Schulmädchen report

Autres titres: Rapports intimes au collège de jeunes filles / The school girls / Rapporto sul comportamento sessuale delle studentesse
Réal: Ernst Hofbauer
Année: 1970
Origine: Allemagne
Genre: Sex mondo
Durée: 83mn
Acteurs: Peter Dornseif, Lisa Fitz, Marion Haberl, Cristina Hoeltel, Claudia Höll, Sandra Kruger, Ruth Kullenberg, Tonio Von der Meden, Alexander Miller, Günther Mohner, Gehrnot Mohner, Karel Otto, Mascha Rabben, Wolf Petersen, Roswitha Randl, Waltraud Schaeffler, Michael Schreiner, Jutta Speidel, Karin Simsel, Friedrich Von Tuhn...
Résumé: Une lycéenne de 16 ans est surprise par une de ses professeurs entrain de faire l'amour au chauffeur de bus. Elle passe de suite en conseil de discipline qui préconise son renvoi. Mais un sexologue réputé convié à ce conseil va mettre en avant le changement des moeurs en ce début d'années 70 et tenter via dix histoires et une série d'interviews à faire changer d'avis les membres du conseil...
Si la sexualité adolescente fut dans les années 70 un des thèmes privilégiés du cinéma d'exploitation italien du coté de l'Allemagne dés le début de cette décennie naquit tout un filon de films érotiques pseudo documentaires sur la sexualité non seulement de nos progénitures mais sur la sexualité de manière plus générale. C'était une sorte de réponse au sexy mondo transalpins et américains alors très en vogue. A une différence près: l'Allemagne déjà à l'origine d'un filon cinématographique dit "gynécologue" allait se montrer plus directe, plus permissive que ses collègues italiens. Naquirent ainsi plusieurs séries de


films dont les plus connues sont les Lhermädchen-report, les Kankrenschwestern-report, les Fruhreifen-report, Schlüsseloch-report, Sex-traüme-report, Hausfrauen-report et surtout parmi les plus célèbres, celle qui en fut un peu la mère, les fameux Schulmädchen-report signés Ernst Hofbauer, un des plus célèbres metteurs en scène coquins teutons, qui se déclinèrent en pas moins de quatorze films. Schulmädchen-Report - Was Eltern nicht für möglich halten sorti en France sous le titre Rapports intimes au collège de jeunes filles (tout un programme) est le premier de cette longue série.
Lors de la visite scolaire d'une usine nucléaire Renate, une lycéenne de 16 ans, quitte


discrètement ses camarades pour retourner au bus dans lequel sommeille le fringant chauffeur. La jeune fille se donne à lui mais une de ses professeurs, s'étant aperçue de sa disparition, la surprend entrain de faire l'amour. C'est pour elle le conseil de discipline. Tous les professeurs sont d'avis de la renvoyer pour un acte aussi indécent. Mais la présence au conseil du docteur Bernauer, un sexologue réputé, va peut être lui éviter cette terrible sanction. Il va démontrer que les temps ont changé ainsi que la sexualité des jeunes qui aujourd'hui n'ont plus aucun tabou et vivent librement leur sexualité sans penser à mal. Pour se faire il prend pour exemple dix histoires que le metteur en scène met en images,


des vignettes entrecoupées d'interviews d'inconnus, de témoignages pris dans la rue.
Angela et Heike, 16 ans, se sont fixées un objectif: chauffer et coucher avec le séduisant prêtre, le père Reitmeier. Comment un si bel homme a t-il pu devenir prêtre et s'abstenir de toute relation charnelle? Angela va aller se confesser, avouer au frère ses pensées lubriques puis lui détailler ses ébats avec un inconnu pensant que cela l'excitera. C'est tout le contraire qui se produit. Prise à son propre piège, honteuse, elle s'enfuit en courant.
Susanne, 17 ans, aimerait aller à une fête avec ses amies chez Micky mais sa mère s'y oppose. Susanne doit réviser. Ainsi soit-il. Elle sera censée réviser chez Micky qui est aussi


le garçon qui l'aide pour ses leçons de mathématiques. Mais c'est surtout les choses de la vie qu'elle veut réviser. Si Micky est tout d'abord réticent car elle est mineure il se laisse aller et tout deux font l'amour.
Elisabeth, 15 ans, et Evelyne, 16 ans, sont amies. Evelyne a un petit ami de 27 ans, Otto. Elisabeth n'a personne. Ses parents sont de la vielle école. Elle se masturbe la nuit pendant que sa petite soeur dort. Un jour sa mère la surprend. Outrée elle réprimande sa fille pour cette conduite contre nature qui pour elle rendra malade à vie sa chère enfant.
Michelle, 18 ans, veut se marier et avoir des enfants. Elle a perdu sa virginité à 13 ans par


curiosité avoue t-elle. Depuis ce jour là elle a baisé avec tout ce qui se passait à sa portée jusqu'au jour où elle a rencontré Michael son copain lors d'une psychédélique party. Depuis elle est sage mais il faut que son copain la satisfasse plusieurs fois par semaine. Elle se demande si ses envies de sexe sont normales.
Claudia, 14 ans, et ses deux amies en pincent pour le viril gardien de la piscine de leur pensionnat, Michael. Afin de pouvoir sortir avec lui elles mettent au point un stratagème. Elles le retrouvent une nuit à la piscine. Pour l'exciter elles se baignent nues. Michael craque. La soirée se finit en plan à quatre.


