Maniaco Deprebis

  • Les Films
  • Hardcore italien
  • Cinéma X
  • Cinéma Gay
  • Dossiers
  • Bios
  • Maniaco-Grévin
  • Salle des Dieux
  • News

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Hanno cambiato faccia


Autres titres: They have changed their face / Wettlauf gegen den lauf
Réal: Corrado Farina
Année: 1971
Origine: Italie
Genre: Fantastique
Durée: 91mn
Acteurs: Adolfo Celi, Geraldine Hooper, Giuliano Esperati, Francesca Modigliani, Rosalba Bongiovanni, Lorenzo Rapazzini, Mariella Furgiuele, Claudio Trionfi, Pio Buscaglione, Giulio Flores Perasso, Salvadore Cantagalli, Luigi Garetto, Guglielmo Molasso, Wladimiro Nemo, Marisa Randisi Salice, Corrado Farina, Emanuele Vacchetto...

Résumé: Alberto, un employé d'une importante firme d'automobiles, est curieusement invité par le grand patron, l'ingénieur Giovanni Nosferatu, dans sa villa le temps d'un week-end. Intrigué, il accepte et se rend à la propriété de Nosferatu, une villa perdue au coeur des montagnes du Piémont. Dés son arrivée il est frappé par l'étrange atmosphère des lieux. Il est accueilli par Corrina, la blafarde secrétaire de Nosferatu qu'il finit par rencontrer. Ce dernier lui avoue qu'il a été choisi pour lui succéder. Il va vite découvrir que de mystérieuses choses se passent dans la demeure de l'ingénieur qu'il ne peut désormais plus quitter...

Le turinois Corrido Farina se découvre très jeune une passion pour la littérature et le cinéma. Il commence à écrire pour le journal de son lycée puis intègre en 1957 le centre universitaire cinématographique. Il écrit deux monographies, une dédiée à Ingmar Bergman, l'autre à Frank Capra, puis il réalise ses premiers courts-métrages. En 1963 il fait son entrée à la Studio Testa en tant que metteur en scène spécialisé dans la publicité. En cinq ans il va ainsi réaliser plus de 500 spots pour la télévision. Il est aussi l'auteur d'un "fumetti" corrosif sur l'univers publicitaire. En 1969 il quitte Turin pour Rome, devient

assistant-réalisateur. En 1971 il met en scène son tout premier long métrage, une revisitation de Dracula, Hanno cambiato faccia.
Alberto Valle, un employé d'une grande entreprise d'automobiles, la "Avio motors", est étonnamment invité pour un week-end dans la villa du grand patron, l'ingénieur Giovanni Nosferatu, afin de gagner une éventuelle promotion. Alberto accepte l'invitation et se rend en voiture à sa demeure perdue au coeur des montagnes embrumées. Sur la route aux abords d'un vieux village abandonné il rencontre une femme, Laura. Elle se dit libre et voyage au gré de ses envies sans attache. Il la prend à son bord. Arrivés à la villa elle lui demande de la

laisser devant la grille. Elle attendra son retour dans la voiture. Alberto franchit la grille. Il est accueilli par une femme étrangement blafarde et androgyne, Corinna, la secrétaire de Nosferatu. L'intérieur de la villa est ultra moderne. Des slogans publicitaires sont diffusés en continu dans chacune des pièces y compris la douche, vantant la grandeur de Nosferatu. Alberto doit attendre le soir pour rencontrer l'ingénieur, un homme distingué, mystérieux, aussi intrigant que froid. Il ne tarde pas à annoncer à Alberto la raison pour laquelle il la fait venir. Il lui propose de devenir le grand patron de l'entreprise, autrement dit prendre sa place. Stupéfait Alberto doit réfléchir. Il va vite découvrir qu'il se passe d'étranges choses dans la

