Maniaco Deprebis

  • Les Films
  • Hardcore italien
  • Cinéma X
  • Cinéma Gay
  • Dossiers
  • Bios
  • Maniaco-Grévin
  • Salle des Dieux
  • News

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Abuso di potere


Autres titres: Abus de pouvoir / Shadows unseen
Réal: Camillo Bazzoni
Année: 1972
Origine: Italie / France / Allemagne
Genre: Polar
Durée: 97mn
Acteurs: Frederick Stafford, Marilù Tolo, Franco Fabrizi, Corrado Gaipa, Claudio Gora, Ninetto Davoli, Renato Romano, Raymond Pellegrin, Umberto Orsini, Reinhard Kolldehoff, Guido Leontini, Elio Zamuto, Mavie Bardanzellu, Quinto Parmeggiani, Pier Giovanni Anchisi, Michel Bardin, Wolf Fischer...

Résumé: Un journaliste est assassiné. Afin d'éviter que la presse et les médias ne s'emmêle le juge Dalo demande à l'inspecteur Miceli mis sur la touche depuis déjà quelques temps pour ses méthodes peu orthodoxes de prendre l'affaire en main. Très vite Miceli écarte un crime mafieux. Un de ses indics lui donne un nom, celui d'un bandit nommé Delogo qui avoue le crime. Mais l'inspecteur doute de ses aveux. Il poursuit ses investigations qui le mènent sur la piste d'un trafic de stupéfiants dirigé par de hauts placés...

Frère cadet du réalisateur Luigi Bazzoni Camillo Bazzoni a débuté comme opérateur caméra puis comme directeur de la photographie pour des metteurs en scène prestigieux tels que Mario Monicelli, Lina Wertmüller, Franco Rossi ou encore Salvatore Samperi. Après une série de courts-métrages il tourne son premier film en 1968 Commando suicide suivi d'un western L'évadé de Yuma. Il signe ensuite deux polars Et vint le jour des citrons noirs / C'est la loi des siciliens puis cet Abuso di potere / Abus de pouvoir en 1972. Ce sera d'ailleurs son ultime film.

Piégé par une séduisante prostituée nommée Rosaria le journaliste Enrico Gagliardi est assassiné. La police sicilienne ne pouvant se mettre à dos les médias le juge Nicola Dalo demande à l'inspecteur Luca Miceli mis sur la touche depuis déjà quelques temps de prendre en main l'affaire d'autant plus que les investigations du commissaire Resta n'avancent guère. Miceli accepte malgré ses problèmes conjugaux. Il est en effet en plein divorce. Pour le seconder il fait appel à son ami le sergent Mortesi. Un règlement mafieux est assez vite écarté. Suite aux informations de son indic, un marchand de poissons, arrête un truand, Turo Delogo, qui finalement avoue le meurtre. Mais Miceli doute de ses aveux, du

moins qu'il ait agi seul, et poursuit ses investigations. Une bague retrouvée près du corps du journaliste pourrait être un indice précieux. Son enquête le mène sur la piste d'un important réseau de drogue qu'aurait découvert le journaliste. Il infiltre le réseau mais la Mafia charge une charmante jeune femme, Simona, de le corrompre. Il parvient tout de même à remonter jusqu'à celui qu'il pense être à sa tête. Mais il agit sans l'accord ni de ses supérieurs ni du juge. Cet abus de pouvoir lui coûte son enquête. Malgré le courroux du juge et de ses chefs Miceli est bien décidé à aller jusqu'au bout de sa mission à ses risques et périls...

Abuso di potere n'a peut être pas marqué les annales du polar à l'italienne, nous devrions plutôt dire pour être plus précis du polar judiciaire, mais il n'en est pas moins une oeuvre maitresse du fait qu'on peut la considérer comme le père, du moins un des pères du genre, mais également une des bases des futurs polars à la Lenzi, Castellari, Massi et autres Martino qui en 1972, date de sortie du film, n'existaient pas encore du moins tels que nous les connaitront par la suite. S'il est deux films qui se rapprochent pas mal de Abuso di potere c'est La polizia ringrazia de Steno réalisé la même année et sa pseudo séquelle La polizia sta a guardare / Le grand kidnapping. Camillo Bazzoni en reprend le discours socio-

politique sans jamais là encore mieux développer son sujet ou chercher à l'analyser, la mise en cause du Pouvoir, des hautes sphères de la justice, dans de sombres trafics de stupéfiants et sa collusion avec la Mafia et la pression sous laquelle la police doit travailler sans jamais se mettre à dos ni les médias ni l'opinion publique. Voilà pour la base du film qui va rapidement emprunter différentes voies pour former une pellicule hybride qui mêle film noir, film le cinéma mafieux à la Damiani, le polar traditionnel et le néo-polar à l'américaine. Car Abuso di potere lorgne aussi du coté de L'inspecteur Harry. L'inspecteur Mica Miceli est en quelque sorte l'ancêtre des flics justiciers aux méthodes peu orthodoxes

