La signora è stata violentata

Autres titres: La senora ha sido violada
Réal: Vittorio Sindoni
Année: 1973
Origine: Italie
Genre: Comédie
Durée: 94mn
Acteurs: Carlo Giuffré, Pamela Tiffin, Luciano Salce, Enrico Montesano, Leopoldo Trieste, Ninetto Davoli, Gigi Ballista, Dominique Boschero, Franco Fabrizi, Gino Pagnani, Carla Mancini, Enzo Robutti, Orazio Stracuzzi, Armando Bandini, Filippo De Gara, Luigi Gatti, Teresa Gatto, Giorgio Gusso, Giuseppe Maffioli, Willy Moser, Angela Pagano, Consuelo Pilar, Carlo Sabatini, Kalam Shamsuddin...
Résumé: Pour fêter le retour de son mari à la maison après un long voyage d'affaires Pamela, une épouse exemplaire, organise un repas entre amis. En fin de soirée le mari fait gouter aux convives une tisane faite à base de feuilles qu'il a ramené de son voyage au Népal. Il ignore que sont des plantes hallucinogènes. La fin de soirée se transforme en drug-party. Le lendemain matin Pamela affirme avoir été violée par le Diable. Le mari va alors mener l'enquête pour découvrir qui s'est déguisé en démon pour abuser de son épouse...
Après avoir été assistant-réalisateur sur quelques péplums Vittorio Sindoni débute sa carrière en tant que metteur en scène en 1969 avec un petit giallo certes classique mais plutôt efficace Homicide par vocation. Si on excepte son curieux drame érotique post soixante-huitard E se per caso una mattina qu'il réalise en 1972 c'est surtout à la comédie que Sindoni va essentiellement se consacrer tout au long de son parcours cinématographique. Il en tournera pas moins d'une petite dizaine. La signora è stata violentata fait partie de la liste.


De retour d'un voyage d'affaires au Népal l'ingénieur Sandro Traversi retrouve sa séduisante épouse Pamela. Pour fêter son retour Pamela organise un repas entre amis au domicile conjugal. Parmi les invités on trouve le Père O'connor, le président Parini et son épouse, le docteur d'origine indienne Samai et le professeur Parini et sa femme. A la fin du repas Sandro sert une tisane faite à partir de plantes qu'il a ramené du Népal. Il ignore que ce sont en fait des plantes hallucinogènes. Tout le monde goute à sa décoction. La soirée se termine en une gigantesque drug-party bien involontaire. Le lendemain matin Sandro trouve son épouse allongée au sol, en pleurs. Elle affirme avoir été violée durant la soirée par... le


diable lui même ! Elle est certaine d'une chose: elle n'a eu aucune relation sexuelle avec son mari. Sandro consulte alors un psychanalyste afin qu'il fasse revivre à Pamela cette soirée afin de découvrir qui est ce violeur déguisé en démon. Malheureusement aucun d'entre eux ne semble être coupable. Le Dr Samai est homosexuel, Parini est un mutilé de guerre qui a perdu sa virilité au combat, de par sa condition le prêtre nie tout abus sexuel et Valenti s'avère ne pas être le diablotin. Dépité, le couple finit par se séparer. Sandro part vivre à Amsterdam. Un jour il voit une revue pornographique dans un sex-shop et reconnait sa femme en couverture. Il s'agit d'une photo prise lors de la fameuse soirée. Sandro retrouve


le photographe qui a pris le cliché. L'homme lui révèle alors la surprenante identité du violeur... ou des violeurs...!
Comment quelques plantes innocemment ramassées au Népal vont elles transformer un gentil petit repas entre amis en quelque chose de bien plus festif et surtout bien moins innocent, autrement une nuit de débauche sous l'emprise des herbes hallucinogènes! Une soirée de luxure à laquelle vont participer non seulement quelques sommités mais aussi un prêtre! Et l'un d'entre eux déguisé en démon du moins dans les souvenirs de la malheureuse épouse, femme timide et exemplaire, va justement abuser d'elle. Là voilà


