Ciao Ma'

Autres titres: Ciao Ma'... (bacio da Roma)
Réal: Giandomenico Curi
Année: 1987
Origine: Italie
Genre: Comédie
Durée: 93mn
Acteurs: Marco Leonardi, Silvia Ramenghi, Valerio Andrei, Claudia Gerini, Sonia Cameriere, Loredana Romito, Antonella Antinori, Antonio Degli Schiavi, Lorenzo Flaherty, Barbara Grassi, Emy Valentino, Loris Loddi, Sebastiano Somma, Renato Cecchetto, Vasco Rossi, Mauro Carli...
Résumé: Vasco Rossi, l'idole des jeunes romains en cet été 1987, va donner un concert à Rome. Toute la jeunesse romaine est en émoi. Les filles cherchent un garçon pour les y emmener, les garçons se mettent sur leur trente et un. Certains sont prêts à tout pour avoir un billet ou approcher la star. C'est aussi le moment où vont se créer des amourettes d'été...
La fin des années 70 et les années 80 furent pour le cinéma d'exploitation italien les années musicales, une époque qui vit naitre notamment les disco-movies engendrés par le succès de La fièvre du samedi soir. Par la suite chaque nouveau courant musical donna aux metteurs en scène une occasion de réaliser au moins une pellicule qui lui rendait hommage. Le breakdance donna le rarissime Breakdance, La lambada vit un film éponyme voir le jour, le hair metal des années 80 donna Voglia di rock. On vit même le rock des années 60 refaire surface avec Rock'n'roll. Et il y eut les réalisateurs qui profitaient du


succès de certains chanteurs pour faire tout un film qui tournaient autour d'eux. Ce fut le cas du groupe Duran Duran qui eut droit à son Sposero Simon Lebon. Le très peu prolifique Giandomenico Curi vit en Vasco Rossi, chanteur italien fort célèbre en Italie dans les années 80, l'occasion rêvée pour lui dédier un film, ce Ciao Ma' tourné lors de la grande tournée italienne du chanteur en juin 1987, son "C'è chi dice no tour".
Les vacances d'été débutent. Toute la jeunesse romaine est en ébullition. La tournée de son idole Vasco Rossi passe par la capitale. Le chanteur est attendu au Palasport pour son grand concert. Toutes et tous feraient n'importe quoi pour avoir un billet et y assister. Paolo,


un fainéant de première, invente les stratagèmes les plus insensés pour pouvoir approcher et rencontrer son idole: se faire draguer par un critique musical gay, voler un pass à la Sécurité, se faire passer pour un journaliste. Découvert, il est enfermé à l'infirmerie et ne réussira à en sortir qu'à la fin du concert!
Roberta est une jeune fille sérieuse et timide amoureuse du beau Cristiano que convoite aussi sa meilleure amie Gloria. Cette dernière pour évincer Paola raconte à sa mère que sa fille a échoué à ses examens. Punie, elle est privée de concert. Elle s'enfuit en douce et se rend au concert. Elle y trouve Gloria dans les bras de Cristiano. Cette mésaventure lui fait


ouvrir les yeux sur celle qui prétendait être son amie et le peu de sérieux dont fait preuve celui qu'elle aimait.
Cinzia est vendeuse dans un magasin de vêtement. Arrogante, antipathique elle se croit appréciée de tous les garçons mais en fait personne ne veut l'accompagner au concert. Elle parvient à se faire inviter par Popi, un garçon maladroit qui vit dans les jupes de sa mère. Agacé par sa prétention il la quitte en plein concert et s'éprend d'une jeune fille rencontrée parmi la foule. Il décide d'être odieux avec Cinzia en la remerciant pour cette rencontre inattendue.


