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Gianni Macchia: le pionnier de l'Eros au masculin

Il fut un des latin lovers les plus populaires du cinéma italien, la définition même de bel amant ténébreux, l'amant idéal comme l'avait surnommé la presse d'alors. Ce divo qui baignait dans une aura de mystère qui l'a toujours su conserver fut découvert en 1969 par Fernando Di Leo qui en fit son acteur fétiche. S'il a diversifié les genres dans lesquels il a joué c'est surtout dans le drame érotico-morbide qu'il s'est non seulement spécialisé mais a également brillé dans des rôles souvent odieux et machistes pour lesquels il n'a jamais eu peur de déshabiller, glanant ainsi le glorieux titre de Pionnier de l'Eros au masculin. Tentons aujourd'hui d'en savoir beaucoup plus sur l'hypnotique Gianni Macchia.

Né en 1943 à Salsomaggiore Terme en Emilie-Romagne Giovanni Macchia est le fils de la styliste Jole Maccarini et d'un officier militaire Vito Felice, un proche collaborateur du maire de New-York d'alors. A quatre ans Gianni perd sa mère, un drame dont il ne s'est jamais vraiment remis. A 6 ans Gianni déménage pour s'installer à Bari où il passe le reste de son enfance et son adolescence. S'il suit des cours de philosophie desquels il sort diplômé en 1962 Gianni avoue qu'il a depuis sa plus tendre enfance toujours été attiré par le monde des artistes et voulu devenir acteur. Quoi de plus normal donc que parallèlement à ses études il

fréquente le centre universitaire de théâtre de Bari et travaille chaque dimanche sur Radio Bari. A 18 ans il quitte Bari pour tenter sa chance à Rome. Dés 1964 il monte sur les planches et joue quelques grands classiques. Entre 1967 et 1968 il apparait en simple figurant non crédité dans trois longs métrages La mégère apprivoisée de Franco Zeffirelli, Pas folles les mignonnes de Luigi Zampa et La bataille du Sinai de Maurizio Lucidi. En 1969 alors qu'il est sur scène Fernando Di Leo, présent dans la salle, le remarque et tombe sous le charme du comédien. Di Leo lui propose d'emblée d'être le principal protagoniste de son prochain film Brucia ragazzo brucia / Et pourquoi pas avec toi?, un jeune et sexy

plagiste aux moeurs très libérés qui tombe amoureux d'une quadragénaire en pleine crise conjugale (Françoise Prévost). Très intéressé par le sujet Giovanni devenu Gianni accepte sans savoir que ce film va bouleverser sa vie.
Brucia ragazzo brucia est non seulement un gros succès public (malgré sa condamnation pour obscénité) mais il fait de Gianni la nouvelle idole des jeunes (et moins jeunes) italiennes, une icône, l'incarnation même de la liberté sexuelle, de l'Eros. Il faut dire que Gianni a de quoi faire tourner la tête de ces dames et rendre jaloux ces messieurs qui tous veulent désormais lui ressembler. Il est la représentation parfaite de l'amant ténébreux,

dandy latin viril au regard de braise, au corps fin et musclé, aux poses lascives et aguicheuses, élégamment habillé toujours au top de la mode d'alors "à la Carnaby street". Excentrique romantique, libre, aristocrate d'esprit, mystique, underground, Gianni est et restera un mystère mais un mystère qui fait très vite la une de tous les magazines italiens qui le surnomment "l'amant idéal". Si l'Italie avait déjà connu bien d'autres sex-symbol Gianni fait un peu figure d'exception car il est en effet le premier acteur italien à accepter de jouer nu face caméra, libre, décomplexé, fier de ce corps et de ce physique parfait qui fait chavirer tant les femmes que les hommes. Il incarne l'érotisme à l'italienne. Désinhibé,

l'artiste ose ce que tous n'ont jamais osé. Gianni, aujourd'hui encore, est particulièrement fier de ce titre qu'il défend corps et âme. Beaucoup dit-il ont essayé de l'imiter, de s'approprier ce titre mais c'est bel et bien lui qui fut le premier à le détenir et il entend bien garder ce titre de pionnier de l'érotisme au masculin.
La carrière de Gianni est ainsi lancée. Le jeune acteur va dés lors enchainer les films dans lesquels il joue de cette image. Après une apparition dans 7 hommes pour Tobrouk, un film de guerre signé Mino Loy, on le voit toujours plus étourdissant, toujours plus audacieux et magnétique au générique d'une série de drames érotico-morbides comme l'Italie aime

alors en tourner: Amarsi male de Di Leo qui retentait de refaire Brucia ragazzo brucia mais en moins provocant, Quando l'amore è sensualità de Vittorio De Sisti dans lequel il est l'antipathique et machiste époux de Agostina Belli. Dans L'étalon de Tiziano Longo Gianni, volcanique, n'aura jamais joué aussi dévêtu, partageant des scènes particulièrement excitantes avec notamment Dagmar Lassander. Pour Morbosità de Nello Rossato marié à Eva Czemerys il se laisse séduire par une adolescente jouée par Jenny Tamburi. Il est aussi à l'affiche de Una storia d'amore de Michele Lupo dans lequel il est un odieux play-boy maitre chanteur, d'Une fille nommée Julien de Tonino Valerii et du féroce Les assoiffées de sexe de Pino Torisi où il joue un jeune dandy époux de la névrotique Susanna Levi. Un

