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Un amore oggi


Autres titres: A love story today
Réal: Edoardo Mulargia
Année: 1970
Origine: Italie
Genre: Drame
Durée: 82mn
Acteurs: Juliette Mayniel, Gino Lavagetto, Mirella Pamphili, Ugo Adinolfi, Ferruccio Fregonese, Shirley Kahler, Osvaldo Peccioli

Résumé: Myra et Albert se sont connus dans un camp hippie et sont de suite tombés amoureux. Elle est une fille libre qui fuit les contraintes de notre société. Il est photo reporter, névrosé, irascible. Ils sillonnent les routes en voiture mais leur relation est souvent houleuse. Elle ne s'est jamais remise de la mort de sa mère, déportée et tuée à Auschwitz. Il a eu une enfance difficile, élevé dans un milieu rigide puis il est parti au Vietnam, une expérience qui l'a traumatisé. Leur amour est voué à l'échec...

Lorsqu'on évoque le nom de Edoardo Mulargia on pense de suite aux nombreux westerns spaghettis qu'il tourna dans les années 60, à son giallo Le tropique du cancer mais surtout à ses deux WIP qu'il tourna à l'aube des années 80 Les évadées et Les tortionnaires du camp d'amour. Moins connu est le reste de sa carrière. On oublie par exemple qu'il fut l'auteur d'un des premiers films lesbiens italiens, l'insipide Lesbo, d'une sexy comédie grivoise, La figliastra, et d'un très curieux drame hippie intitulé Un amore oggi qu'il réalisa en fin d'année 1969.

Albert et Myra se sont rencontrés dans un camp hippie. Elle a vingt-quatre ans, sans attache. Albert est un photo reporter névrosé. Ils sont tombés amoureux et voyagent en voiture, libres comme l'air. Leur relation est parfois houleuse, difficile, dû à leur traumatisme respectif. Myra n'a pas oublié la mort de sa mère déportée à Auschwitz où elle fut tuée. Albert, un fils de bourgeois, a été élevé de façon austère par des parents rigides. De plus il ne s'est jamais remis de la guerre du Vietnam dont il est revenu traumatisé. Leur passé les hante et affecte leur quotidien. Ils ne se comprennent pas, s'affrontent régulièrement. Les sautes d'humeur d'Albert n"arrangent pas les choses. Leur histoire d'amour semble vouer à l'échec et les
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mener droit vers un drame inexorable...
Une chose est certaine. Un amore oggi est un film étrange, singulier, une de ces pellicules qu'il est difficile de raconter et même de classer. Peut-on, doit-on parler de désastre ou de chef d'oeuvre du bizarre? En voulant donner sa vision du mouvement hippie, du psychédélisme Mulargia a t-il soudainement eu quelque ambition auteuriale? Son film ressemble par instant à du cinéma d'auteur mais l'ensemble est si horriblement et maladroitement réalisé qu'il en devient non seulement assommant mais surtout involontairement comique. La construction du film était pourtant intéressante notamment
dans sa narration. On passe en effet sans cesse du passé au présent mais ce va-et-vient devient vite fatigant car non seulement Mulargia va de flashbacks en flashbacks tout en y insérant des scènes présentes, une gymnastique qui se transforme vite en un exercice pénible, d'autant plus harassant que Mulargia n'a pas trouvé mieux que d'utiliser en même temps non seulement une voix off qui raconte le passé des deux protagonistes mais aussi des dialogues issus de leur passé, répétitifs, redondants, qui résonnent inlassablement dans leur tête et la nôtre. Au bout d'un moment on a juste envie de crier: Stop! Ce parti pris aurait pu être intéressant mais aussi mal utilisé il brise tout simplement tout l'attrait de

l'histoire en la rendant insupportable.
C'est donc à travers ces flashbacks et les voix off qu'on fait donc connaissance avec Myra, une jeune femme de 24 ans qui pour fuir notre société, sa violence, ses contradictions, a trouvé refuge dans une communauté hippie. A travers le LSD et les expériences psychédéliques elle essaie d'oublier son passé et ma mort de sa mère dans un camp de concentration à Auschwitz. Albert quant à lui, un photo reporter, il a reçu une éducation austère par des parents ultra conservateurs qui l'ont élevé en lui inculquant des valeurs religieuses rigides. Répression, punitions, stigmatisations, interdictions (notamment de

