Angeli senza paradiso

Autres titres:
Réal: Ettore Maria Fizzarotti
Année: 1970
Origine: Italie
Genre: Musicarelli
Durée: 90mn
Acteurs: Al Bano, Romina Power, Agostina Belli, Emma Baron, Caterina Boratto, Cinzia De Carolis, Franco Fantasia, Wolf Fischer, Paul Muller, Gérard Herter, Renato Malavasi, Edoardo Toniolo, Antonio Marsina, Consalvo Dell'Arti, Franco Carrisi, Gino Marturano, Claudio Trionfi, Angelo Boscariol Chiudi...
Résumé: Franz Schubert, un jeune musicien viennois, connait des fins de mois difficiles. Pour avoir un peu d'argent il fait l'école à de jeunes enfants. Un jour il se voit proposer de jouer devant la princesse hongroise Vorokin. Enervé par les rires moqueurs de la jeune comtesse Anna Roscoff il interrompt le concert et quitte la salle. Plus aucun éditeur ne voudra de sa musique par la suite. Il est également renvoyé de son école. Mas un jour Anna fait appel à lui pour lui donner des cours de chant. C'est le début d'une relation amoureuse passionnée entre eux...
Lorsque Romina Power l'ex-lolita du cinéma italien des années 60 épousa à tout juste 18 ans le chanteur Al Bano Carisi le couple devint un véritable phénomène à travers le pays. Inséparables tourtereaux fou amoureux l'un de l'autre ils incarnèrent durant presque une décennie l'amour avec un grand A, le couple parfait qui faisait rêver dans les chaumières. Dés 1969 ils tournèrent plusieurs musicarelli, noms donnés aux films musicaux italiens, l'occasion pour Romina de faire ses débuts dans la chanson aux cotés de son prince charmant. Angeli senza paradiso réalisé en 1970 est leur quatrième long métrage mais


aussi l'ultime pellicule que tourneront les amoureux, Romina ayant décidé par la suite de tout abandonner pour se consacrer uniquement à sa vie de jeune mariée.
Franz Schubert, un compositeur viennois, a bien du mal à finir ses fins de mois. Il doit de l'argent à bon nombre de personnes. Pour s'en sortir il joue les maitres d'école. Il entretient une jolie relation amicale avec la belle Marta, l'employée d'un prêteur sut gages, qui en fait est secrètement amoureuse de lui. Un jour une occasion en or se présente à lui. On lui propose de jouer à Budapest devant la princesse Vorokin. Le concert tourne court, Schubert agacé par les rires moqueurs de la jeune comtesse Anna Roskoff quitte la salle. Peu de


temps après Schubert est renvoyé de son école et plus aucun éditeur ne veut de sa musique. Etonnamment Anna lui demande un jour d'être son professeur de chant. Tout deux tombent vite amoureux l'un de l'autre. Malheureusement pour Schubert la comtesse est fiancée à l'intrigant baron Ludwig qui convoite surtout sa dot. Ils doivent bientôt se marier. Après avoir appris leur relation Ludwig défie Schubert en duel. Ludwig gagne le combat. Schubert doit donc quitter Vienne. Il est démis de ses fonctions et ne pourra plus jamais voir Anna. Peu de temps après il est informé qu'Anna va épouser Ludwig. Marta lui déclare en vain son amour et le pousse donc à rejoindre Anna pour empêcher ce mariage. Schubert arrive trop tard.


Mettre en scène la vie et les amours tourmentés du célèbre compositeur très attiré aussi par les hommes était en soi une bonne idée mais donner à Al Bano le rôle principal en fait soudain une aberration et transforme le projet en un film trash malheureusement jamais drôle (ou involontairement alors) mais surtout très ennuyeux. Autant le dire de suite: rien ne va dans ce musicarello à commencer par les lieux de l'action et les décors. L'histoire est censée se dérouler entre Vienne, Budapest et les pays de l'est. Le film fut entièrement tourné à Rome. C'est donc assez drôle de voir des palmiers, des pins maritimes et autres plantes exotiques lors des plans extérieurs. Mais le réalisme n'est pas le fort de Fizzaretti


