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Malu e l'amante


Autres titres: L'amante / L'amant de Lady Chatterley / The loves of Lady Chatterley / The lover
Réal: Pasquale Fanetti
Année: 1991
Origine: Italie
Genre: Erotique
Durée: 79mn
Acteurs: Malù, Kieran Canter, Antonio de Teffé, Debora Cali, Barbara Blasko, David José

Résumé: Charles l'ancien jardinier du domaine viticole des Chatterley vient tout juste d'être libéré de prison. Lord Chatterley, devenu impuissant suite à un tragique accident de cheval, décide de le faire revenir au domaine à la plus grande joie de sa femme, la jeune et séduisante Joëlle. Charles fut en effet son amant avec lequel elle vécut une relation passionnée. Dés son arrivée leur relation reprend de plus belle...

Avant tout directeur de la photographie sur de nombreux films depuis le début des années 70 Pasquale Fanetti fait ses débuts derrière la caméra au début des années 80 en réalisant deux hardcore, L'età di Angela et le bien nommé Visite anale à domicile. C'est vers l'érotisme qu'il s'oriente par la suite et tourne une quinzaine de pellicules salaces avec notamment Malù fraichement promue nouvelle reine du softcore de cette fin de siècle. Après s'être attaqué à un mythe du cinéma érotique, Emmanuelle, il propose en 1991 sa version de L'amant de Lady Chatterley dont on aurait pu franchement se passer.

Le vieux Lord Frank Chatterley, impuissant depuis un tragique accident, est propriétaire d'un domaine viticole en Toscane qu'il gère avec sa jeune et très jolie femme, Joëlle. Un beau matin il lui apprend que Charles, leur ancien jardinier et homme à tout faire, vient tout juste de sortir de prison et qu'il a décidé de l'embaucher à nouveau afin de lui donner sa chance. Joëlle est bouleversée puisque Charles fut son amant. Ils eurent une relation passionnée et cette passion ne s'est jamais éteinte. Dés son arrivée Joëlle se jette dans ses bras. Chaque jour, chaque nuit elle le rejoint et ils font l'amour. Son mari n'est pas dupe mais il ferme les yeux afin que son épouse soit heureuse. Charles séduit aussi Dora la bonne ce qui ne plait

guère à Joëlle. Au fil des jours les jeux érotiques prennent une tournure plus perverse. Charles veut que Joëlle ressente toute la souffrance qu'il a connu lorsque jadis il l'a surprise entrain de le tromper avec deux écuyers, une incartade à l'origine de l'accident de Frank.
Certes le titre français reprend le titre du célèbre roman de D.H Lawrence plusieurs fois adapté au grand écran dont la plus connue est celle avec Silvia Kristel en tête d'affiche, certes on y retrouve Lord et Lady Chatterley mais de l'histoire originale Fanetti n'en reprend que les grandes lignes, on devrait même dire pour être tout à fait exact qu'une ou deux

grandes lignes tant le scénario est microscopique si toutefois on peut appeler cela un scénario qui d'ailleurs ne cote jamais le nom des Chatterley. En fait Fanetti est bien plus occupé à enchainer les scènes érotiques qu'à véritablement respecter l'oeuvre de l'écrivain dont il se moque éperdument pouvons nous supposer. En cela le titre italien, Malù e l'amante, est bien plus approprié puisque Fanetti ne fait que filmer les infidélités de Malù avec son bellâtre d'amant durant 90 minutes. Le film n'est en fait qu'une série de scènes érotiques ultra chics, un roman-photo pour adultes noyé dans une partition musicale sirupeuse et répétitive qui devient vite insupportable, un long défilé de lingerie fine uniquement fait pour mettre en valeur sa principale héroïne qui au final ne dévoile rien. Car

en effet comme beaucoup des productions érotiques de ce type en ce début d'années 90 l'hypocrisie est de mise. On promet, on allèche mais on ne montre rien ou quasiment rien. Les hommes font l'amour (ou violent) mais ils gardent leur pantalon et sous vêtements, pas l'ombre d'un poil viril au programme. Quant à Malù elle garde sa lingerie, ses gaines, sa dentelle et ne montre que le strict minimum, sa poitrine et quelques poils pubiens. Tout est simulé et l'exagération ne fait peur à personne, un surjeu qui devient vite drôle et brise le peu de réalisme de cette pellicule franchement hypocrite.
Fanetti nous a ainsi concocté une guimauve indigeste où il multiplie les ralentis et les flous

artistiques censés représenter un romantisme qui ne fera rêver personne dans des décors toscans d'une beauté solaire. Nos deux amants courent, virevoltent, tourbillonnent, s'embrassent à ne plus en finir au milieu des près, des champs, des fleurs, des oliviers, Malù fait tournoyer sa robe sous laquelle elle ne porte pas de culotte mais est-ce important puisqu'on ne voit rien. La propriété viticole est somptueuse, théâtre de nombreux strip-teases pseudo-sensuels interminables (où on enlève que le minimum) et d'ébats papier glacé tout aussi répétitifs et artificiels tant et si bien qu'ils en perdent très vite tout effet fantasmatique. On se lasse très vite de ce torrent de miel que Joëlle ne peut s'empêcher de

commenter en voix off, on se fatigue d'autant plus vite qu'il ne se passe strictement rien. Lorsque finalement les jeux se font plus pervers il ne reste plus que quinze petites minutes. On espère que le film débute enfin mais c'est là encore un pétard mouillé. Un simili viol dans une étable ou du moins les instincts lubriques de Joëlle mis à jour, la jeune femme prenant du plaisir avec deux écuyers qui la rudoient lorsque son amant et son mari la surprennent! Si on pouvait penser que Fanetti passait enfin à la vitesse supérieure cela était une grave erreur en fait puisque le mot fin apparaitra cinq minutes plus tard ce qui en laissera plus d'un bouche bée! Certains vont même certainement faire marche arrière afin