penser ou pratiquer le sexe) fut son quotidien. Il a grandi dans une atmosphère conflictuelle puis il est parti pour le Vietnam. Une expérience traumatisante dont il ne s'est jamais remis. Aujourd'hui Albert est un homme constamment insatisfait, irascible, colérique, misanthrope, en proie à d'incessantes sautes d'humeur. Il a fini par développer des tendances suicidaires.
Les deux protagonistes sont intéressants, auraient pu être intéressants plutôt, mais ainsi présentés ils perdent absolument toute force et ne sont plus que de simples silhouettes qui ondulent au son d'une voix. Pire: la mise en scène (et l'absence de tout budget) les rend le

plus souvent ridicules, ils sombrent dans le grotesque. Ce n'est pas l'émotion qui s'empare du spectateur mais de fréquentes crises de rire. Comment en effet ne pas rire face à certaines scènes notamment certains flashbacks comme celui où Myra revit la mort de sa mère fusillée à Auschwitz, soit Myra elle même coiffée d'une perruque grise pour la vieillir, prisonnière de deux pauvres soldats SS debout dans un nuage de fumée rouge vif (!!!), d'un fil barbelé et de trois soldats qui jouent du violon, une scène certes très étrange qui se voudrait onirique mais qui équivaut surtout à un eros-svastika produit par Eurociné! A ces séquences nazies reconstituées se mêlent des images d'archives de déportés et de

charniers insérées de façon pas très habile malgré l'impact qu'elles peuvent avoir. Niaises et répétitives sont les interminables scènes où Albert et Myra courent sur la plage, à travers bois, comme s'ils étaient dans un roman-photo à l'eau de rose sans parler de ces cascades de dialogues aussi risibles qu'idiots et creux censés être de profondes pensées philosophiques. On croirait par instant à une parodie, à un sketch. Quant aux hippies Mulargia en a une vision très réduite, une communauté représentée par sept ou huit pauvres baba cool anesthésiés (lobotomisés?) qui récitent mornement des phrases d'une banalité effarante (mais aussi du Timothy Leary sur les bienfaits du LSD) comme on récite

des mantras, jouent de la guitare ou dansent si tristement dans l'herbe. Et ceci n'est qu'un aperçu de ce que cet "Amour d'aujourd'hui" dont le final n'est guère une surprise. Un tel amour ne pouvait se terminer que par un drame, seule la mort pouvait délivrer une de nos deux âmes de ses tourments. En ce sens cette conclusion délirante, onirique, est assez fascinante, construite comme un cauchemar apocalyptique où interfèrent passé et présent dans un amalgame d'images d'archives et de scènes filmées qui s'enchainent furieusement jusqu'à la tragédie libératrice.
Quant au choix des deux principaux interprètes c'est peut-être là une des grosses erreurs du

film. A eux seuls ils ruinent la pellicule. Juliette Meyniel n'est pas du tout crédible en hippie de 24 ans alors qu'elle avait déjà douze de plus à cette époque. Aussi belle soit-elle elle joue vraiment mal ce rôle de beatnick et ne fait que donner dans le stéréotype ce qui très vite brise son personnage. Ceci dit elle nous gratifie de nombreuses scènes de nu qui ne sont pas pour déplaire. Quant à Gino Lavagetto il est aussi inexpressif qu'un roc et bien trop âgé lui aussi pour jouer les hippies et être crédible dans son rôle de névrosé suicidaire. Le couple ne fonctionne pas du tout. Ce qui est fort dommage vu que l'intrigue toute entière repose sur lui.

Malgré tout Un amore oggi et son symbolisme à quatre sous (la pomme fruit défendu au début du film) demeure un spectacle surprenant, presque fascinant, une véritable curiosité, une originalité pelliculaire et s'il fonctionne c'est peut-être parce qu'il est insolite et oscille sans cesse entre désastre et cinéma d'auteur ou expérimental pourrait-on également dire. Le message passe curieusement peut-être justement à cause de ce coté chaotique indescriptible qui rend le film quasi unique. Et il y a ce charme résolument vintage, cette touche psychédélique qui est toujours et sera toujours un délicieux plaisir visuel pour les

amoureux de ces folles années, et sa bande originale décalée aujourd'hui introuvable, mêlant romantisme et psychédélisme.
Totalement inédit Un amore oggi faisait il y a quelques années encore les beaux jours des chaines italiennes dans une copie assez médiocre avant de ne plus être diffusé et de lentement tomber aux oubliettes. Circulent ça et là quelques copies de plus ou moins bonne qualité de cette OFNI d'un autre temps ce qui en fait aujourd'hui un objet de collection pour amateurs.

  • Par Éric Draven | jeudi, 4 décembre 2025 | 18h06
  • CatégorieLes films

« Casablanca express Arcobaleno selvaggio »

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