encore moins la géographie puisque lors du final Schubert fait Vienne-Budapest en quelques cinq minutes dans sa diligence! Il faut avouer qu'elle va très vite mais un carrosse n'est pas un TGV! Quant aux décors ils sont en carton pâte, pas très esthétiques et donnent un coté franchement cheap à l'ensemble. On est loin du faste des Sissi par exemple. Reste la villa Giovanelli, bien connue des amateurs de cinéma italien, pour donner au film une once de clinquant. Et les costumes doit se demander le lecteur? Que valent ils? Ils sont à l'avenant, d'époque certes mais parfois rigolos. On en veut pour preuve la première apparition de Schubert! Qu'il ait l'air benêt n'est pas forcément surprenant, c'est Al Bano,


mais que dire de sa coiffure (perruque?) plus proche d'une banane façon Eddy Mitchell que d'une coupe d'époque. Difficile de ne pas pouffer de rire. Quant à Romina que beaucoup doivent attendre, oubliée la lolita d'il y a encore quelques mois en arrière, nous sommes face à une jeune femme maladroite, peu élégante, plutôt gourde dans ses crinolines, presque aussi gauche en jeune comtesse qu'Al Bano est niais dans la peau du musicien (comment oublier sa tête lorsqu'il joue du piano lors de son concert). Le couple s'est bien trouvé et il est à l'origine de bien des éclats de rires involontaires et de séquences aussi déconcertantes que par moment pathétiques.


Il faut par exemple voir Romina quitter son palais en carton, lasse de l'étiquette, pour se transformer en jeune campagnarde dansant une frénétique czardas dans une taverne style "western" au milieu de soulards, coiffée de deux macarons. Leia sort de ce corps! On pourra se boucher les oreilles lorsqu'elle pousse la chansonnette et s'essaie à la Serenata (on est encore très loin des tubes du duo des années 80 comme "La felicita") mais que dire de la séquence où Al Bano/Schubert se casse la voix sur l'Ave Maria pendant que la caméra de Fizzaretti tangue sur des images pieuses, donnant à la scène un petit coté faussement psychédélique. Un grand moment! On passera sur les ralentis où les deux amoureux


courent à travers champs ou se courtisent au milieu de pavés de fleurs. Le metteur en scène a soudainement oublié qu'il retraçait la vie de Schubert et ne tournait pas un roman-photo à l'eau de rose du pauvre ce qu'est en fin de compte Angeli senza paradiso. Impossible de ne pas citer aussi la scène du duel entre Schubert et Ludwig son rival. Un duel où le malheureux Al Bano, d'une infinie tristesse comme durant la majeure partie du film, dépassé par la difficulté de cette séquence se voit désarmé de son fleuret en plastique en quelques secondes. On passera sous silence les dialogues d'une totale ineptie, souvent involontairement drôles et la platitude de l'interprétation. Qu'est donc venue faire Caterina Boratto dans cette catastrophe musicale? Heureusement elle n'a que deux scènes. La


petite et ingrate Cinzia De Carolis, à ses débuts, est comme d'habitude insupportable. Ca et là on reconnaitra perdus dans ce marais d'ennui Paul Muller, Gérard Herter et Antonio Marsina. Seuls points positifs de cette distribution la présence d'une magnifique Agostina Belli dans le rôle de la douce et tendre Marta et celle de l'allemand Wolf Fischer dans la peau de Ludwig, séduisant générique aux faux airs d'un Delon jeune remarqué dans Una strana voglia d'amare.
Remake plus ou moins inavoué d'un vieux film allemand de 1933 Angeli senza paradiso est un naufrage pelliculaire ennuyeux sur fond de valse viennoise, une biographie non officielle


façon roman-photo de gare (une petite gare, toute petite) tournée pour un budget miséreux qui par sa bêtise et son comique involontaire le transforme en un monument du trash transalpin. Malheureusement cet humour involontaire ne rend pas le film moins ennuyeux cette fois. Angeli senza paradiso est très certainement le musicarello le moins intéressant du couple. A réserver uniquement à ses fans assidus.