Nico est un play-boy fan de moto et de gonflette. Il invite la belle Suzy au concert mais un rival a saboté sa moto. Il peut dire adieu au concert et à Suzy. Massimo, le frère de Nico, est un garçon sérieux qui adore la musique classique. Il console Patrizia l'ex-petite amie de Nico, qui a du mal à se remettre de leur rupture. Il accepte de l'accompagner au concert malgré son aversion pour cette musique. A la fin du concert tout ce petit monde va se croiser et c'est là que le destin de chacun va se jouer.
Comme le montre ce résumé Ciao Ma' est composé de cinq vignettes qui s'entrecroisent, toutes se déroulant le jour du concert du grand Vasco Rossi. Giandomenico Curi ne s'est


guère foulé puisqu'on ne peut pas dire qu'il y ait un véritable scénario. Cinq petites histoires d'amour lycéennes sans aucune originalité qui s'enchainent en ce début de vacances estivales. Hors de question d'aller au concert de l'Idole seul! Donc on drague. En guise de personnages des stéréotypes. La sérieuse, l'antipathique imbue d'elle même, la fausse amie, le fils à maman, le play-boy de quartier, l'intello, le petit futé malchanceux... Il n'y a plus qu'à former les couples et attendre le début du grand show. La seule question est de savoir quel couple tiendra à la fin de celui ci, passera le seuil de la soirée et qui sait le cap de l'été. Un suspens insoutenable qu'on va briser sans attendre une minute de plus. Quasiment


aucun si ce n'est Gloria et Cristiano, indifférents à la douleur de la pauvre Roberta! Mais il fallait bien un léger retournement de situation. Tous les personnages vont se croiser après le concert et un couple se formera tout de même. Massimo tombe amoureux de l'ex-de son frère et des amitiés vont se créer. La question est maintenant de savoir si Ciao Ma' est d'un mortel ennui.
La comédie adolescente comme la sexy comédie n'avait plus grand chose à dire et montrer en cette nouvelle décennie. Loin étaient les années 70. Le genre n'en finissait plus de s'éteindre et ce n'est pas cette éphémère sous branche musicale qui allait changer les


choses. Cependant tout n'était pas à jeter ou à oublier. Sans être particulièrement géniales certaines pellicules étaient tout simplement divertissantes. Ciao Ma' en fait partie. Tout est cousu de fil blanc mais l'ensemble est sympathique et bénéficie surtout d'une certaine fraicheur, d'une certaine tendresse. Les dialogues de l'inénarrable Roberto D'agostino (également scénariste) sont stupides mais les personnages tout aussi bêtes soient-ils sont finalement agréables. On a vu tellement pire il faut dire! A cette petite bulle de fraicheur s'ajoute quelques gags usés mais fonctionnels mais également une bonne dose de nostalgie, celle de cette fin d'années 80 que reflète parfaitement le film. Les looks, le style


vestimentaire, les coupes, l'ambiance d'une Rome un peu folle et bien sûr la musique. Tous les amateurs de la décennie seront ravis de réentendre certains des grands tubes de cet été 1987 (Black, Billy Idol, Tina Charles, Boy Georges, Samantha Fox, Beastie boys...) sans oublier bien sûr la voix rauque de Vasco Rossi autour duquel tourne tout le film. Ses admirateurs s'il y a en France attendront son concert comme la venue du Messie et il occupe quasiment les quinze dernières minutes du métrage.
Plus surprenant par contre est cet homo-érotisme qu'il est impossible de ne pas remarquer. Outre le critique musical gay et la séance de drague en voiture Curi a une évidente tendance


à filmer ses jeunes acteurs torse nu ou en slip (au sauna, en cabine d'essayage), multiplier sans raison les plans sur leur braguette et à mettre un peu plus en valeur son casting masculin que sa brochette d'actrices, inhabituel dans ce type de film. On entrevoit même un magazine gay avec Gary Moore en couverture dans la chambre de Nico, le play-boy fan de gonflette qui est plus souvent en slip qu'habillé! Etrange mais on ne s'en plaindra pas. Bien au contraire.
Parmi tous les jeunes (et séduisants) acteurs on reconnaitra quelques noms qui par la suite ont connu une jolie carrière Marco Leonardi, Lorenzo Flaherty, Claudia Gerini, Emy Valentino et l'ex-bambin du péplum et du western Loris Loddi en impresario gay sans


oublier l'ex-mannequin et future star de télé-réalité Sebastiano Somma le temps d'une séquence de rêve disons le aussi kitsch qu'idiote.
Ciao Ma' est un film bubble gum mentholé, frais et innocent, fortement estampillé années 80. Aussi insipide soit-il cette comédie adolescente reste divertissante, jamais ennuyante. Elle se laisse gentiment savourer grâce à sa sympathique distribution, sa bande-son rythmée et ce brin de nostalgie qui s'en dégage. Ce n'est rien mais c'est agréable tel un petit bonbon acidulé sur la langue.