point commun entre tous ces titres, les réalisateurs mettent un point d'honneur à filmer sa virilité, sa grâce quasi animale dont il aime jouer et sait mettre insolemment en valeur ce que la caméra capte sans mal. Il y a en Gianni, derrière ce coté macho quelque chose d'insidieusement féminin qui rend sa beauté troublante.
Il change aussi de registre en apparaissant dans quelques polars. Si Di Leo avait fait de nouveau appel à ses services pour La mala ordina / Passeport pour deux tueurs en 1972 puis en 1979 avec Vacanze per un massacro, un rape and revenge où il est l'époux de Patrizia Biehn avec qui il partage de torrides de sexe ainsi qu'avec Lorraine De Selle, Gianni

est aussi à l'affiche du violent Vendredi sanguinaire de Rolf Olsen dans lequel il interprète un criminel impitoyable aux cotés du puissant Raimund Harmstorf, un rôle qu'il reprend en 1980 dans le brutal La rage de tuer, un film du mexicain René Cardona Jr qu'il affectionne particulièrement pour y avoir joué avec Stuart Whitman. Il s'essaie à la comédie coquine mâtinée de noir avec l'inégal Mala, amore e morte aux cotés de Femi Benussi puis à la sexy comédie avec Profumi e balocchi d'Angelo Lacono (1979) mais aussi à la décamérotique en 1974 avec Fiorina la vache de Vittorio De Sisti. Gianni avait déjà joué dans un drame en costumes en 1971, Er piu: storia d'amore e di coltello de Sergio Corbucci dans lequel il est le rival d'Adriano Celentano.
De la sexy comédie à l'érotisme il n'y a souvent qu'un pas qu'en 1977 Gianni franchit d'autant

plus allégrement qu'il n'a jamais eu peur de se montrer totalement nu lorsque Joe D'Amato lui offre le rôle de l'émir dans Black Emmanuelle autour du monde. Il y a pour partenaires Laura Gemser bien entendu et Karin Schubert avec lesquelles il nous gratifie d'une fantasmatique et très sensuelle scène d'amour triolique durant laquelle son intimité n'aura plus aucun secret. Après un petit rôle dans Inferno de Dario Argento c'est d'ailleurs dans l'érotisme qu'il terminera sa carrière de comédien en apparaissant dans des oeuvres salaces certes de seconde zone, insipides à l'image même du cinéma érotique de ses années, mais de plus en plus osées. Après avoir disparut des écrans durant quasiment dix

ans il réapparait donc en 1989 au générique du très fade Lady Emmanuelle de Pasquale Fanetti. Il y reprend son rôle fétiche, celui de l'odieux époux machiste, ici celui de la nouvelle coqueluche du genre Malu. En 1990 on le voit dans le piteux Sensazioni d'amore de Nini Grassia. Gianni passe ici le cap du softcore en interprétant des scènes à la limite de la pornographie soft. En 1993 il est au générique du tout aussi piètre Provocazione fatale toujours de Nini Grassia. Ce film où il ne fait qu'une très brève apparition signera son chant de cygne au cinéma.
Si Gianni disparait des écrans après une petite trentaine de films cela ne signifie pas qu'il

met un terme à sa vie artistique. L'acteur n'a en effet jamais abandonné aucune de ses passions. Parallèlement à sa carrière d'acteur il n'a par exemple jamais cessé de jouer au théâtre. Monter sur les planches est un plaisir dont il n'a jamais su se passer. Gianni a d'autres cordes à son arc. La peinture et la sculpture ont toujours fait partie de sa vie et l'ont amené à voyager aux quatre coins du monde d'où il puisait sa créativité, une créativité empreinte de mysticisme et de religion, deux traits qui caractérisent le personnage. Il est également écrivain. Ses voyages l'ont un jour emmené à Hong-Kong, une ville qui l'a séduit tant et si bien qu'il décida de s'y installer d'autant plus que Gianni en grand philosophe qu'il est

a toujours été fasciné par la culture asiatique. Un jour un ami chinois lui fit découvrir Calcutta. Gianni eut un nouveau coup de coeur. Il quitte Hong-Kong pour s'installer définitivement dans la capitale hindoue où il vit toujours aujourd'hui. Il est propriétaire d'un petit café-restaurant nommé le Kafir, un havre de paix dont les murs sont tapissés d'affiches, de clichés de ses films, de coupures de journaux d'époque qui parlaient du ténébreux lover qu'il était, de photos d'acteurs et d'actrices qui lui sont chères telle Anna Moffo, sa partenaire dans Una storia d'amore.

Gianni ne regrette rien, fier de son parcours, fier de son image, fier de celui qu'il fut et qu'il est aujourd'hui. A 83 ans l'ultimo divo tel qu'on le surnomme toujours aussi élégant, soucieux de sa personne, est resté ce même dandy underground, un épicurien toujours aussi énigmatique qui aime profiter des belles choses de la vie, un adepte de l'hédonisme comme il se définit. S'il monte encore sur scène et tourne de temps à autre lorsqu'un scénario lui plait (Un natale al sud en 2016, Le Musk en 2022) sa vie c'est aujourd'hui ce petit restaurant à Calcutta et ses activités de peintre-écrivain qui l'occupent à plein temps. En Italie Gianni Macchia reste aujourd'hui encore une icône, un précurseur qui sut définitivement marquer l'histoire du cinéma transalpin de par sa liberté d'esprit, ses idées avant-gardistes et son incandescente beauté.

  • Par Éric Draven | jeudi, 22 janvier 2026 | 20h35
  • CatégorieBiographies

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