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La donna il sesso e il superuomo

Autres titres: Fantabulous / Fantabulous Inc.
Réal: Sergio Spina
Année: 1968
Origine: Italie / France / Suisse
Genre: Europsy/ Fantastique/ S.F
Durée: 93mn
Acteurs: Richard Harrison, Adolfo Celi, Judi West, Gustavo D'Arpe, Enzo Fiermonte, Nino Fuscagni, Fabienne Fabre, Silvio Bagolini, Giacomo Furia, Arturo Dominici, Gislaine Barbot, Anita Cortinovis, Aldo Bonamano, Manlio De Angelis, Virgilio Gazzolo, Mickey Knox, Giulio Maculani, Renzo Marignano, Sandro Moretti, Giancarlo Sisti, Gino Turini, Federico Valli, Nino Vingelli, Salvatore Porcaro, Claudio Ruffini...

Résumé: Un jeune pilote, Richard Werner, très amoureux de sa petite amie Deborah, une comédienne, est kidnappé par de faux policiers puis emmené dans un des laboratoires secrets de la Fantabulous Inc, une organisation industrielle spécialisée en biochimie et biophysique dirigée par un mégalomane nazi Van Beethoven. Il veut transformer Richard en un super homme, un super héros invincible nommé F-17 qui protégerait le monde. Richard est lobotomisé et devient Karl Meyer. Lorsque Deborah apprend la mort de Richard puis qu'il réapparait sous les traits de Karl Meyer elle est persuadée que son Richard n'est pas décédé. Elle va prouver que Karl n'est qu'un leurre et son amour pour lui, son attirance sexuelle, feront le reste...

C'est surtout pour sa contribution à la télévision italienne notamment la RAI que Sergio Spina est connu. Il y fait ses débuts en 1954 en tant que monteur pour une des toutes premières émissions de la chaine qu'il ne quittera pratiquement plus. Egalement scénariste (il travailla pour Sergio Corbucci et Silvio Amadio) Spina ne réalisa que trois films pour le grand écran dont deux à la fin des années 60. Le premier est un étrange film hybride mêlant plusieurs genres et difficilement classable, La donna il sesso e il superuomo connu également sous le titre Fantabulous.

Genève - Richard Werner, un pilote, est très amoureux de sa petite amie Deborah, une jeune comédienne qui tourne des clips publicitaires pour la marque Fantabulous. Un soir en sortant de chez elle Richard est enlevé par de mystérieux faux policiers et emmené dans un tout aussi étrange laboratoire appartenant à la puissante Fantabulous Inc. dirigée par un mégalomane répondant au nom de Karl Maria Van Beethoven. Toute tentative de fuite est impossible. Richard apprend de la bouche même de Van Beethoven qu'il a été choisi après seize autres victimes pour devenir LE super homme, le F-17. On va lui voler son cerveau puis lui insérer une capsule électronique à la base de la nuque afin de le transformer en

superhéros guidé par un super ordinateur et dont la mission sera de surveiller notre monde et d'y faire régner la paix. Cette dix-septième tentative de créer un super homme devrait être cette fois la bonne. Son créateur, un scientifique fou nommé Zio Mac, en est certain. F-17 sera ensuite vendu aux plus grandes puissances de notre planète. Van Beethoven est d'ailleurs en pleines tractations pour le vendre aux plus offrants. F-17 fonctionne à merveille. Richard Werner est désormais officiellement mort remplacé par Karl Meyer. Il ne reconnait même plus sa petite amie à qui on a appris le décès de Richard. Deborah en allant reconnaitre le corps à la morgue est persuadée qu'il ne s'agit pas de son fiancée. Elle n'a

pas reconnu la texture de sa peau en le touchant. Malheureusement pour lui Zio Mac n'avait pas prévu une chose: la puissance de l'amour et du sexe. Deborah retrouve Karl Meyer. A son contact les circuits électroniques de F-17 se mettent à dysfonctionner. Il retrouve progressivement ses facultés humaines et redevient Richard Werner. Il va alors tout mettre en oeuvre pour combattre la folie mégalomane de Van Beethoven, détruire le laboratoire et l'énorme cerveau électronique qui dirige les F-17 et sauver notre monde de la Fantabulous Inc.
Difficile de classer ce premier long métrage dans une case bien spécifique tant il touche à

divers genres alors à la mode. Il y a une touche d'Europsy (film d'espionnage), de science-fiction (la création de super robots), d'anticipation (la vision d'un monde futuriste totalitaire à la George Orwell), d'horreur (les mains coupées avec effets sanguinolents à l'appui, l'opération à cerveau ouvert, le garde brulé vif) et de bandes dessinées / de Fumetti pour le coté super héros qui sauve notre planète mais également pour sa mise en scène délirante très pop-art, son humour et sa folie. Autant dire qu'il touche un public assez vaste où chacun trouvera chaussure à son pied. En fait La donna il sesso e il superuomo n'est jamais qu'une vision très acide, qu'une satire de notre société, de notre culture, du moins de la culture en

