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Could we maybe


Autres titres: Maske ku'vi / Quiza podriamos
Réal: Lasse Nielsen
Année: 1975
Origine: Danemark
Genre: Drame
Durée: 93mn
Acteurs: Karl Wagner, Ole Meyer, Marianne Groth Svendsen, Ole Ernst, Kirsten Soberg, Beth Lendorf, Morten Hovman, Marie-Louise Coninck, Ib Tardini, Soren, Barnstein Bercke, Neger, Morten, Soren...

Résumé: Kim est un adolescent de 15 ans à l'esprit aventureux. Il est en rébellion contre l'école, contre sa mère qui l'élève seul. Il aime rêver. Il se voit en rockstar adulé par les filles. Il traine le plus souvent avec Ole, son meilleur ami avec qui il fait les quatre cents coups. Un jour alors qu'il est à la banque des malfaiteurs le prenne lui et une jeune fille du même âge, Marianne, en otages. Ils les emmènent dans une cabane mais ils parviennent à s'échapper. Ils se réfugient dans une villa inhabitée. Très attirés l'un par l'autre les deux adolescents perdent leur virginité. Ils décident de ne plus rentrer chez eux. Arrivent alors trois autres adolescents avec qui ils vont former une petite communauté autonome...

Spécialiste depuis la fin des années 60 du court et du long métrage "teen gay", de la teensploitation danoise, Lasse Nielsen régulièrement assisté de son comparse Ernst Johansen met en route dés 1974 une sorte de trilogie qui s'étendra sur trois années, trois longs métrages qui rentrent dans la catégorie des "come of age movies", ces pellicules qui prennent pour sujet principal l'éveil de la sexualité, la quête de l'identité sexuelle à l'adolescence, les premiers émois et frissons amoureux. Librement inspiré de Sa majesté des mouches le premier opus, plutôt atypique et surtout très controversé, intitulé La'os

vaere (Leave us alone / Foutez nous la paix) en 1975. Le second volet, Maske ku'vi / Could we maybe sort l'année suivante, en 1976.
Kim a 15 ans. Il vit avec sa mère divorcée qui travaille dur pour subvenir à leurs besoins. Kim n'aime guère l'école. Il préfère sortir le soir ou trainer dans les rues avec son meilleur ami Ole avec qui il fait les quatre-cent coups, fume et prend ses premières cuites à la bière. Comme tout adolescent de leur âge ils s'intéressent aux filles qu'ils essayent de draguer. Un jour alors que Kim s'apprête à retirer de l'argent dans une banque quatre gangsters armés font irruption. Ils se font remettre l'argent du coffre mais la police arrive. Ils prennent

alors en otages Kim et une jeune fille du même âge, Marianne, qu'ils vont retenir prisonniers dans une cabane au fond des bois. Les deux adolescents parviennent à s'échapper et trouvent refuge dans une villa inhabitée. Cette soudaine liberté leur plait et ils décident de ne pas rentrer chez eux. Très attiré par Marianne Kim se rapproche de la jeune fille. Ils finissent par faire l'amour. Un matin Morten le fils du propriétaire de la villa débarque avec deux copains Neger et Soren. Le petit groupe devient amis. En l'absence du père ils vont former une petite communauté et s'organisent un quotidien. Un jour alors qu'ils font des courses l'épicière reconnait les deux jeunes otages dont le portrait a été largement diffusé dans les

médias. Elle prévient les autorités. Quelque temps plus tard la police arrive à la villa. Le fils du propriétaire et ses deux amis s'enfuient. Kim et Marianne sont ramenés à leurs parents en héros.
Leave us alone était un film plutôt étrange, un mélange post hippie imparfait de Sa majesté des mouches et des futurs Genesis children et La maladolescenza. Imparfait car non seulement son coté amateur nuisait au résultat final mais les intentions de Nielsen et de son compère Johansen restaient troubles. Débarrassé pour cet opus de Johansen Lasse Nielsen désormais seul aux commandes livre une oeuvre aigre douce sur l'adolescence

danoise, son mal être, ses rêves et aspirations. Contrairement au film précédent et au troisième chapitre Could we maybe prend pour principal protagoniste non pas un groupe de jeunes mais un seul, Kim, un adolescent de 15 ans à l'esprit aventureux issu d'un milieu social modeste. Il vit avec sa mère divorcée à qui il donne pas mal de fil à retordre. Kim est en pleine crise d'adolescence. Il est en rébellion contre l'école qu'il sèche régulièrement, contre sa mère qui trime dur pour lui donner une vie correcte. Il traine le plus souvent avec son ami Ole, tout aussi rebelle que lui. Ils passent le plus clair de leur temps à trainer dans la rue, à faire les quatre cents coups, à sortir le soir, fumer et se prendre des cuites. Comme

