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Plagio


Autres titres: Un amour à trois
Réal: Sergio Capogna
Année: 1969
Origine: Italie
Genre: Drame
Durée: 82mn
Acteurs: Ray Lovelock, Mita Medici, Alain Noury, Cosetta Greco, Dino Mele, Giuliano Esperati, Raffi, Marco Guglielmi, Mirella pamphili, Libero Grandi, Marisa Solinas

Résumé: Lors d'une manifestation un couple d'étudiants, Massimo et Angela, sauve Guido d'un passage à tabac. Guido se lie d'amitié avec Massimo qui lui propose de venir habiter chez lui. Les deux garçons sont très proches. Cependant en l'absence de Massimo Guido et Angela couchent ensemble. Massimo les surprend. Bouleversé il part un temps chez ses parents. Le trio va pourtant se reformer quelques temps plus tard et entamer une relation triolique, un amour à trois qui les rend heureux. Jusqu'au jour où Guido trouve la mort dans un accident de voiture. Accident ou suicide? La vie d'Angela et Massimo va s'en trouver à jamais chamboulée...

Emporté par un cancer à tout juste 50 ans Sergio Capogna, diplômé du centre expérimental du cinéma de Rome, n'aura guère eu le temps de marquer les annales du cinéma italien malgré un talent, un sens de l'esthétisme, un courage évident et la reconnaissance de ses pairs mais aussi de la critique. En l'espace de douze ans il ne réalisa malheureusement qu'un court-métrage et quatre films entre 1960 et 1972, quatre drames dont deux furent qualifiés par la profession de purs chefs d'oeuvres, Un héros de notre temps et Les conséquences. Plagio est son troisième long métrage, un film courageux là encore qu'il mit en scène en 1969.

Bologne durant les émeutes révolutionnaires de 1968. Massimo est étudiant universitaire. Il est amoureux d'Angela, elle aussi étudiante. Un soir alors qu'ils sont en voiture ils sauvent Guido, un jeune homme issu d'une riche famille violemment passé à tabac par un groupe de manifestants. Suite à ce drame Guido et Massimo vont vite devenir amis et entretenir une relation très étroite. Guido vient d'ailleurs habiter chez lui. C'est cependant sans compter sur la présence d'Angela. Guido est en effet attiré par la jeune femme qui elle même n'est pas insensible au charme du garçon. Ils finissent par coucher ensemble. Massimo doit

s'absenter quelques jours mais il rate son train. En rentrant chez lui il découvre Guido et Angela au lit. Bouleversé, il s'enfuit. Guido le rattrape et tente de lui expliquer qu'il est amoureux d'elle mais qu'il souhaite tout de même rester ami avec lui. Massimo se sent trahi, blessé. Il s'éloigne un temps à Rimini chez ses parents et se confie à une vieille amie. La vie pour Guido et Angela n'est plus la même sans Massimo. Le garçon leur manque. A son retour à Bologne Angela revient vers lui, lui déclare sa flamme sur la plage lorsque Guido les interrompt et les convainc qu'ils peuvent être tous trois amis et s'amuser. De retour à la maison Massimo fait l'amour à sa petite amie sous les yeux de Guido qui finit par

les rejoindre. Ils s'aiment, ils font l'amour à trois, ils sont heureux. A l'aube Guido se lève et prétexte vouloir acheter des cigarettes. Il est retrouvé mort dans sa voiture au fond d'un ravin. Suicide ou accident? Angela assiste à ses funérailles. Massimo la rejoint. Effondré il pleure. Sa mort va bouleverser à jamais le destin des deux étudiants...
Dans les années 90 nous eûmes Deux garçons une fille trois possibilités. Trente ans plus tôt il y eut Plagio, une époque où le sujet était encore plus que délicat voire tabou si ce n'est choquant encore plus si on osait montrer ces amours à trois à l'écran. Sergio Capogna comme il nous l'avait déjà prouvé avec ses deux premiers films n'a pas froid aux yeux. Il ose

et il ose sans détour. Les temps lui sont favorables. Nous sommes en 1968 à Bologne en pleine émeutes révolutionnaires. La jeunesse grogne, le peuple se soulève et proteste. Un vent de révolte souffle sur l'Italie comme en France, avec lui un vent de liberté, de libération. C'est dans ce contexte difficile que deux étudiants, Massimo et sa petite amie Angela, font la connaissance de Guido que des manifestants rouent de coups. Guido est issu d'une famille bourgeoise dont il a hérité de l'argent et du manoir à la mort accidentelle de ses parents. C'est un garçon solitaire, un peu fantasque, en pleine crise émotive, vite séduit par la pureté des sentiments que se portent ses deux sauveurs. Guido et Massimo se lient très vite

d'amitié, une amitié si solide que Massimo l'invite même à venir habiter chez lui. De là Capogna va lentement faire naitre une relation à trois tout en brouillant les pistes en une sorte de jeu clair obscur.
L'ombre d'une homosexualité latente plane, par simples petites touches. L'attention dont fait preuve Guido pour Massimo, les non dits et les "à demi mots", les regards, les petits gestes insidieux (il lui enlève ses chaussures, se couche à ses cotés...) peut sembler surprenant comme la passivité de Massimo. Puis il y a Angela qui émue par la détresse du garçon l'accueille dans leur vie, la façon dont le jeune homme regarde, observe le couple avec désir

et perversité. Jusqu'au jour où en l'absence de Massimo Angela se laisse aller dans les bras du garçon, couche avec et se fasse surprendre, une mise en scène sournoisement orchestrée par Guido. A la fois ange et démon il relance ainsi le jeu pour mieux jeter le trouble dans les sentiments de chacun. Dans un premier temps Massimo est bouleversé, furieux, déçu par cette découverte. Il fuit mais pourquoi est-il si déstabilisé? Par le fait que Angela l'ait trompé avec son ami ou par ce qu'il se sent trahi par celui pour qui il ressent quelque chose qu'il ne veut pas encore admettre, peut-être les deux à la fois? Angela reconnait sa faute mais cet écart ne représente rien à ses yeux. Elle est amoureuse de

