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Robinson Crusoe


Autres titres: Robinson Crusoe and the tiger / Robinson Crusoe und der tiger / Le avventure di Robinson Crusoe / Robinson y Viernes la isla de la desperacion
Réal: René Cardona Jr
Année: 1970
Origine: Mexique
Genre: Aventures
Durée: 110mn
Acteurs: Hugo Stiglitz, Ahui Camacho, Carlos Agosti, René Cardona III, Vicente Lara, Victor Eberg, Edgar Wald

Résumé: Après avoir fait naufrage Robinson Crusoe se réveille sur une plage, sur une ile déserte en plein Pacifique. Il va devoir organiser son quotidien et trouver de quoi se nourrir en chassant. Petit à petit il se crée son petit monde mais également braver moult dangers dont une foule d'animaux sauvages, parmi eux un tigre qu'il apprivoisera, et surtout une tribu de cannibales...

Lorsqu'on évoque le cinéma fantastique et d'horreur mexicain des années 70 un nom vient immédiatement en tête, celui de René Cardona Jr, auteur touche à tout d'une multitude de pellicules plus jouissives les unes que les autres, oscillant toutes très souvent entre la série B et la série Z. Durant cette décennie Cardona Jr a de temps à autre délaissé le monde de l'horreur pour s'intéresser notamment au film de jungle plus exactement le film de jungle familial. Il nous avait offert entre autre une vision assez hilarante de Tarzan (El rey de los gorilas), fut coupable d'un tout aussi drôle La tigresa et nous avait même fait traverser

l'Afrique en ballon avec Le voyage fantastique en ballon. En 1970 il s'attaque au célèbre roman de Daniel Defoe et nous en donne sa version aussi farfelue que rigolote avec Robinson Crusoe.
L'intrigue est ici réduite à son minimum. Au large des côtes du Brésil en plein Pacifique Robinson Crusoe et son équipage essuient une violente tempête. Après neuf jours de dérive tous les membres finissent par trouver la mort. Seul Robinson survit. La mer l'a rejeté sur une ile déserte. Afin de survivre il va devoir se débrouiller et organiser sa nouvelle vie sur cette ile enchanteresse mais qui fourmille d'animaux sauvages dont un tigre qu'il finira par apprivoiser.

Trois lignes! Le scénario tient en trois lignes. Voilà qui peut sembler étonnant pour un film qui dure quasiment deux heures. Il faut dire que Cardona Jr ne s'est guère foulé. Il ne se passe quasiment rien durant tout le métrage. Mais il faut avouer qu'il n'est pas évident de faire tout un film avec un seul personnage qui de plus ne parle pas. Robinson sur sa merveilleuse ile passe donc simplement son temps à chasser car il faut bien manger. Pendant presque une heure on assiste donc à de nombreuses parties de chasse sur terre et sous l'eau, dans la jungle, le tout commenté en voix off par Robinson lui même. Cependant ce qui pourrait paraitre fastidieux ne l'est pas vraiment.

Certes le temps peut paraitre un peu long mais il y a le décor qui de suite charme l'oeil. Il faut bien avouer que cette île exotique perdue au milieu de l'océan (le film fut tourné à Guerrero et Acapulco) est fantastiquement belle. Magnifiques lagons, forêts verdoyantes, plage de sable blanc, plans sous marins... c'est à un superbe travelogue auquel nous invite Cardona. Il nous offre une carte postale divine qui nous transporte loin, très loin et nous fait oublier le temps qui passe, que Robinson tourne en rond un peu comme Cardona qui donne l'impression de ne pas trop savoir quoi inventer pour combler le vide du scénario. Et puis il y a les animaux sauvages. Des tortues (un peu maltraitées mais nous sommes en pleine exploitation), des oiseaux, des chèvres, une panthère noire, des perroquets, de gros

serpents, des crocodiles, un chevreuil, un tigre... Comment un tigre et encore plus un chevreuil ont il pu atterrir sur cette ile en plein Pacifique? Ne nous posons pas la question. Acceptons simplement le fait surtout qu'ils sont drôles. Imaginez notre pauvre Robinson qui chasse pendant près de 45 minutes son petit chevreuil qui à chaque fois lui échappe bêtement. A croire que notre naufragé est très bête ou fort malchanceux. Plutôt bêta vu comme il chasse! A sa décharge le tigre qui convoite lui aussi le chevreuil se trouve comme par miracle sur sa route à chacune de ses tentatives! A croire qu'il est omniprésent. Le clou

de cette partie de chasse est la séquence où le tigre est perché sur une branche basse à quelques centimètres de la tête de Robinson, quasiment au niveau de ses yeux, et qu'il ne le voit pas!!! Cette soudaine cécité lui coutera un corps à corps musclé avec le fauve. Robinson s'en tirera avec quelques égratignures. Un nouveau miracle. Il finira tout de même par attraper le chevreuil pour de suite le libérer. Robinson a une belle âme. On ne tue pas une créature de Dieu nous avoue t-il dans son commentaire! Il aura autant de mal à chasser la tortue qui après bien cinq minutes de poursuite sous l'eau lui échappera elle aussi faute cette fois à l'arrivée inopinée d'un requin! Ce n'est plus Robinson Crusoe mais Gaston