tout garçon de leur âge leurs hormones les travaillent. Ils sont en plein éveil sexuel. Plus que Ole Kim se perd souvent dans ses rêveries. Il s'imagine être une star du rock adulée par les filles, posséder une moto. Mais la réalité au quotidien est souvent bien plus dure et surtout régie par un monde d'adultes et leurs règles que Kim a du mal à supporter. Ceci forme en fait la première partie d'une pellicule qu'on peut décomposer en quatre grands mouvements, une première partie morose marquée par la tristesse d'adolescents mal dans leur peau. Tout bascule le jour où il est pris en otage ainsi qu'une jeune fille, Marianne, par des malfaiteurs qui braquent la banque dans laquelle ils étaient venus retirer de l'argent. Ils

sont emmenés dans une cabane au fond des bois. Cette prise d'otages constitue le second temps du film.
Après un moment de panique les deux adolescents vont sympathiser avec leurs ravisseurs, découvrir à travers eux un monde en marge certes dangereux mais quelque part fascinant pour un gamin comme Kim qui rêve de liberté et d'autarcie. Conscients du danger ils savent qu'ils ne peuvent rester prisonniers. Ils profitent de la gentillesse d'un des malfaiteurs, le plus jeune, trompe sa vigilance et réussissent à s'échapper. Après une longue course à travers champs et bois, sous l'orage, ils trouvent refuge dans une villa inhabitée. Malgré la

peur cette fuite vers l'inconnu est le premier pas vers une liberté naissante. De quoi exciter les deux petits amoureux en quête d'aventures et nourrir leurs rêves.
Débute alors la troisième partie du film, plus complexe, plus délicate également puisqu'elle rejoint les thèmes des deux autres films de la trilogie: d'une part l'éveil des sens, de la sexualité, la perte de l'innocence, les premiers amours, d'autre part l'autonomie, la fraternisation, la vie en communauté loin des adultes, de leur regard et de leur morale. Avec tact et sensibilité Nielsen nous fait partager l'amour naissant entre Kim et Marianne, leur parcours initiatique puis leur première fois avant l'arrivée de trois jeunes dont deux

échappés d'un foyer avec qui ils vont fraterniser et former une petite communauté parfaitement autonome.
Ceci forme la quatrième partie de ce come of age movie. On y retrouve les principales composantes des deux autres films, les mêmes préoccupations et le même schéma narratif à savoir un groupe d'adolescents seuls à qui se pose la question de l'autonomie. C'est peut être la partie la plus intéressante, la plus profonde émotionnellement parlant. Ensemble ils organisent leur vie, refont le monde, s'autosuffisent dans un état d'esprit marginal encore très années 70 et surtout refusent tout adulte, symbole d'autorité, de

hiérarchies sociales. Se profile ainsi une forme de rébellion, d'insurrection, celle de la jeunesse contre le monde des adultes et de ses diktats comme celle qui était au coeur de Leave us alone puis de You are not alone (affirmer son homosexualité face à ceux qui la réprouvent). La question est de savoir si un monde sans adultes demeure une utopie ou une réalité. En cela le final est assez amer. Ce sont des adultes qui briseront le rêve (l'épicière puis la police). Le groupe se dissout. Les trois vagabonds s'enfuiront pour garder leur liberté. Kim et Marianne seront ramenés à leurs parents, portés en héros. La tristesse qui se lit sur leur visage en dit long et résume à elle seule leur ressenti. Alors que le mot fin

apparait à l'écran l'image se fixe sur le visage désespéré de Kim qui voit ses aspirations voler en éclats mais également sa relation amoureuse avec Marianne. Un happy end en forme de no happy end. Tout dépend de quel coté du miroir on se positionne. Contrairement à Leave us alone qui prêchait par un certain amateurisme l'interprétation est ici très bonne et surtout crédible portée par le jeu toujours juste de ses deux principaux interprètes les jeunes dont ce fut les seuls rôles à l'écran Karl Wagner et Marianne Groth Svendsen qui n'hésitent pas à se dévêtir pour les besoins du scénario, une nudité juvénile qui s'intègre logiquement à l'histoire mais qui aujourd'hui serait impensable. A leurs cotés on pourra

reconnaitre Ole Meyer qui fut un des protagonistes de Leave us alone et Soren Barnstein Bercke, également au générique de Leave us alone.
Rythmé par les très belles chansons de Sebastian qui était déjà à l'origine du thème principal du film précédent Maske ku'vi malgré un scénario pas toujours très crédible est avec You are not alone un des films les plus réussis de Lasse Nielsen. Vision assez juste sur le mal être de l'adolescence danoise en ce milieu d'années 70 voilà un teensploitation d'un autre temps que l'amateur et bien d'autres prendront plaisir à découvrir, laissant aux bégueules le soin de froncer les sourcils face à une nudité juvénile qu'ils réprouveront, pourtant jamais gratuite ni complaisante mais dosée avec soin.

  • Par Éric Draven | lundi, 14 juillet 2025 | 21h50
  • CatégorieLes films

« Malu e l'amante Una strana voglia d'amare »

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