Desnuda inquietud

Autres titres: Rape
Réal: Miguel Iglesias
Année: 1976
Origine: Espagne
Genre: Fantastique
Durée: 77mn
Acteurs: Nadiuska, Gil Vidal, Ramiro Oliveros, Luis Induni, Alfred Lucchetti, Eva Robin, Gaspar' Indio' Gonzalez, Enric Majo, Juan Torres, Antonio Sarra, Fernando Ullua
Résumé: Lorsque ami Jean meurt dans d'énigmatiques circonstances ses deux amis Frank et Roger décident de trouver les causes réelles de son décès. Un étrange médaillon et des clichés qui semblent représenter des formes spectrales les intriguent. Ils découvrent aussi que quelques mois avant sa mort il vivait en Espagne avec une certaine Maria. Ils se rendent sur place et apprennent que maria est considérée par les locaux comme une sorcière. Ils finissent par rencontrer la jeune femme aux pouvoirs surnaturels dont la détresse touche Roger. Il tombe amoureux d'elle et veut à tout prix l'aider à comprendre qui elle est vraiment...
Artisan réalisateur qui débuta sa longue carrière dés les années 40 l'ibérique Miguel Iglesias est surtout connu en France pour sa tentative très amusante mais ratée de mélanger le mythe du Yéti et du lycanthrope dans La malédiction du loup-garou, une des nombreuses pellicules où Paul Naschy se transformait en loup-garou. Spécialiste de la série bricolée très bon marché Iglesias a s'est intéressé un peu à tous les genres, le film de jungle, d'aventures, l'érotisme sans oublier le fantastique avec cette petite bande très peu connue totalement inédite chez nous Desnuda inquietud.


A Paris Roger et Frank, respectivement médecin et journaliste, viennent tout juste d'enterrer un ami commun, Jean Dupré. Ils s'interrogent sur son décès qu'aucun docteur ne peut expliquer. A son domicile ils trouvent un médaillon et d'étranges clichés d'une maison où l'on semble distinguer d'étranges formes spectrales. Au cours de leur enquête ils apprennent que lors de son séjour dans un petit village espagnol Jean fréquentait une jeune femme du nom de Maria. Ils décident de prendre l'avion pour lui rendre visite afin d'en savoir plus. Une fois sur place ils sont très vite confrontés à d'étranges phénomènes. Peu de villageois sont


enclin à leur parler de Maria. Lorsqu'ils veulent prendre des photos de la maison où Jean et Maria habitaient d'énigmatiques symboles apparaissent sur les clichés. Roger est de plus en plus persuadé que des forces surnaturelles hantent les lieux et pourraient être responsables de la mort de leur ami ce que Roger, plus cartésien, refuse de croire. Ils font finalement la connaissance de Maria, une étrange jeune femme qui vit avec Gabriel, son vieux père. Maria semble déclencher autour d'elle des phénomènes inexplicables qu'elle ne peut contrôler et dont elle n'a pas vraiment conscience. Certains villageois la traitent même de sorcière. Touché par cette femme désemparée Roger s'éprend d'elle. Il va réaliser


progressivement que Maria est possédée par le spectre d'une princesse aztèque, Maria De Montezuma, dont le village fut autrefois détruit par ses ennemis jurés. Ses sujets furent pour la plupart tués, les survivants réduits en esclavage. Elle fut elle même capturée et violée. Devant les pouvoirs extraordinaires de Maria Gabriel, ivre, décide en l'absence de Frank et Roger, de brûler vive celle qu'il surnomme la sorcière. A leur retour la maison n'est plus que cendres, Gabriel est mort brulé mais le corps de Maria, sans vie, est retrouvé intact. Tout semble avoir disparu. Tous les clichés qu'ils ont pris ne sont plus que feuilles blanches. Tout cela parait n'avoir été qu'un rêve. Il ne leur reste que le médaillon. Mais Maria


est-elle vraiment morte? S'est-elle réincarnée?
Voilà bien un étrange ghost movie ibérique, une histoire de possession peu originale certes mais qui a cependant son charme. Spécialiste de la petite série B fauchée, bricolée, de Miguel Iglesias il ne fallait bien entendu pas s'attendre à un miracle. Desnuda inquietud ne faillit pas à la règle. C'est avec trois sous en poche qu'il a réalisé cette bande qui se déroule entre Paris et l'Espagne, le séjour dans la ville lumière ayant déjà du couter une petite partie du budget. Après avoir quitté la capitale c'est dans les montagnes espagnoles que les deux protagonistes vont passer la reste de l'intrigue, une cabane isolée au milieu de nulle part qui


sert dés lors de décor unique au film avec quelques extérieurs tournés dans les montagnes et forêts environnantes. A partir de là Iglesias concocte un petit film d'horreur ultra cheap, parfois un peu confus, pas toujours cohérent, mais qui se laisse voir sans déplaisir. Le point de départ de l'histoire est la mort de Jean, un ami commun des deux protagonistes principaux qui trouvent son décès suspect, d'autant plus étrange qu'un médaillon aztèque et des clichés déconcertants qui sembleraient montrer des formes spectrales ont été découvertes dans sa chambre. Il n'en faut pas plus pour les deux compères pour se rendre dans le petit village où il a passé ses derniers mois en compagnie d'une certaine Maria et