Lagaffe sur l'ile merveilleuse! Et le tigre alors? Il finira par devenir partie intégrante de l'histoire d'où son titre international. Robinson le piègera et l'apprivoisera en le nourrissant d'appétissantes tortues. Il deviendra son fidèle compagnon. Toutes ses mésaventures et cette malchance comblent un peu plus d'une heure de métrage donc. De quoi sont faites les cinquante autres minutes?
La réponse est très simple. Le bateau de Robinson et de ses hommes réapparait soudain de quoi fournir à notre naufragé de quoi se vêtir, s'armer, et se meubler. Puis il se construit une forteresse aménagée en pleine jungle. Une belle ellipse car on ne voit rien. Elle est là et puis voilà! Cardona a d'ailleurs recours à beaucoup d'ellipses. Comme le naufrage par

exemple. Il nous est conté en voix off simplement. Cardona n'a pas eu les moyens de filmer tout ça on s'en doute mais ça aurait pu donner un peu de consistance au scénario et combler ce vide. Survient ensuite un tremblement de terre qui secoue toute l'ile. Le tigre y laissera sa peau (c'est le moins qu'on puisse dire puisqu'il n'apparait plus par la suite, seul indice de son existence passée, sa peau étendue sur un fil dans la forteresse de son maitre!) et en fuyant Robinson se fait prendre au piège par un de ses propres... pièges! Il n'a vraiment aucune chance cet homme! Voilà qui nous fait arriver au trois-quart du métrage. Reste vingt minutes de quoi faire surgir le fameux Vendredi!

Pas de Robinson sans Vendredi sauf que chez Cardona, exploitation oblige là encore, ce sont des cannibales peinturlurés venus de nulle part par la mer qui débarquent sur l'ile pour dévorer leurs victimes et y laisser trainer leurs carcasses. Pas très écolos les anthropophages. Pourquoi venir les manger sur cette ile et non rester sur la leur pour faire ripaille? Mystère! Ne cherchons pas à comprendre. Ce sont des cannibales voyageurs qui ne veulent pas polluer leur ile. Un séisme, des cannibales voilà enfin de l'action! Ces mangeurs d'hommes font leur petit effet mais sans aucun excès sanglants. Tout est suggéré. Robinson panique, fait des cauchemars la nuit. Il se voit même mort. Il se pose

beaucoup de questions existentielles toujours en voix off. Puis décide d'affronter les cannibales mais comme il est malchanceux son plan tombe à l'eau. Peut-être est-ce un bien car parmi eux il y a un enfant d'environ six ans qui refuse de manger de la chair humaine et s'enfuit pour éviter de devenir comme ses semblables. Robinson le recueille (tout nu et le restera) après avoir effrayé la tribu en tuant deux d'entre eux à coups de fusil. Robinson n'a jamais perdu le nord durant toutes ces années de solitude. Il sait qu'on est vendredi et nommera l'enfant Vendredi et le considérera comme son fils... mais un fils qui devra l'appeler Maitre. Une pointe de racisme déguisée n'a jamais fait de mal en ces

années. Un noir ne pourrait jamais appeler un blanc autrement que maitre! Ainsi se terminent les aventures de Robinson vues par Cardona.
L'emblématique Hugo Stiglitz, l'acteur fétiche mono expressif et ami du metteur en scène, mène la danse. Stiglitz fait du Stiglitz mais comme il n'a pas grand chose à faire hormis courir, pêcher, chasser, se cacher et se battre ce rôle lui va comme un gant et il nous fait bien rire encore plus lorsque par instant il déblatère quelques réflexions et constatations des plus sottes lors de ses commentaires en voix off. Pour lui tenir compagnie en toute dernière partie de film le petit Ahui Camacho joue Vendredi le cannibale rebelle, Ahui qui poursuivra

par la suite une jolie carrière d'acteur jusqu'au milieu des années 80.
Certes il y avait possibilité de faire vivre au plus célèbre des naufragés de la littérature bien plus d'aventures, de créer un certain suspens, une aura de mystère, certes Cardona a offert au public le strict minimum mais ce minimum syndical fonctionne pourtant assez bien, la magie opère et c'est sans grand mal qu'on parvient à aller au bout de ces deux heures de pellicule. Robinson Crusoe est un spectacle familial, pour petits et grands, qui captive l'oeil par ces merveilleux paysages tropicaux magnifiquement filmés et photographiés. Cela reste cependant un film d'exploitation dépaysant, très sympathique mais avec ses improbabilités, ses invraisemblances, sa stupidité qui lui donne ce coté souvent hilarant, très Z, qu'on aime tellement.
Cardona Jr signera une séquelle trois ans plus tard, Robinson y Viernes en la isla encantada, qui débute là où s'arrêtait plus ou moins le premier.

  • Par Éric Draven | lundi, 25 août 2025 | 22h20
  • CatégorieLes films

« Una strana voglia d'amare Abuso di potere »

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