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The trip


Autres titres: Le voyage / Il serpente di fuoco / El viaje
Réal: Roger Corman
Année: 1966
Origine: USA
Genre: Drame
Durée: 76mn
Acteurs: Peter Fonda, Susan Strasberg, Bruce Dern, Dennis Hopper, Salli Sachse, Barboura Morris, Judy Lang, Luana Anders, Beach Dickerson, Dick Miller, Caren Bernsen, Katherine Walsh, Michael Nader, Bárbara Ransom, Michael Blodgett, Tom Signorelli, Boyd Santell, Mitzi Hoag, Luree Holmes, Earl Finn, Roger Arroyo, Rodney Bingenheimer, Peter Bogdanovich, Brandon De Wilde, Randee Lynne Jensen, Denise Lynn, Joyce Mandel, Gram Parsons, Angelo Rossitto, Frankie Smith, Susan Walters...

Résumé: Paul, un réalisateur de spots publicitaires tout juste divorcé, accepte de faire son tout premier trip sous LSD sous la surveillance d'un ami. Commence alors pour lui un long voyage introspectif durant lequel il va aller d'expériences en expériences, certaines très agréables d'aitre bien plus effrayantes...

Parler de The trip et de Roger Corman c'est avant tout parler de Peter Fonda, son principal protagoniste. Fonda, alors à ses débuts, était dans les années 60 considéré comme un marginal à Hollywood, un artiste non conformiste lié au LSD dont il était un grand consommateur. Il est en odeur de sainteté auprès de groupes tels que les Byrds, les Beatles, prend part aux grands mouvements contestataires comme les émeutes de Sunset strip en 67. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Roger Corman qui lui propose en 1966 le rôle principal des Anges sauvages, un des tout premiers biker movies qui lance

définitivement la carrière de Fonda. L'année suivante en pleine ère psychédélique Corman, très intéressé par la contre culture, lui confie le premier rôle de The trip / Le voyage, son nouveau film écrit par un ami commun, un certain Jack Nicholson. Comme son titre l'indique le film invite le spectateur à un long voyage intérieur sous acides.
Paul Groves, un réalisateur cynique de spots publicitaires, vient juste de divorcer après que son épouse l'ait trompé. Déprimé il décide alors de prendre pour la première fois du LSD. Il va faire son premier voyage sous la surveillance d'un ami, "un guide" nommé John qui le reçoit dans sa maison située sur les collines d'Hollywood. Commence alors pour Paul un

long trip hallucinatoire au cours duquel il va vivre de nombreuses et intéressantes aventures et expériences mais aussi avoir très peur. Il se voit poursuivi par des cavaliers noirs encapuchonnés, un nain, puis être sacrifié. Il va de maisons en maisons qu'il visitent en ouvrant une porte ou en traversant un placard, des habitations d'inconnus étranges ou de connaissances puis découvre John mort. Terrifié il s'enfuit. Son voyage se poursuit. Il se promène sur Sunset strip, entre dans une boite de nuit branchée, rencontre des personnes dont une jeune femme, Glenn, très intéressée par les gens qui prennent des acides. Il y a également Max, un autre gourou qui vit dans un ashram. Paul reconsidère sa vie, le rôle qu'y

joue le mercantilisme, le sexe et les femmes qu'il a connu. Glenn l'emmène dans sa maison au bord de la plage. Ils font l'amour. Paul est envahi d'images psychédéliques, de scènes abstraites. Il se voit de nouveau poursuivi par ces cavaliers encapuchonnés qui finissent par le cerner dans les vagues. Coincé il leur fait face et réalise que sous cette apparence se cachent Glenn et son ex-épouse. Paul reprend alors conscience. Le voyage est terminé. Il est sur le balcon de sa maison. Glenn l'y rejoint et lui demande si son trip a été concluant. Il reste évasif...
Difficile de résumer un tel film qui comme le suggère son titre ne s'intéresse qu'au trip, au

voyage sous hallucinogènes de son héros. Un scénario extrêmement limité puisque durant quasiment une heure et demie on ne fait rien d'autre que de suivre Paul dans son délire introspectif. L'initiative est périlleuse car il n'est pas évident de retenir l'attention du spectateur avec un sujet privé de fil conducteur. Il n'y a rien à comprendre, du moins pas grand chose, il faut simplement accepter de suivre Paul dans son voyage, de pénétrer ce monde de fantasmes engendré par son cerveau empourpré de substances illicites. Il y a deux possibilités. Si on est pas ne serait-ce qu'un tant soit peu fasciné par cette époque, la "Summer of love" / la "Peace and love" generation et son univers psychédélique, il est certain

qu'on risque de vite décrocher et s'ennuyer fermement. Si par contre on aime le bizarre, le surréalisme et les effets visuels extraordinaires, si on se passionne pour la contre culture (la culture beat), le monde hippie, la société de cette fin d'années 60, on pourra sans pour autant rentrer dans ce scénario foetal rester admiratif et passer un très agréable moment.
Dés lors que Paul absorbe sa petite pilule c'est à dire au bout de quelques dix minutes commence pour lui (et pour le spectateur) une longue errance sans but véritable, chaotique. On passe d'une séquence à une autre sans aucune transition, d'un état à un autre, de la réalité à la fantasmagorie. Et il n'y a rien à comprendre ou à interpréter, du moins pas grand

