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Amore amaro


Autres titres: Renata / Dragoste amara
Réal: Florestano Vancini
Année: 1974
Origine: Italie
Genre: Drame
Durée: 102mn
Acteurs: Lisa Gastoni, Leonard Mann, Germano Longo, Maurizio Fiori, Rita Livesi, Franco Patano, Nino Dal Fabbro, Enrico Cesaretti, Giuseppe Mattei...

Résumé: Dans l'Italie fasciste des années 30 Renata, une institutrice veuve et fasciste d'une quarantaine d'années, s'éprend d'un jeune étudiant apolitique, Antonio. Si au départ elle refuse de vivre cette relation au grand jour elle finit par accepter que leur amour soit rendu public. Malheureusement leurs opinions politiques vont créer de fortes tensions et mettre en péril leur projet de mariage. Renata devra faire un choix difficile. Rester fidèle au parti ou suivre Antonio mais une autre option est également possible, la fuite quitte à gâcher sa vie...

Ex-assistant de Valerio Zurlini Florestano Vancini fait ses débuts dans le court-métrage au début des années 50, le départ d'une carrière qui s'étendra sur quasiment cinquante ans. Il réalise son premier film en 1960, l'excellent La lunga notte del '43. Scénarisé par Pier Paolo Pasolini le film est sujet à de nombreuses polémiques et fait de son auteur un metteur en scène à scandales, d'autant plus que son oeuvre suivante, le ténébreux Bronte: cronaca di un massacro suit le même chemin. Vancini très vite se faire le spécialiste d'un cinéma soit enraciné dans le drame historique tendance politique soit inspiré par la littérature et

l'intimisme romanesque voire le cinéma bergmanien (Violenza al sole) tout en s'accordant quelques parenthèses (l'excellent western Les longs jours de la vengeance). En 1974 il signe Amore amaro son avant dernier long métrage avant qu'il ne s'oriente définitivement vers la télévision.
Dans l'Italie fasciste des années 30 Renata, une institutrice quadragénaire encore très séduisante fait la connaissance d'Antonio, un étudiant de 24 ans qui pour se faire de l'argent tient une teinturerie. Pour Antonio c'est un coup de foudre. Il fait tout pour la revoir au plus vite quitte à lui porter ses vêtements à domicile. Renata n'est pas insensible au charme du

garçon mais elle ne conçoit pas une relation amoureuse avec lui au vu de leur différence d'âge. Pourtant elle accepte d'aller à la plage avec lui. Victime d'une insolation elle se fait raccompagner chez elle et se laisse aller dans les bras d'Antonio. Elle finit par accepter cet amour inattendu, à aimer ce jeune homme qui lui fait oublier son âge. Si au départ elle le présente à sa mère et son fils de 12 ans comme un élève à qui elle donne des cours particuliers, si elle refuse qu'on les voit ensemble en public encore moins à l'école où elle enseigne Renata, en femme libre tel qu'elle se définit, finit par faire fi de ce que sa famille et les gens peuvent penser de leur relation. Ce sont leurs opinions politiques qui vont les

séparer. Renata est une fasciste convaincue, Antonio est apolitique contrairement à son père incarcéré pour idées subversives. Rien de ce qu'il pourra faire ne parviendra à faire changer Renata malgré l'amour qu'elle lui porte. Antonio doit se rendre à Paris pour assister au procès de son père espérant qu'à son retour Renata ait changé d'avis car il compte bien l'épouser. Malheureusement il découvre qu'elle a quitté Rome pour enseigner dans une autre école. Lorsqu'il l'a rejoint il apprend que Renata s'est mariée à un ami de son défunt mari, un mariage d'intérêt qu'elle justifie pour le bien être et l'avenir de son fils mais dans lequel elle ne trouvera jamais le bonheur...

Adapté du roman de Carlo Bernari, "Per cause imprecisate", Amore amaro prend pour cadre la ville de Ferrara (même si l'intrigue est censée se dérouler à Rome) dans l'Italie fasciste de l'avant-guerre. C'est là qu'une enseignante dont l'époux est récemment décédé rencontre un étudiant fougueux dont elle va s'éprendre, une histoire d'amour d'apparence simple mais qui va s'avérer compliquée car cette relation va devoir se jouer sur deux plans, le contexte social et le contexte politique. Difficile d'imaginer dans l'Italie de cette époque une histoire d'amour entre une veuve respectable issue d'un certain rang social et un jeune homme de quelque vingt ans son cadet. Cette passion serait vue comme un véritable scandale, une