dans tous ses états car en bonne chrétienne elle se croit "contaminée" par le Diable. Elle est en pleine panique mais pourtant au delà de la peur la coquine y a pris plaisir, subjuguée par son énorme "machin". Le mari va mener lui même l'enquête pour trouver le coupable. La signora è stata violentata n'est jamais qu'une nouvelle critique sur l'hypocrisie et les inhibitions sexuelles tant chez les hommes que les femmes dans l'Italie des années 70 mais également une critique de la psychanalyse et surtout de la religion de manière plus générale. La libération sexuelle, les rapports conjugaux, les différents tabous Sindoni traite avec légèreté des travers qu'engendrent l'Eglise et la bonne morale en jouant la carte de


l'absurdité. Cette fête sous hallucinogènes n'est jamais qu'un prétexte pour que notre malheureux couple sexuellement coincé oublie, passe outre ses inhibitions, ses frustrations. Ainsi libérés de leurs carcans moraux ils trouvent enfin du plaisir, connaissent la jouissance et osent même le reconnaitre à voix haute, certes un peu honteux mais pleinement satisfaits. Quant à ce "démon violeur et son monstrueux truc" il n'est que le symbole de ces plaisirs interdits, cette tentation à laquelle ils ont enfin cédé pour leur plus grand bonheur. L'identité de ce ou ces diablotins coquins n'est donc pas une surprise et n'étonnera personne. Il va dans le sens de l'intrigue. Le fond est intéressant. La forme l'est un tout petit peu moins.


Il faut reconnaitre que Sindoni ne fait pas vraiment dans l'originalité. Avec un tel scénario on aurait pu s'attendre à quelque chose de bien plus grivois, de bien plus fou. Au final on reste dans un registre classique. Le film est divertissant, il se laisse visionner sans mal, on s'amuse, on rit mais on est loin d'en avoir les larmes aux yeux. Les gags et situations pour la plupart basés sur l'équivoque aussi salaces soient-ils fonctionnent mais ils n'ont rien de très innovateur. Ainsi toute la partie qui met à jour la sexualité de chacun des participants à la petite soirée est assez puérile et surtout très cliché (l'homosexualité du docteur, le comportement déviant du président fouetté en peau de bête pour illustrer son impuissance).


C'est d'autant plus dommage qu'elle est la partie la plus importante du film et perd donc pas mal en humour même si le passage concernant le prêtre relève le niveau des investigations maritales et reste quant à elle plutôt bien trouvée de par sa folie ne serait-ce que par la présence de Ninetto Davoli en garçon d'hôtel qui prête ici sa virilité aux fins de l'enquête.
En fait La signora è stata violentata hormis quelques jolies séquences (le repas initial, l'absorption de la tisane et ses effets...), quelques agréables trouvailles (la séquence des prostituées est assez drôle) et toute la partie qui se déroule à Amsterdam repose surtout sur le jeu enjoué des comédiens. Carlo Giuffré est toujours aussi irrésistible dans le rôle ici du


pauvre mari enquêteur et forme avec la séduisante Pamela Tiffin un joli petit couple de bourgeois frustrés qui fonctionne parfaitement bien. Même s'il n'a qu'un rôle secondaire Enrico Montesano est excellent en prêtre irlandais. Leopoldo Trieste, aussi courte que soit son apparition en évêque, marque le film de sa dynamique présence. Dominique Boschero est magnifique et nous offre quelques rapides plans seins nus, seule petite touche d'érotisme (à l'exception d'un plan rapide sur le fessier de Pamela Tiffin en fin de métrage) pour cette sexy pochade.
Malgré son petit manque d'originalité et son coté par moment un peu cliché dans sa


description des moeurs La signora è stata violentata, inédit sous nos cieux, est une amusante comédie, distrayante, drôle et parfaitement amenée par une distribution qu'on sent fort à l'aise. On l'aurait simplement aimé un peu plus recherchée et surtout plus acide, plus satirique. Ca aurait été parfait mais tel quel voilà un agréable spectacle qui mettra de bonne humeur, fera au moins sourire à défaut de plus.