Si son nom n'aura brillé que l'espace de quelques trop brèves années dans l'univers du cinéma d'exploitation, ce fut assez pour qu'elle y laisse à jamais son empreinte. Reléguée trop souvent aux rôles de second plan malgré son talent et sa flamboyante rousseur, celle qui un temps étincellera dans le ciel du cinéma de genre transalpin n'aura malheureusement pas réussi à trouver ses marques, rongée par ses addictions qui lentement la menèrent vers un inéluctable destin. Il est grand temps d'ouvrir notre grand dictionnaire à la page S afin de vous faire découvrir la sombre destinée de Sara Sperati.

Née en 1956, Sara Sperati de son véritable nom Adèle Sperati débute comme beaucoup de futures starlettes dans le roman-photo en 1972. Belle, altière, elle est rapidement remarquée des producteurs de cinéma. Elle entame très vite sa carrière de comédienne en 1974 alors qu'elle a tout juste 18 ans ans. Elle décroche en effet un court rôle, celui de la jeune princesse Alessandra Ranieri, dans Il sorriso del grande tentatore de Damiano Damiani.
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Son premier véritable rôle elle le doit à Bruno Gaburro qui la même année lui propose d'interpréter le personnage féminin principal de son lacrima movie, I figli di nessuno, le remake du film de Raffaello Mattazzaro, L'angelo bianco, aux cotés de Gabriele Tinti et Erika Blanc. L'année suivante Sara est l'héroïne principale du film de Tonino Cervi, l'étrange La nottata, dont elle partage l'affiche avec Susanna Javicoli, Giancarlo Prete, Max Delys et Martine Brochard qui un temps sera proche d'elle. Martine se rappelle d'elle avec tristesse. A cette époque déjà, la jeune actrice connaissait de graves problèmes d'addiction aux drogues. Sara était une fille très simple mais complétement folle, exubérante, incontrôlable comme beaucoup de drogués confesse aujourd'hui Martine. Mal dans sa peau, elle avait sans cesse un comportement étrange et tourner avec elle était difficile continue t-elle. Elle était par exemple obsédée par ses seins tant et sara_sperati_3.jpgsi bien qu'elle ne pouvait s'empêcher de les montrer, les exhiber sur les plateaux de tournage. Lors d'une soirée au théâtre, se souvient Martine, cette dernière lui présenta son mari. La première chose qu'elle lui demanda fut s'il voulait voir sa poitrine.
Alors lancée comme nouvelle sexy starlette, Sara fera en 1975 deux fois le bonheur des lecteurs de la revue pour adultes Playmen en y posant nue avant de retrouver le chemin des studios avec outre son apparition dans un épisode de la série française Jo Gaillard un rôle dans le polar politique de Luciano Ercoli La police a les mains liées. Elle enchaine avec un autre polizesco Mark il poliziotto / Un flic voit rouge de Stelvio Massi dans lequel elle joue bien ironiquement une toxico-dépendante aux cotés de Franco Gasparri.
Sara enchaine certes les films mais sa toxico-dépendance abîme son corps. En 1976, le visage émaciée, elle sera à l'affiche de Salon Kitty de Tinto Brass dans lequel elle interprète Helga, la jeune dominatrice, avant de se retrouver au générique du nazisploitation de Rino Di Silvestro Les déportées de la section spéciale SS dans lequel elle incarne une déportée, Monique, une des héroïnes principales de ce film qui sera son ultime apparition au cinéma. Pour être tout à fait exact, Sara participera par la suite au Casonova de Fellini mais les séquences où elle apparait furent malheureusement retirées au montage. Fellini aura donc été son chant de cygne.
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Si Sara disparait des feux des projecteurs, elle ne quitte pas pour autant l'univers du show bizz. Si après avoir fait une nouvelle fois les belles pages du magazine Playmen en 1977, elle disparait quelques temps, c'est pour mieux resurgir au début des années 80. Désormais mère d'un petit garçon prénommé Krishna mais surnommé Christian, Sara va alors se consacrer à une autre passion qu'elle cultive, la musique. Elle sera en effet entre février 1984 et mars 1985 la chanteuse du groupe italien de hard rock Fingernails avec lesquels elle enregistrera deux demos apparemment assez difficiles à trouver aujourd'hui.
Sara tentera un retour raté au cinéma à la même époque. Les années passent mais elle est toujours en proie à ses addictions. C'est au début des années 90 qu'on perd définitivement sa trace. Si son ex-compagnon d'alors reçoit tout de même régulièrement des nouvelles, Sara reste introuvable. C'est à l'aube des années 2000 que, rongée par son mal de vivre et la drogue, Sara se donnera la mort.
Si elle ne fut pas une des starlettes les plus en vue du cinéma de genre, ses admirateurs, nombreux, ne l'ont pourtant pas oublié et continuent à vénérer son image, celle d'une jeune femme magnifique mais rongée par un inexorable mal de vivre qui eut raison d'elle.
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