Hannelore et Herma, 15 ans, ont menti en disant qu'elles n'étaient plus vierges. Elles ont rendez-vous avec deux garçons soi-disant expérimentés mais eux aussi ont menti. Ils sont puceaux.
Marlene, 17 ans, enferme son prof de sport dans les vestiaires et lui fait l'amour.
Lili, 17ans, s'apprête à perdre sa virginité. Elle a peur d'avoir mal et de tomber enceinte. Pire! L'homme la viole. Suite à cette agression elle déménage et découvre les plaisirs lesbiens avec une danseuse.
Après avoir entendu toutes ces histoires, les explications et le plaidoyer du sexologue le


conseil de discipline accepte que Renate reste au lycée. Les préjugés sont tombés.
Schulmädchen report premier du nom pose les bases de ce que seront les futurs épisodes et celles des films hybrides, des pellicules jumelles. Sous couvert éducatif, informatif, de faire découvrir la sexualité aux jeunes, d'informer des parents souvent vieux jeu... les réalisateurs détournaient ainsi la censure et pouvaient proposer à un public voyeur et avide de sexe des films coquins à la limite parfois de la pornographie soft, de multiplier les scènes de nudité et d'ébats sexuels en prenant pour principales protagonistes des collégiennes, des lycéennes, des étudiantes (jouées par des actrices majeures), en un mot


la jeunesse en pleine révolution sexuelle de cette décennie magique que fut les années 70. Les films sont composées de vignettes illustratives entrecoupées d'interviews souvent fausses et d'interventions de pseudo docteurs. Disons le de suite. Ce premier volet est loin, très loin d'être le plus excitant, le plus torride. En fait il reste étonnamment sage si on le compare aux autres. Certes il y a pas mal de scènes de nu mais Hofbauer reste décent. Nous ne sommes qu'en 1970, la machine e mettait doucement en route. Même les scènes de sexe demeurent d'une sagesse exemplaire à l'exception d'un ou deux excès (la scène de lesbianisme à trois, le plan à quatre au bord de la piscine ou plus amusant l'adolescente


qui se donne du plaisir avec la trompe de son éléphant en peluche).
Une des autres spécificités de ce premier film est la véracité de la quasi totalité des interviews. Si certaines sont fabriquées de toutes pièces la grande majorité est cette fois réelle ce qui donne un coté plutôt intéressant à l'ensemble. Hofbauer aborde bon nombre de sujets (la masturbation, la perte de sa virginité et les questions qui l'accompagnent, peut-on mettre une limite à ses envies, à ses désirs, est-ce normal d'avoir une forte libido, doit-on se réserver à celui qui sera notre moitié, doit-on aimer pour faire l'amour ou peut-on faire du sexe avec n'importe qui, peut-on monnayer le sexe, que penser d'une fille voire d'une


mineure qui se donne à un garçon plus âgé, une fille peut-elle faire le premier pas, est-ce normal d'être encore vierge à un certain âge (à 16 ans par exemple)...) en les remettant dans le contexte présent, en prenant compte de l'évolution des moeurs, des esprits, en comparant la sexualité des parents et celle d'aujourd'hui. Certes les propos sont parfois bien démodés, pas toujours traités avec sérieux mais le fond est là. Manque parfois la forme ce qui prête à rire par moment. Les sketches ne manquent pas d'humour non plus, parfois involontaire, ce qui fait perdre de son sérieux à l'entreprise mais on rit. Ceci est propre à ce type de mondo de toutes façons. Rien de nouveau en cela.

Au niveau de la distribution, aucune mineure bien entendu mais une brochette d'actrices juvéniles spécialisée dans l'érotisme teuton et qu'on reverra par la suite dans les innombrables séquelles et autres ersatz. Il en va de même pour les acteurs qui contrairement aux filles (et aux épisodes suivants) ne se déshabillent jamais entièrement. On garde le slip. N'oublions pas toute une pléiade d'inconnu(e)s pris au hasard dans la rue à qui le journaliste tend son micro pour recevoir leur avis.
Schulmädchen report 1 / Rapports intimes au collège de jeunes filles n'est pas le plus excitant des sex mondo teutons ni le plus explicite, quelque peu avare de scènes croustillantes, mais derrière son évidente hypocrisie il a un petit coté sincère dans son discours qui le rend au final bien sympathique même si aujourd'hui ce discours peut paraitre si désuet. Ce premier volet est une jolie mise en bouche avant de saliver puis s'exciter sur ses séquelles (une par an environ) et tous les films hybrides qui sortiront parallèlement.

