Perdono

Autres titres:
Réal: Ettore Maria Fizzarotti
Année: 1966
Origine: Italie
Genre: Musicarello
Durée: 111mn
Acteurs: Nino Taranto, Fabrizio Moroni, Laura Efrikian, Caterina Caselli, Clelia Matania, Enrico Viarisio, Dolores Palumbo, Carlo Croccolo, Gino Bramieri, Paolo Panelli, Carlo Taranto, Gabriele Antonini, Vittorio Congia, Milena Vukotic, Nino Terzo, Cesare Gelli, Consalvo Dell’Arti, Marisa Del Frate, Danilo Massi, Carlo Delle Piane, Mirella Pamphili, Cesare Gelli, Mario De Simone...
Résumé: Laura et Federico sont toujours ensemble et prévoient de se marier. Caterina, la cousine de Laura, vient de décrocher un contrat dans une maison de disques et devient une chanteuse à succès. Federico se rapproche d'elle. Ils sortent ensemble. Federico ne veut rien dire à Laura de peur de la blesser. Jusqu'au jour où elle se doute de quelque chose...
Les musicarelli ou comédies musicales à l'italienne ont fait les beaux jours du cinéma transalpin tout au long des années 60. Elles eurent bien sûr leurs spécialistes. Parmi eux Ettore Maria Fizzarotti, le plus mièvre (effrayant?) d'entre eux, qui en seulement huit ans de carrière, entre 1965 et 1973, n'en tourna pas moins de dix. Avant de faire mettre en scène le plus célèbre et idyllique des couples que l'Italie ait connu, Al Bano et Romina Power, Fizzarotti avait déjà depuis bien longtemps inondé les écrans de ses musicarelli à l'eau de rose. Parmi eux Nessuno mi puo giudicare réalisé en 1966, une sorte de remake de la


comédie I grandi magazzini que tourna Mario Camerini en 1939. Perdono également mis en boite en 1966 n'est jamais que la suite de Nessuno mi puo giudicare. On y retrouve la même équipe, les mêmes acteurs, les mêmes personnages, prêts pour de nouvelles aventures amoureuses et surtout... musicales.
Federico, sa petite amie Laura et sa cousine Caterina sont donc de retour. Tout trois travaillent toujours dans un grand magasin, ils sont amis depuis longtemps et cette amitié semble toujours aussi indéfectible. Les choses vont cependant changer petit à petit lorsque Caterina décide de s'essayer à une carrière musicale. Elle signe un contrat dans une


maison de disques et devient une chanteuse à succès. Federico tombe amoureux d'elle et cet amour semble réciproque. Federico ne veut rien dire à Laura de peur de la blesser d'autant plus qu'ils prévoient de se marier. Au fil du temps Laura s'aperçoit que Federico lui cache quelque chose. Son petit frère Danilo lui met la puce à l'oreille. Lorsque Laura demande à sa cousine si elle est amoureuse de Federico elle préfère lui mentir pour la préserver. Elle rompt avec Federico en prétendant sortir avec son manager. Federico comprend son erreur et retourne vers Laura.
Ce qui surprend dés les premières minutes de Perdono c'est son générique pompé


ouvertement sur le thème de James Bond. Nous serions-nous trompé de film? Non. Qu'on se rassure. Passée l'ouverture c'est bel et bien à un musicarello de Fizzarotti auquel on assiste, un musicarello, une séquelle plutôt dont on se demande l'utilité. D'intrigue il n'y en a point. Fizzarotti reprend simplement les protagonistes de son précédent film. Laura et Federico sont toujours amoureux et pensent aujourd'hui au mariage. Le jeune homme n'avait pas prévu de s'éprendre de la cousine de sa petite amie. Pourquoi ce coup de foudre soudain? Mystère. Il fallait simplement une idée sur laquelle le film puisse reposer. Et de surcroit celle ci reste au stade foetal. Durant quasiment 110 minutes (eh oui!) on se balade


dans de beaux jardins à pied ou en calèche (!), en voiture également. On assiste aux amours contrariées des différents membres du personnel du grand magasin où travaillent Laura et Federico. Ceux ci occupent d'ailleurs la plus grande partie du métrage offrant à l'ensemble un ton de pure comédie familiale avec d'un coté le couple Nino Taranto / Clelia Matania, de l'autre Marisa Del Frate / Gino Bramieri, tout quatre très en forme et surtout très dynamiques. Heureusement d'ailleurs car on s'ennuierait ferme.
Il faut dire que le couple Federico / Laura est non seulement d'une mièvrerie déconcertante mais également d'une telle mono expressivité! On se croirait revenu au bon temps de la


comtesse de Ségur. Le film tout entier est d'ailleurs d'une sidérante désuétude. Perdono était un film vieux avant l'heure. S'il fut tourné en 1966 on se croirait pourtant propulsé au coeur des années 50. Les décors, les costumes, les personnages, la bande originale sont d'un autre temps, le tout accentué par le noir et blanc de l'image. Seules quelques séquences de rock, de jerk nous rappellent que nous sommes bien en 1966... et bien sûr les chansons de Caterina Caselli dont l'excellente reprise en italien du "Paint it black" des Rolling Stones et celle des Raiders "Kicks". Surnommée "Casque d'or" en raison de son incroyable coupe, star d'alors des hits parades italiens, elle est le seul véritable intérêt de


Perdono qui d'ailleurs fut écrit pour elle. L'histoire est donc ponctuée de ses mélodies et avouons le sans Caterina le film n'existerait pas. Si on aime Caterina il passera crème. Dans le cas contraire il faudra s'accrocher! Caterina a une voix puissante, ses chansons sont accrocheuses, on comprend pourquoi elle fut une star dans les années 60. Le titre du film est d'ailleurs celui d'une de ses chansons, celle qui le clôture. Est-ce très grave d'ailleurs si on dévoile que Laura la naïve et Federico le benêt ne se sépareront pas et repartiront main dans la main en écoutant la cousine chanter son sacrifice "Perdono"?
Autour de Caterina gravitent donc la brune et assez fade Laura Efrikian, l'actrice fétiche de


Fizzarotti, et le bellâtre poupin Fabrizio Moroni qui remplace ici l'autre acteur fétiche du metteur en scène, Gianni Morandi. Fabrizio qui à son actif a quelques musicarelli semble avoir quelques soucis avec sa frange mais c'est son inexpressivité qu'on remarque surtout. Fort heureusement Fabrizio, le prince du roman-photo de cette fin de décennie, est charmant et son sourire est un soleil. On ne peut pas tout avoir. A noter que le petit frère de Laura est joué par le Danilo Massi, le fils de Stevio Massi, qui comme son père deviendra lui aussi réalisateur bien des années plus tard.


Perdono n'est pas le pire des musicarelli de son auteur. C'est certain. Fizzarotti a commis bien pire. Deux heures peuvent sembler bien longues surtout lorsque le film aurait pu facilement être ramené sans mal à une durée syndicale de 90 minutes. Ce mélo musical hyper daté est certes bien fade mais il se laisse regarder gentiment pour le peu qu'on aime Caterina, l'âme du film, et ses chansons, reflet d'une époque aujourd'hui si lointaine. A réserver aux amateurs.