mener l'enquête. Et cette Maria personne au village ne veut en parler. Elle fait fuir les locaux qui la considèrent comme une sorcière. Très vite de mystérieux phénomènes se produisent. Les objets bougent, volent à travers les airs, la maison tremble... et des symboles aztèques invisibles à l'oeil nu apparaissent sur les photos que prennent les deux amis. Il n'y a plus aucun doute: le surnaturel est au rendez-vous et l'est encore plus lorsqu'ils rencontrent enfin Maria, superbe jeune paysanne qui semble en effet posséder des pouvoirs qu'elle ne soupçonne pas et surtout ne comprend pas comme s'il y avait deux Maria en elle. Voilà qui ne fait pas peur à Roger qui tombe amoureux d'elle et veut la protéger et l'aider à comprendre ce qui lui arrive.


Il ne se passe pas grand chose c'est le moins qu'on puisse dire. Iglesias tente cependant d'instaurer une petite atmosphère qui sans être angoissante (loin de là) n'est pourtant pas déplaisante. Il a recours aux bons vieux trucs des films de fantômes, bruits de pas, présence invisible, objets qui bougent ou projetés... mais c'est surtout le décor qui crée une bonne partie de l'ambiance, celui sauvage, hivernal, des montagnes des Pyrénées espagnoles, celui là même où il tourna l'année précédente Dans les griffes du loup garou avec Paul Naschy. Puis arrive enfin en milieu de bobine Maria, pas forcément attachante mais fort sexy et la curiosité nous pousse à continuer le visionnage pour connaitre son


secret, soit la dernière partie du film, la plus intéressante. Est-ce une sorcière, est-elle possédée, est-ce une réincarnation? Une chose est sûre. Elle a des talents de guérisseuse puisque en touchant la jambe gangrénée d'un gamin elle le guérit en quelques secondes, un effet spécial digne de Méliès mais au moins on sait qu'elle ne ment pas et cela la trouble surtout que quelques minutes plutôt son père a voulu la violer avant de lui annoncer que sa mère était une foraine et qu'il n'est que son père adoptif! Voilà qui précipitent les visions de la jeune femme qui sous hypnose se voit dans la peau d'une puissante guerrière, une princesse aztèque dont elle est le sosie, en lutte contre un peuple qui veut exterminer le sien


et l'a fait prisonnière. Voilà enfin l'explication. L'esprit de la princesse a pris possession de son corps. Pourquoi, comment, on ne le saura pas. On doute que Iglesias le sache et visiblement il s'en moque. Rien n'est très clair et visiblement Iglesias est à cours d'idée neuve. Pour combler il nous offre un long combat entre Roger et le père de Maria totalement ivre avant que ce dernier n'incendie la cabane pour que sa fille brule vive. Entre deux plans Iglesias insère des flashbacks de la princesse aux prises avec ses ennemis soit de vieux stock-shots jaunis issus d'un quelconque péplum qui donne un peu d'ampleur au film mais prouve la misère budgétaire du film. C'est au milieu des cendres que Roger trouve le corps


de Maria, intact (alors que son père est carbonisé), mais nue! Pourquoi nue alors qu'elle était habillée? Un autre mystère qu'on peut résoudre soi même: il faut au film son quota d'érotisme d'autant plus que Maria est interprétée par la ravissante Nadiuska, la star espagnole d'alors. Voilà bien l'atout principal du film: Nadiuska.
Nadiuska est belle. Nadiuska a le regard qui tue. Nadiuska est sexy même en paysanne. Nadiuska se dévêt et offre à la caméra quelques plans de nu plutôt pudiques mais toujours agréables. Malheureusement Nadiuska, la mine boudeuse, +détachée, est inexpressive au possible, donnant trop peu de consistance à son personnage pour qu'on puisse vraiment y


croire. A ses cotés Ramiro Oliveros (Le miroir obscène, La cruz del diablo, L'affaire de la fille au pyjama jaune) est un Roger qui de son coté semble croire à ce qu'il joue (on appelle cela le professionnalisme) tandis que le français Gil Vidal (Frank), vu dans Les griffes du loup-garou, joue les journalistes incrédules. Frank aurait pu être seul cela n'aurait rien changé au scénario. Les vétérans Luis Indini et Alfredo Lucchetti complètent la distribution.
Desnuda inquietud est une petite curiosité ibérique, un ghost movie miséreux dont le charme provient surtout de son coté fauché. Iglesias fait ce qu'il peut avec ce qu'il a et le résultat, certes un peu brouillon, pas très convaincant mais si gentillet, n'est finalement pas si mal avec en prime quelques images du Paris (les quais de Seine, la Tour Eiffel...) de ce milieu de décennie. Et puis il y a Nadiuska alors au sommet de sa gloire avant son inexorable et tragique descente aux enfers quelques années plus tard. Dispensable, vite vu vite oublié mais gentiment sympathique.
Inédit en DVD Desnuda inquietud est à ce jour uniquement visible via la vieille et pâlichonne édition vidéo anglaise rebaptisée Rape.