villa qu'il ne peut quitter. Une horde de Fiat 500 sert de chiens de garde et menace d'écraser quiconque veut fuir. Puis il lui semble apercevoir un corps au milieu de la forêt. Il repense aux très rares villageois rencontrés dans le village abandonné qui semblaient terrifiés. Cela ne l'empêche pas de se rapprocher de Corinna avec qui il finit par coucher. Il découvre alors que la villa renferme une nurserie où sont élevées des dizaines de nourrissons. Un registre contient leurs noms et toutes les informations les concernant. Alberto découvre avec horreur que son nom et une photo de lui bébé y figurent depuis qu'il est né. Suivis depuis leur naissance tous ces bébés sont promus au même avenir que lui. La découverte d'une crypte

dans laquelle se trouve la tombe de Nosferatu mort depuis plus d'un siècle lui fait entrevoir l'incroyable réalité. Nosferatu est en fait un vampire moderne qui assure sa succession pour contrôler le monde à travers la technologie. Une nuit une réunion de vampires confirme ses soupçons. Alberto tue Nosferatu puis fuit mais une fois à l'extérieur de la villa, au moment de monter dans sa voiture, il comprend en constatant comment Laura a été vampirisée, conditionnée, durant son absence qu'il n'existe pour lui qu'une seule et unique possibilité. Il retourne à la villa aux cotés de Corinna et fait face à Nosferatu, bien vivant...
Pour sa toute première réalisation pour le grand écran le publiciste Corrado Farina prend

pour principal sujet la publicité, un milieu qu'il connait par coeur, et en profite pour revisiter l'univers de Murnau. Le scénario n'est en rien une surprise, on comprend vite le pourquoi du comment, ne serait-ce que par le nom de ce puissant industriel, Nosferatu, et du titre du film lui même, Hanno cambiato faccia, littéralement "Ils ont changé de visage". La phrase du philosophe Herbert Marcuse qui clôt le film "La terreur aujourd'hui a un nom: la technologie" le résume parfaitement bien. Farina fait une critique amère de notre société de consommation, du consumérisme, du capitalisme, de l'invasion de plus en plus importante de la publicité dans notre quotidien et de son influence, du vertigineux progrès de la

technologie qui petit à petit ronge notre société et la vampirise. Si les nouveaux vampires sont aujourd'hui les bureaucrates, les industriels, ceux qui détiennent le pouvoir, dans le fond rien n'a changé. Ils n'ont fait que changer de visage et su s'adapter. Giovanni Nosferatu en est le parfait exemple. Puissant industriel vivant reclus dans sa villa ultra moderne perdue au coeur des montagnes embrumées piémontaises il contrôle non seulement ses employés, ses usines mais régit également notre société à travers de fracassants slogans publicitaires et autres puissants moyens médiatiques qui font effet de lavage de cerveau. Plus besoin de planter ses crocs dans le cou du brave citoyen pour être vampirisé. Hanno

cambiato faccia est un conte moderne terrifiant où le gothique d'hier se fond ici avec l'ultra modernisme. Et pour se faire Farina fait preuve d'une imagination particulièrement fertile ce qui rend cette pellicule fascinante.
Du mythe du vampire d'hier Farina reprend le décor oppressant, mystérieux d'un village de montagne en apparence abandonné, noyé dans des nappes de brouillard d'où émergent de temps à autres de rares habitants, muets, terrifiés. C'est de ce brouillard qu'émerge soudainement l'énigmatique Laura, nue sous son manteau de fourrure, une scène qui évoque un peu l'univers de Jean Rollin. Qui est-elle? On ne le saura jamais vraiment. Juste

une femme libre comme elle se décrit elle même. Puis c'est l'arrivée à la villa de Nosferatu qui succède au manoir du vampire, une vaste demeure perdue au coeur d'une forêt gardée par une horde non pas de chiens mais de féroces Fiat 500 blanches conduites par d'étranges gardes autistes et muets qui foncent et écrasent quiconque tente de fuir les lieux. Une trouvaille malaisante O combien géniale ici. On n'oubliera pas l'indispensable présence de la crypte qui renferme moult cercueils et ossements mais surtout la tombe de Giovanni Nosferatu apparemment mort en 1801!
A ces éléments du vampirisme traditionnels vont s'en greffer plein d'autres, définissant cette