chose. On se contente de regarder, émerveillé ou dépité.
Le voyage débute par une très jolie et longue scène d'amour sensuelle et surtout très visuelle entre Paul et son ex-femme sous une projection de lumières qui ondulent sur leur corps avant que Paul ne se retrouve sur une plage, un désert de sable qui l'avale puis dans une forêt moyenâgeuse poursuivi par des cavaliers noirs encapuchonnés, une vision qui dés lors va revenir régulièrement. A partir de là le film alterne régulièrement scènes douces, oniriques, presque joyeuses et scènes plus sombres, aux limbes du gothique, qui virent souvent au cauchemar ce qui provoque chez Paul une peur intense. En fait ce n'est

jamais que l'interprétation des fantasmes, de la folie paranoïaque, des obsessions et désirs refoulés de Paul qui s'expriment sous l'effet du LSD, celle d'un homme qui cherche quelque chose en lui, au plus profond de son cerveau (comme il le dit lui même) sans vraiment savoir quoi. Nous non plus d'ailleurs et à la rigueur on s'en moque tout comme Corman s'en moque. Ce n'est visiblement pas son but d'analyser son protagoniste représentatif de son époque encore moins de faire un film sérieux. En fait l'objectif premier du réalisateur est semble t-il de faire tout bêtement un film sur le psychédélisme, de le mettre en image sans pour autant prendre parti sur l'usage des drogues. Seule l'illustration

compte ici. Et pour l'illustrer Corman n'y va pas de main morte.
The trip est certes un voyage intérieur mais c'est aussi un voyage au cœur d'effets visuels absolument fabuleux dans un univers chatoyant et multicolore fait de projections lumineuses, d'images kaléidoscopées, plasmiques, stroboscopiques, déformées, propre à donner le vertige qui se mêlent à des sons et distorsions sonores étranges qu'accompagne une bande originale entre rock psyché, rythmes groovy et mélodies planantes en totale adéquation avec les images qu'elle accompagne. L'ensemble illustre à la perfection ce qu'est le psychédélisme, un trip hallucinogène sous acides. A la fois merveilleux et effrayant,

apaisant et psychotique. Les émotions, les sensations, fusent comme les images. La sérénité, l'euphorie, succède à la peur, aux effets négatifs. La lumière donc le bien-être (au sens propre comme figuré puisque tout est quasiment lumière vive et étourdissante) et les ténèbres autrement dit le refoulement, les peurs. On y trouve aussi tout ce qui faisait ces années lors d'une escapade dans les rues de Los Angeles notamment dans un bar de nuit, un club où joue un groupe de rock psyché sur lequel dansent frénétiquement garçons et filles nues au corps peinturluré, une clientèle en transe qui se perd à l'unisson dans une farandole de jeux de lumières aveuglantes propre à donner la migraine. On s'approche par

moment de l'expérimental, on aime ça et c'est sans mal qu'on se laisse entraîner dans ce trip surréaliste tourné dans des décors tout aussi merveilleux que tout amoureux de cette ére magique à jamais révolue souhaitera reproduire chez lui.
Que dire de l'interprétation? Peter Fonda est dans son élément et joue naturellement ce qu'il semble si bien connaitre. Il nous offre de surcroit une scène de nu dorsal splendide qui émoustillera tous ses admirateurs. Dennis Hopper est Max le gourou de l'Ashram. Bruce Dern est John le guide. La grande Susan Strasberg est l'épouse de Paul. La blonde Sally Sachse est Glenn avec qui il a une inoubliable scène d'amour qu'on peut qualifier de

lumineuse. Notons la présence d'un des nains les plus fameux du cinéma américain Angelo Rossitto.
La maigreur du scénario, la légèreté de certaines scènes comme l'humour dont le film est empreint (la scène de la laverie) empêchent surement de prendre le film au sérieux contrairement à d'autres films d'époque sur ce même thème. The trip, qui en son temps connut pas mal de déboires avec la censure, doit simplement être pris comme un divertissement qui illustre simplement le psychédélisme, un document d'époque qu'on vit comme une expérience sensorielle, visuelle et auditive, un voyage hallucinogène et hallucinant multicolore où le corps

et l'esprit, les images et les sensations se mêlent, se fondent de manière orgasmique. The trip outre un enchantement pour les yeux et les oreilles, est une pellicule fascinante, obsédante, témoin de son époque et des moeurs hippies et c'est dans ce sens qu'elle se se conclut laissant son protagoniste désillusionné, amer. Les rêves, les attentes, les espoirs de la beat generation, du mouvement Flower power, n'étaient-ils qu'une immense utopie? Purement merveilleux. Nous ne le dirons jamais assez ici, vive les années 70!
Deux ans plus tard Peter Fonda, Jack Nicholson et Dennis Hopper se retrouveront et signeront le désormais culte Easy Rider.

  • Par Éric Draven | mercredi, 19 novembre 2025 | 21h50
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