelques bandes purement érotiques comme La cameriera nera, La dottoressa di campagna, Blanches-fesses et les sept nains sadiques et ce Riflessi di luce réalisé en 1988.
Suite à un accident de voiture le musicien Federico Brandi a perdu l'usage de ses jambes. Il est depuis cloué dans un fauteuil roulant. Federico a également perdue son épouse bien-aimée, Chiara. Elle s'est noyée sous ses yeux dans un lac. Malgré ses efforts il n'a pas pu la sauver. Federico s'est depuis remarié à une splendide jeune femme, Marta. Ils vivent retirés dans une splendide villa avec Marcello, le fils de Federico, et leur secrétaire Gloria. Même


s'ils s'aiment Federico et Marta ne partagent aucune intimité. Marta est très attirée par Marcello avec qui elle couche. Gloria est une lesbienne vicieuse amoureuse de Marta. Elle fait tout pour coucher avec Marta. Si ses tentatives se soldent régulièrement par un échec mais elle parvient cependant à ses fins et devient jalouse de la relation qu'elle entretient avec Marcello. Ce dernier a pour rêve de devenir jockey. Un jour lors d'un entrainement il fait la connaissance accidentellement de Gaia, une jeune motarde dont il tombe amoureux ce qui ne l'empêche pas de coucher avec sa belle-mère. Vindicative Gloria met au courant Federico des infidélités de sa femme. Furieux, désespéré il sombre dans la dépression. En


découvrant une lettre que Federico a écrit à son meilleur ami et confident Marta réalise l'amour que lui porte son époux. Elle rompt avec Marcello qui se réconcilie avec son père puis elle retourne auprès de son mari avec qui elle va vivre désormais épanouie. Marcello revient vers Gaia. Gloria de son coté n'a plus qu'à faire ses valises. Elle quitte la villa.
Si le titre original signifie Reflets de lumière c'est surtout le vide scénaristique que reflète cette pellicule érotique fort représentative de tous ces films coquins qui dés la fin des années 80 et tout au long des années 90 allaient inonder les écrans principalement de télévision et le marché vidéo, bien peu sortant en salles. Il reflète, c'est le cas de le dire, ce


qu'est malheureusement devenu le cinéma érotique italien en ces années de disette. Le scénario vu et revu se contente de reprendre une banale histoire de triangle amoureux entre une séduisante jeune belle-mère qui a épousé un homme d'âge mur invalide, le fils de ce dernier et leur secrétaire lesbienne. Ce qui est ici impressionnant c'est non seulement l'inexistence du scénario mais également le manque d'imagination dont fait preuve Bianchi. Il ne se passe quasiment rien durant 90 minutes. L'intrigue est réduite à son plus strict minimum. Elle n'est qu'un prétexte à enchainer des scènes pseudo dramatiques fades parfois sans queue ni tête, parfois involontairement drôles et surtout d'une rare stupidité (la


course entre le cheval et la moto et l'accident qui s'ensuit, la piste d'entrainement hippique qui ne doit mesurer guère plus de 50 mètres et consiste à tourner autour d'un arbre). Il faut remplir donc Bianchi remplit comme il peut. Des scènes d'équitation dans une prairie, de bronzage au bord d'une piscine, de shopping et de restaurant, des balades bucoliques au cours desquelles Marcello déclame du Shakespeare, un tour en décapotable ou en voilier (du moins on imagine car on ne voit que la cabine!), une séquence de rêve qui laisse songeur où Federico revit la mort de sa femme. En effet celle ci se noie sans raison sous ses yeux dans un lac aussi calme que limpide mais surtout il ne retrouvera pas son corps. Mais où est-elle passée?


Les personnages sont inexistants, sans âme. On se demande également l'utilité de la secrétaire, une domestique aurait été plus judicieux. Sa seule utilité est semble t-il d'être lesbienne et d'offrir au film sa dose de scènes saphiques. Le fils rêve de faire carrière dans le domaine hippique. Il remporte d'ailleurs le grand concours régional de course hippique, un moment grandiose puisque Bianchi utilise un vieil insert granuleux (!) d'une quelconque compétition locale sur lequel est post-synchronisé un tout aussi banal commentaire que regardent passivement Federico et sa secrétaire. De quoi imaginer le budget miséreux dont a bénéficié Bianchi qui ne dispose que d'un seul et unique décor, la villa et ses alentours, et


de six malheureux acteurs. Parmi eux Gabriele Tinti, le pianiste invalide qui se déplace en chaise roulante dans une gigantesque villa aux innombrables escaliers et pièces surmeublées (!!). Pour l'un de ses derniers rôles au cinéma il est bel et bien le seul à tirer son épingle du jeu en grand professionnel qu'il fut, parvenant à donner un peu de crédibilité à son personnage d'infirme en souffrance sentimentale. Mais ses efforts sont vains face à ses partenaires féminines dont le talent est inversement proportionnel à leurs atouts physiques. Chanteuse, showgirl, présentatrice et mannequin Pamela Prati se glisse dans la lingerie de Marta. On ne peut pas vraiment dire que Pamela soit physiquement belle


encore moins qu'elle parvient à faire passer un tant soit peu d'émotion. Elle se déshabille, offre quelques nus pudiques. Cela peut suffire à tenir et satisfaire les plus frustrés. La modèle Loredana Romito est pulpeuse mais il faut reconnaitre que son jeu d'actrice est particulièrement limité, réduit à une seule expression: faire la moue. Mais là encore elle se dévêt facilement, initie Pamela aux amours saphiques. Ca peut là encore être suffisant. Jessica Moore, la plus belle et naturelle du casting, se contente de quelques scènes notamment à moto mais ne se déshabille même pas. Gabriele Gori est plutôt séduisant mais ne quitte jamais sa tenue de jockey si ce n'est pour verser du champagne sur les


seins de Pamela! Quant à ceux qui se réjouissaient de voir Laura Gemser au générique ils seront âprement déçus. Son temps d'écran n'excède pas deux minutes le temps d'un flashback, une courte scène d'amour avec Gabriele précédant son incroyable noyade. N'oublions pas Lorenzo, l'ami imaginaire de Gabriele à qui il se confie de manière épistolaire!
Quant à l'érotisme on aurait pu s'attendre à quelque chose de bien plus sulfureux de la part de Bianchi. Riflessi di luce est d'une sidérante sagesse, suggère plus qu'il ne montre. Beaucoup de lingerie fine et de dentelles pour bien peu de nu et les quelques scènes de


sexe essentiellement saphiques sont d'une frustrante superficialité tournées comme l'ensemble du film dans de luxueux décors. Difficile de se chauffer la nouille dans un contexte aussi tiède.
Rythmé par une partition musicale sirupeuse et envahissante de Gianni Sposito (il y a plus de musique que de dialogues mais est-ce un mal vu leur bêtise abyssale) Riflessi di luce avoisine le degré zéro de l'érotisme de cette toute fin d'années 80. Jamais très excitante cette polissonnerie pseudo tragique au scénario confetti comme la plupart des productions télévisées et vidéos destinées aux chaines du câble est à l'image de ce que l'érotisme est devenu en ces années, visuellement clinquant, désolément vide. A réserver aux fans absolus de Pamela Prati s'il y en a et des amoureux des paysages campagnards verdoyants du Frioul.