cette fin d'années 60 (mais qui n'a pas forcément beaucoup changé aujourd'hui). On y retrouve les grands thèmes et grandes peurs de l'époque comme la médiatisation et la massification, la publicité, la technologie, l'informatisation, la course à l'armement notamment des USA et de l'URSS, le spectre du totalitarisme auxquels s'ajoute l'interprétation tant sur le plan philosophique que sur un aspect plus ludiquement littéraire du "surhomme", du "super homme" tel que le représentait les bandes dessinées. On y retrouve d'ailleurs des clins d'oeil aux 4 fantastiques mais aussi aux héros de la Marvel, à Mandrake ou encore d'Alex Raymond. Tous ces sujets se mêlent et s'entremêlent dans une

comédie profondément satirique, un délire tant visuel que narratif mené de main de maitre par un Spina qui visiblement s'amuse comme un petit fou en tournant cette allégorie qui rappelle par pas mal de cotés le futur Hanno cambiato faccia de Corrido Farida mais aussi des oeuvres telles que H2S de Roberto Faenza, Dr Folamour entre autres.
Pas évident de raconter cette métaphore. Il faut la voir pour y croire pourrait-on dire. Sergio Spina nous entraine simplement dans un univers de folie, un monde délirant et psychédélique bourré de trouvailles, d'inventions plus loufoques les unes que les autres où les personnages évoluent dans des décors et des costumes pop aux couleurs flashy plus

extravagants les uns que les autres. Cette excentricité couplée à celle du scénario devient rapidement fascinante. On se prend au jeu, on se régale coincé entre deux bulles et trois fantaisies surréalistes, on se délecte de dialogues farfelus souvent à double sens, d'un langage tout en rimes (l'infirmière) ou dérivé du parler des Droogs d'Orange mécanique, mais également chatouillé par le discours fasciste, totalitaire sans cesse sous-jacent. Spina multiplie les références au nazisme, à Hitler, au IIIème Reich et ses expériences et à la langue teutonne. On sent la menace qui plane sur ce kaléidoscope démentiel comme on devine la caricature sous le masque de Van Beethoven et de Zio Mac.

Certes la morale n'est pas très sérieuse mais elle est drôle et surtout dans l'ère du temps, très Peace and love (elle fut tournée en 1968). L'amour et le sexe qui comme la pornographie réputée si nocive est présent partout sous toutes les formes dans notre société ont cependant raison de tout. C'est grâce à l'amour pur et sincère qui lie deux êtres que le Mal pourra toujours être éradiqué. Les pulsions sexuelles et l'amour que se portent les deux protagonistes feront surchauffer les circuits du robot, court-circuiter ses systèmes et exploser le Grand Ordinateur qui dirige tout.
L'interprétation est à la hauteur du film, à son image, délirante. Les comédiens tant dans les

rôles principaux que secondaires s'amusent et profitent de cette histoire foldingue, Richard Harrison en tête dans le double rôle de Richard /Karl, Richard qu'on pourrait même trouver très sexy ici, très "James bondien" tant en super amant qu'en super héros. Et il faut le voir dans une de ses toutes premières scènes uniquement vêtu d'un slip blanc kangourou du plus bel effet comme il faut le voir en super héros masqué voler dans les airs, nager, courir tel L'homme qui valait 3 milliards. L'immense Adolfo Celi est tout bonnement extraordinaire en Van Beethoven, mégalomane nazi qui souhaite dirigé le monde avec son super robot flanqué d'un savant fou croisé entre Einstein, le capitaine Crochet et Beetlejuice joué par

Nino Fuscagni. La très séduisante Judi West et ses nombreuses perruques (La grande combine de Billy Wilder) est une Deborah toute fofolle mais efficace et surtout ultra sexy n'ayant jamais peur d'arborer des tenues très suggestives ou fort légères.
Satire sociale, comédie de politique fiction délirante, cet hybride pop-art inclassable porté par une bande originale entrainante et une superbe chanson phare terriblement pop psyché est un véritable petit bijou du cinéma Bis italien, une pellicule exubérante méconnue fort divertissante truffée de références qui jamais n'ennuie pour le peu qu'on aime ce type de cinéma. Inédite en France mais également en Italie malgré sa diffusion en son temps au festival de Locarno La donna il sesso e il superuomo

  • Par Éric Draven | mardi, 11 novembre 2025 | 14h26
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  • CatégorieLes films

« Delitti Trampa sexual »

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