qu'incarneront notamment Franco Nero, Maurizio Merli ou encore Luc Merenda. Mis sur la touche ou plutôt parti en vacances pour ses excès de zèle et ses méthodes peu conventionnelles Miceli, flic désabusé en plein divorce, reprend du service pour les besoins de l'enquête sur le meurtre d'un journaliste et très vite il retrouve ses bonnes vieilles habitudes. Il est prêt à tout pour arrêter les tueurs quitte à passer outre la loi, avoir recours à cet abus de pouvoir qui donne au film son titre.
Bazzoni ne donne guère dans l'originalité. Il n'y a rien de très neuf dans cette histoire de crime qui cache en fait un réseau de trafic de drogue organisé par de hauts placés liés à la

mafia. C'est ce qu'avait découvert le journaliste. L'intrigue écrite à quatre mains par le tandem de spécialistes Massimo Felisatti / Fabio Pittorru qui s'inspire d'un fait divers réel (l'assassinat du journaliste Mauro de Mauro) ne réserve pas vraiment de surprises et surtout Bazzoni ne cherche absolument pas à donner dans le spectaculaire. Il lui préfère le réalisme. Les amateurs d'action, de poursuites et cascades étonnantes, de meurtres, de bagarres musclées risquent donc d'être âprement déçus.
Cela ne signifie pas que Abuso di potere soit ennuyeux. Bien au contraire. Il est même plus accrocheur que La polizia ringrazia et Le grand kidnapping qui par leur lenteur et leur coté

très bavard pouvaient avoir assez rapidement raison du spectateur. Un des points forts du film est son rythme certes discret mais alerte et une réalisation qui ne laisse place à aucun temps mort. Bazzoni nous réserve de jolies séquences (celle de la carrière, presque angoissante) et d'agréables moments qui viennent régulièrement ponctuer le métrage notamment l'ouverture du film avec l'assassinat du journaliste, le passage à tabac au style très américain de Delogo, l'interrogatoire de Yo-Yo le petit voyou interprété par le pasolinien Ninetto Davoli, la course poursuite finale en Alfa romeo, les cascades toujours spectaculaires de Rémy Julienne et la séquence qui clôt le film, pas très étonnante car

téléphonée (c'est bel et bien le cas de le dire ici) mais franchement réussie. Ajoutant à ces atouts la jolie photographie de Claudio Ragona qui donne à l'ensemble un petit coté raffiné et une partition musicale très efficace signée Riz Ortolani. L'interprétation sans être extraordinaire est cependant fort honnête, en tête celle de l'américain Frederik Stafford, inspecteur opiniâtre et renfrogné qu'on aurait néanmoins aimé un peu moins timide. A ses côtés Elio Zamuto et Guido Leontini, excellents comme d'accoutumée, tout comme Corrado Gaipa. C'est toujours un plaisir de retrouver Raymond Pellegrin et Ninetto Davoli malgré leur peu de temps de présence à l'écran. L'atout charme revient ici à Marilu Tolo en séduisante

traîtresse qui n'apparait que dans la deuxième partie du métrage. Méconnue, oubliée, cette coproduction italo-franco-germanique tournée à Salerno et non pas en Sicile qui par certains aspects rappelle Cadavres exquis de Francesco Rosi, une référence, mérite toute l'attention des amateurs du genre. Efficace, jamais ennuyante, esthétiquement jolie voilà un noir socio-politique franchement intéressant qui pose les bases des futurs polizeschi. A découvrir.

  • Par Éric Draven | mardi, 26 août 2025 | 17h50
  • CatégorieLes films

« Robinson Crusoe Schulmädchen report »

À retenir

  • Le 10 meraviglie dell'amore

Catégories

  • La photo de la semaine
  • Les films
  • Hardcore italien
  • Le cinéma X
  • Le cinéma gay
  • Les courts et moyens métrages
  • Biographies
  • Visages d'un jour Visages de toujours
  • Les Dossiers du Petit Maniaco
  • Le petit musée du Maniaco-Grévin
  • La salle des Dieux
  • Les archives secrètes du petit écran
  • Réalisateurs et grands noms du Bis
  • Les nouvelles du jour
  • Emotions Bis

S'abonner

  • Fil des entrées

Propulsé par Dotclear - Thème Freshy de Julien de Luca adapté depuis Wordpress