Lucas De Chabanieux


Un nom à consonance noble pour un visage angélique dont bien peu doivent se souvenir à moins d'être passionné par un certain cinéma français aussi marginal qu'indépendant ainsi que d'érotisme arty et osé. Ce jeune dandy à la beauté androgyne fut en effet le malheureux héros de La philosophie dans le boudoir, libre et lointaine adaptation des écrits de Sade vu par le cinéaste Jacques Scandelari.
Même si on sait bien de choses sur ce comédien-éclair, Lucas avait toute sa place dans notre musée puisqu'il restera pour l'amateur de cinéma autre une de ces figures aussi éphémères que marquantes qu'il aura grand plaisir à retrouver l'espace de quelques minutes couché sur ces lignes virtuelles.
C'est en 1969 crédité sous le nom de Lucas De Chabaneix que Lucas De Chabanieux fait sa première apparition au cinéma dans Le dernier saut de Edouard Luntz, un petit rôle aux cotés de Maurice Ronet et Michel Bouquet.
C'est Jacques Scandelari qui lui offre donc son premier vrai rôle dans La philosophie dans le boudoir deux ans plus tard en 1971. Il y interprète Zenoff, un jeune homme venu chercher celle qui l'aime qu'il veut arracher à son époux, un homme voué à la quête des plaisirs sexuels. Pur et innocent, dévoué à sa bien aimée, il incarne ce jeune homme aux allures de dandy perdu au milieu du stupre et de la dépravation, offert aux plaisirs interdits de la luxure. Même si Lucas ne brille guère par ses talents d'acteur, Scandelari parvient à le mettre particulièrement bien en valeur, l'habillant de satin mauve et de cuir noir, de tenues sado-masochistes évocatrices découvrant son fessier quand il ne le déshabille pas purement et simplement lors d'inoubliables ébats au coeur de la forêt. Ce sera là l'unique premier rôle de Lucas qui par la suite se contentera de courtes apparitions à l'écran.
On le verra en 1973 dans La vie facile de Francis Warin dans lequel il joue un des hommes du cirque puis en 1975 dans l'étonnant Le boucher la star et l'orpheline de Jérome Savary en 1975, film étrange presque surréaliste qui conte les aventures d'un boucher rêvant de devenir un célèbre réalisateur de films pour tuer ses actrices. Le film reste fameux notamment pour une scène de zoophilie entre une femme et un porc.
Ce sera l'ultime participation du jeune acteur à l'univers du 7ème art. Lucas a par la suite disparu retrouvant un total anonymat. Il nous reste donc de Lucas De Chabanieux ces quelques témoignages pelliculaires dont le plus marquant demeure La philosophie dans le boudoir, une de ces perles oubliées devenues aujourd'hui trés rares, afin que sa beauté subsiste et continue de rayonner à travers nos écrans.