fois le modernisme, plus extraordinaires et délirants les uns que les autres, proches parfois de l'anticipation comme on la définissait en ce début d'années 70 tant dans la littérature qu'au cinéma. On pense parfois à des oeuvres telles que le sombre H2S ou le farfelu La donna il sesso e il superuomo. C'est ainsi que la villa de Nosferatu semble autonome. Tout y est automatique, télécommandé, ultra moderne. Des slogans publicitaires scandés sortent sans cesse des murs ou des meubles (le canapé) de la villa y compris de la douche, la plupart vantant la grandeur des produits mis sur le marché par Nosferatu, des images sont projetées dont un spot "à la Godard" sur les bienfaits du LSD, le tout dans des

jolis décors pop-art. Puis il y a cette monstrueuse nurserie bien cachée où une multitude de bébés est sous total contrôle, élevés selon les méthodes de Nosferatu afin que les meilleurs puissent un jour lui succéder. Alberto assistera à une réunion de nouveaux vampires, parmi eux un évêque, des notables, chacun proposant à Nosferatu ses nouvelles idées afin de conquérir le monde, chacune étant ensuite validées ou non par l'évêque. Les plus mauvais sujets sont voués à une condamnation à mort certaine, jetés en pâture aux Fiat 500.

L'interprétation menée par un trio réellement excellent est à la hauteur du thème et participe à l'ambiance du film. Giuliano Esperati, un acteur de télévision à la base, est parfait dans le rôle du malheureux Alberto, victime hitchcockienne choisie de Nosferatu. Adolfo Celiaussi froid qu'altier et inquiétant, est tout bonnement excellent dans la peau de Nosferatu, un rôle qui rappelle le Van Beethoven qu'il interprétait dans La donna il sesso et il superuomo quatre ans plus tôt. Geraldine Hooper (Les frissons de l'angoisse, Virilità), fascinante, est une blafarde et androgyne Corinna, la secrétaire de Nosferatu, droite sortie d'un tableau de Modigliani dirait-on. A ce trio s'ajoute la séduisante et intrigante Francesca Modigliani

(Laura) dont ce fut le seul rôle à l'écran. Corrido Farina s'octroie un toute petite participation, celui du prêtre.
Pour son premier film Corrido Farina signe une oeuvre fantastique certes sans grande surprise mais diablement efficace, intelligente, anxiogène qui se conclut sur un no happy end bien pessimiste mais tristement réaliste. Ce savoureux mélange de gothique et d'ultra modernisme baignant dans une inquiétante atmosphère nébuleuse, embrumée, hivernale, rythmée par une partition musicale entêtante, un envoutant mélange de sons synthétiques et de voix angéliques, est une petite gemme du cinéma italien dont le message est aujourd'hui toujours autant d'actualité.
Deux ans plus tard Farina signera son second et ultime long métrage, le réputé Baba yaga.

  • Par Éric Draven | mardi, 25 novembre 2025 | 17h18
    |Plus
  • CatégorieLes films

« Horror safari Donna... cosa si fa per te »

À retenir

  • Le 10 meraviglie dell'amore

Catégories

  • La photo de la semaine
  • Les films
  • Hardcore italien
  • Le cinéma X
  • Le cinéma gay
  • Les courts et moyens métrages
  • Biographies
  • Visages d'un jour Visages de toujours
  • Les Dossiers du Petit Maniaco
  • Le petit musée du Maniaco-Grévin
  • La salle des Dieux
  • Les archives secrètes du petit écran
  • Réalisateurs et grands noms du Bis
  • Les nouvelles du jour
  • Emotions Bis

S'abonner

  • Fil des entrées

Propulsé par Dotclear - Thème Freshy de Julien de Luca adapté depuis Wordpress