de voir s'ils n'ont pas louper quelque chose, s'ils n'ont pas somnoler l'espace de quelques minutes. A t-on jamais connu une fin aussi abrupte? Fanetti fut il à court d'idée (déjà qu'il n'en a pas beaucoup eu pour écrire son intrigue)? Dépité du résultat a t-il baissé les bras et décidé de ne pas écrire de fin? Déjà fortement déçu et surtout frustré par cette bande insipide c'est cette fois les bras qui lui en tomberont devant cette conclusion consternante ineptie!
Malù e l'amante nous réserve tout de même un grand moment d'hilarité lors d'une scène culte, celle de la baie vitrée. Imaginez une baie vitrée qui sépare les deux amants. Notre bon

Charles ne peut résister aux charmes de Joëlle qui se trémousse en lingerie face à lui. Il se met alors à se coller, s'écraser contre la vitre qu'il lèche et lèche encore jusqu'à s'étouffer! Impossible de ne pas éclater de rire devant une telle scène de surcroit interminable qui au départ se voulait trash mais est tellement ridicule qu'elle ne peut que faire pouffer. Il faut cependant saluer l'exploit des deux acteurs qui ont réussi à tourner cette séquence en gardant leur sérieux! C'est l'ex-modèle salernitaine Malù de son vrai nom Ileana Carisio, la star de l'érotisme osé des années de la fin des années 80 à 1998, qui incarne cette Lady Chatterley prénommée Joëlle. Lancée en 1989 par La Cicciolina pour son premier film en

tant que réalisatrice (Diva futura), première actrice à entrer à la Diva futura, l'écurie du pornographe de seconde génération Riccardo Schicchi aux cotés de Moana Pozzi et de La Cicciolina, Malù a du charme, Malù a un corps parfait, Malù mime parfaitement l'acte (elle n'a jamais donné dans le hardcore) et sait prendre la pose, Malù est l'incarnation parfaite de la bourgeoise vicieuse mais ses talents d'actrice sont malheureusement inversement proportionnels à sa beauté méditerranéenne. En fait Malù est aussi belle que fade. Elle incarne parfaitement tout un banc de l'érotisme italien de cette fin de siècle, luxueux, aseptisé, inoffensif! Elle avait déjà personnifié Lady Chatterley deux ans auparavant dans le

tout aussi inepte La storia di Lady Chatterley puis sera Emmanuelle dans l'insipide et consternant Lady Emmanuelle qui ridiculisa le pauvre Gianni Macchia en fin de carrière et la misérable Marisa Mell dont ce sera le déplorable chant du cygne. C'est l'ex-héros de Blue holocaust et ex-amant de Moana Pozzi Kieran Canter qui interprète Charles. Après le film de D'Amato qui le rendit célèbre Kieran se lança dans la pornographie et tourna quelques hardcore. Il termine sa carrière dans l'érotisme et tourne deux films pour Fanetti Una donna per tutti (avec Malù) en 1991 puis Malù e l'amante qui sera son ultime apparition à l'écran. Kieran a l'oeil toujours aussi bleu, Kieran a ce coté beau gosse qui séduit au premier abord,

Kieran avait un certain talent avant qu'il ne sombre dans le X. Kieran a ici un coté pataud plutôt énervant, plus benêt qu'amant brulant d'amour pour sa belle. Le couple qu'il forme avec Malù n'a au final rien d'excitant. On se souviendra surtout de la scène où il lèche la fameuse baie vitrée à grands renforts de grimaces et de contorsions! C'est un Antonio De Teffé sexagénaire abimé par le temps et surement en manque d'argent qui interprète l'époux grabataire, un bien triste chant du cygne pour celui qui fut un des visages forts du western spaghetti. Il se contente ici fort heureusement de déambuler avec sa canne et de soupirer face aux infidélités de sa femme. Fanetti lui réserve cependant une scène érotique

consternante. Afin de lui témoigner son amour Malù se tortille sur ses genoux, elle en gaine, lui en pyjama rayé, l'air momifié, puis l'abandonne pour se trémousser sur le lit afin de l'exciter. Quelle tristesse!
Parmi les diverses versions de l'oeuvre de Lawrence celle de Fanetti est avec celle d'Onorati une des plus ineptes. Alors oui la photographie ultra léchée est somptueuse et met superbement en valeur les magnifiques paysages toscans. Certes Malù est fort séduisante lorsqu'elle prend la pose en lingerie fine et exécute des strip-teases très

étudiés. Mais cela ne suffit pas à faire un film privé en outre de véritable scénario. L'ensemble est d'une telle stérilité qu'il génère plus l'ennui que l'excitation si ce n'est chez quelques frustrés. Produit typique destiné aux chaines du câble pour leur programmation nocturne et aux circuits vidéos cette version italienne de Lady Chatterley n'est jamais qu'un roman-photo pour adultes ultra léché qui ne risque guère d'ébranler les sens d'un public qui d'un film érotique attend autre chose qu'une série de clichés mondains droit sortis d'une revue spécialisée papier glacé, reflet de ce que le cinéma érotique était devenu dés le milieu des années 80. Visuellement beau mais vain.

  • Par Éric Draven | mardi, 8 juillet 2025 | 21h41
  • CatégorieLes films

« La signora della notte Could we maybe »

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