honte, une disgrâce tant aux yeux de sa famille que de la société. Cependant si Renata est suffisamment forte pour finalement affronter le regard des autres elle est surtout et avant tout une femme libre, une femme moderne qui après avoir hésité puis caché cet amour par peur décide de le vivre au grand jour bravant le jugement de son entourage et les reproches et la colère de sa mère.
Renoncer à ses convictions politiques sera bien plus difficile. Ce sera une source de conflits et de bien des tensions entre les deux amants. Renata adhère et défend les idées fascistes qu'elle enseigne en outre à ses jeunes élèves. Fils d'un subversif Antonio est non

seulement apolitique mais à ses yeux le fascisme est la honte de l'humanité. Il ne peut supporter qu'elle puisse cautionner de telles idées et va tenter de la faire changer d'opinion. En vain. Leur futur mariage s'en trouve menacé d'autant plus que Renata est toujours en contact avec un ami de son défunt mari, un fasciste plutôt aisé qui pour elle serait un bon parti. En l'épousant elle assure son avenir mais surtout celui de son fils tout en gagnant le respect de tous quitte à être malheureuse toute sa vie. Le seul homme dont elle est follement amoureuse est Antonio. Peut-elle sacrifier cet amour pur et sincère pour un simple mariage d'intérêt? Antonio découvrira son incompréhensible décision à son retour d'un

voyage à Paris. Incompréhensible car comment une femme se disant libre, une femme encore jeune et belle qui a tant à donner, si pleine de vie et d'amour peut faire un tel choix et s'enfoncer, se perdre dans une union vaine, mensongère, et ainsi gâcher sa vie, une vie qu'elle finira seule, amère.
Amore amaro (littéralement Amour amer) porte fort bien son titre. Le film conte le parcours âpre, difficile d'une femme mûre qui sent le temps passer, sa beauté décliner amoureuse d'un garçon qui la fait se sentir jeune, la fait se sentir vivre ou plutôt revivre, où le sexe joue un rôle important. il est le nerf de la relation mais il est aussi l'expression charnel de cet

amour honteux, interdit. C'est aussi un combat contre ses propres convictions qui mène à faire un choix, des choix, particulièrement douloureux lourds de conséquences. En ce sens les ultimes images traduisent parfaitement cet amour amer. Voilà un final d'une telle tristesse, si douloureux, qu'on aurait peut-être voulu l'éviter. Difficile d'y rester insensible et c'est un gout là encore bien amer qui restera au fond de la gorge du spectateur après que le mot Fin soit apparu.
Hormis une jolie et fort bien réussie reconstruction de l'Italie des années 30 et les paysages toujours très beaux de Ferrara Amore amaro bénéficie d'une excellente interprétation de la

toujours excellente Lisa Gastoni qui pour ce rôle remporta pour la deuxième fois de sa carrière un ruban d'argent. Touchante, attachante, toujours juste Lisa excelle comme d'accoutumée dans ce type de rôle et donne au film toute sa dimension dramatique. Elle nous offre en outre quelques plans discrets de nudité intégrale ce qui jamais pour déplaire. Il est dommage que Leonard Mann, une future figure du polizesco, ne soit pas vraiment à la hauteur de son personnage de jeune amant qui se bat pour cet amour. Trop fade, peu expressif face à Lisa son jeu fait perdre au film une partie de son intensité dramatique. Certes Leonard est jeune, séduisant, se déshabille pour quelques scènes de sexe mais on l'aurait aimé plus intense. Il n'était peut-être pas le partenaire idéal pour ce rôle.

Amore amaro n'est pas le meilleur film de Florestano Vancini. C'est certain. N'en est-il pas moins une oeuvre aigre douce intéressante, un mélodrame aussi discret qu'amer qui met en avant l'hypocrisie de toute une société d'avant-guerre sur fond de connotations politiques. Un peu de profondeur, un peu plus de psychologie quant aux principaux protagonistes, un peu plus d'intensité émotive aussi et nous aurions eu un petit chef d'oeuvre. Cette histoire d'amour manquée marquée par le jeu de Lisa Gastoni mérite tout de même toute l'attention de l'amateur d'autant plus que le film est là encore une rareté, inédit en édition numérique. Seules quelques copies télévisées de basse qualité et une VHS italienne offrent encore aujourd'hui la possibilité de le découvrir.
Vancini reviendra au cinéma une ultime fois quatre ans plus tard avec le sulfureux Un dramma borghese.

  • Par Éric Draven | mardi, 3 février 2026 | 17h57
  • CatégorieLes films

« Una storia d'amore Oh mia bella matrigna »

À retenir

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