Massimo et compte le lui prouver mais également faire se rapprocher les deux garçons. Pour Massimo? Pour elle même? Pour eux? C'est elle qui reformera le trio lors d'une scène aussi troublante qu'ambigüe. Invitée à les rejoindre sur la plage Guido observe le couple s'embrasser sans que cela ne semble gêner les amoureux fraichement rabibochés alors qu'on aurait pu s'attendre à ce que Massimo le rejette. Il l'invite simplement à les rejoindre. Le trio reformé peut s'unir finalement sous les draps. Deux garçons une fille trois possibilités?
Le coeur de cet amour triolique est peut-être plus complexe qu'il n'y parait. Capogna n'est

jamais très clair, laisse planer l'ombre du doute, jette le trouble tant dans le coeur de ses protagonistes que dans l'esprit du spectateur. Au jeu des sentiments rien n'est jamais certain encore moins entre deux personnes du même sexe. Angela est touchée par le malheur de Guido, elle est consciente du lien fort qui unit les deux garçons. Elle aime Massimo, un amour réciproque brouillé par l'arrivée de Guido dont la véritable personnalité ne sera jamais réellement percée à jour. Son attirance pour son ami est évidente, la passivité de Massimo laisse à penser qu'il l'est aussi comme le fait qu'il lui pardonne d'avoir couché avec sa petite amie, une manière déguisée pour le récupérer. Lorsque Guido les

rejoint sous les draps (est-ce un sacrifice pour la jeune femme?) ce sont les mains des deux garçons qui s'entrelacent sur le ventre d'Angela comme pour sceller définitivement leur amour. La réponse se trouve peut-être dans les ultimes images lors des funérailles de Guido. Massimo est désespéré par la mort de son ami, une larme coule sur son visage. Guido l'aimait-il? Est-ce Massimo qui aimait Guido? Est-ce pour cette raison qu'Angela préfère tout quitter car elle a compris que c'était lui qu'il aimait réellement ou ne se pardonne t-elle pas la mort de Guido? "On l'a laissé tomber comme un parent dont on aurait honte" seront ses ultimes paroles. Seul Massimo connait finalement la réponse, une réponse que

le spectateur interprétera selon son ressenti à l'instar de la mort de Guido. Suicide ou tragique accident de la route? Le garçon a t-il réalisé qu'après cette nuit d'amour à trois leur relation n'avait aucun avenir, qu'il les rendrait tous trois malheureux? A t-il choisi de se donner la mort pour couper court à cet amour impossible? Mystère.%% Avec Plagio Capogna signe une oeuvre aigre douce qui plus que sur le contexte historique et social (les quinze premières minutes) préfère s'attarder très vite sur une histoire de ménage à trois avec beaucoup de tact, de tendresse et de pudeur. En découle un film non seulement intrigant de par son ambiguïté mais aussi touchant, par moment douloureux, qui préfère

créer une atmosphère, suggérer plutôt que montrer en mettant l'accent sur l'aspect psychologique, sentimental et dramatique des trois protagonistes. Certaines scènes sont tout bonnement magnifiques, troublantes (la scène de triolisme, la visite du manoir familial, les funérailles...). L'interprétation sans être exceptionnelle est à la hauteur du scénario. On ressent surtout une certaine osmose entre les trois personnages ce qui rend l'histoire crédible et touchante. Mita Medici est magnifique. C'est un tout jeunot Ray Lovelock qui interprète Guido, son tout premier rôle important après son apparition dans le western Tire encore si tu peux. Et Ray n'a pas peur de déshabiller. Il nous offre plusieurs plans de nudité

intégrale, de quoi émoustiller ses admirateurs. Comme très souvent il pousse aussi la chansonnette. Quant au français Alain Noury il se glisse dans la peau de Massimo. Le toujours aussi séduisant Dino Mele, découvert dans le splendide Il mare, un des tout premiers films italiens à traiter de l'homosexualité masculine, est Roberto, l'ami de Massimo, un rôle secondaire mais qui a sa petite importance puisqu'on peut se demander pourquoi Massimo est si attristé qu'il ne puisse pas les rejoindre, pourquoi Angela semble contrariée de le voir ainsi comme si elle se doutait déjà de la double sexualité de son

amant. Des pistes toujours des pistes.
Bénéficiant d'une magnifique photographie qui alterne couleur et tons sépia et d'une très jolie bande originale mêlant musique symphonique et rock psychédélique Plagio récemment édité en BR est une oeuvre délicate, sensible sur la difficulté et l'ambiguïté des sentiments, une pellicule audacieuse pour son époque tout en émotion et non dit qui parlera à beaucoup et qui n'a aujourd'hui perdu ni de son trouble ni de son charme.

  • Par Éric Draven | mercredi, 18 mars 2026 | 22h18
  • CatégorieLes films

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