6ème édition de La nuit excentrique

C'est donc ce samedi 20 janvier que s'est déroulée la 6ème édition de la Nuit excentrique à la cinémathèque de Paris toujours présidé par l'inénarrable Jean François Rauger en partenariat avec le site nanarland. Ce qui est au départ ne devait être qu'une blague de potache pour amateurs de ringardises hilarantes, une farce pelliculaire sans lendemain s'est, victime de son succès, retrouvée popularisée au fil des années jusqu'à devenir un évènement parisien incontournable pour tout ceux qui aiment un certain cinéma décalé et improbable, ces films parfois oubliés qui trés vite nous font pleurer tant de joie que de dépit. Une fois de plus, le public venu en masse a pu constater l'impact de cette nuit sur l'esprit du spectateur en découvrant quatre pépites cinématographiques choisies avec soin afin de satisfaire l'amateur et convaincre le novice.
Dans une ambiance survoltée mais toujours bon enfant c'est cette année Vampire men from the lost planet connu aussi sous les titres alternatifs Horror of the blood monster et Blood creatures from prehistoric planet réalisé par ce génie de la série Z Al Adamson qui ouvrit joyeusement le bal en donnant le ton de la soirée. Oeuvre hybride de science-fiction composée de morceaux de différents films colorisés par le réalisateur lui même assemblés les uns aux autres, ce film est assez représentatif du cinéma d'Adamson, véritable artisan de la série Z aussi drôle que farfelue.
Aprés cette mise en bouche inédite en France où le pauvre John Carradine croisent hommes préhistoriques, hommes-crabes et autres vampires et extra-terrestres on put découvrir le trés attendu Devil's story / Il était une fois le diable de Bernard Launois, une tentative déconcertante d'incursion typique française dans le cinéma fantastique des années 80. Ce véritable OVNI qui fut le premier et le seul surtout à montrer la résurrection d'un galion fantôme sorti d'un bloc de polystirène (!) fit le bonheur des amateurs de n'importe quoi pelliculaire et finit de convaincre les novices comme en témoignèrent les éclats de rires et les salves d'applaudissement ponctuant la projection de cette hilarante étrangeté venue d'ailleurs.
C'est l'incontournable Virus cannibale de Bruno Mattei qui eut l'honneur de succèder au film de Launois. voilà un classique de l'horreur transalpine qu'on ne présente aujourd'hui. Mélangeant le cannibalisme, le film de zombis et le film écolo, l'impact de Virus cannibale sur le spectateur n'est plus à démontrer puisqu'il reste une valeur sûre de ce cinéma dont le but principal est de faire rire le public de façon incontrôlé et incontrôlable.
Comme le veut la tradition, c'est avec un film asiatique que se cloturer cette nuit. Aprés les traditionnels films de ninja des éditions précédentes, c'est un hommage à l'acteur nain Weng Weng que rendirent les programmateurs avec L'invincible kid du Kung fu de Eddie Nicart, premier d'une série de quatre parodiant les aventures de héros tels que James Bond. Devenu un personnage culte au fil du temps chez les aficionados de films d'arts martiaux, Weng Weng y incarnait un agent secret, l'agent 00, aux prises avec de biens méchants hors la loi.
Chaque projection fut entrecoupée de bandes-annonces et d'extraits de films choisis avec grand soin par l'équipe de nanarland dont entre autres L'esclave blonde, Les monstres du continent perdu, Une fille dans le soleil, Pinball, Les barbarians, Shocking Asia, Superman contre les femmes vampires, Atomic cyborg, Bruce Lee tigre de Mandchourie, Contrat pour la mort, Le prince noir et les sept mains, Get crazy, La France interdite... ainsi que la traditionnelle salve de bandes-annonces X, Les dépravés sexuels, A bout de sexe, Je suis une belle salope..., qui clôture de façon salace cette fabuleuse nuit. On n'oubliera pas les indispensables animations et autre jeux organisés par nanarland en partenariat avec Le chat qui fume et Bach films.
Toutes ces festivités prirent fin vers 9H30 avec un agréable petit déjeuner offert par la cinémathèque afin de conclure dans la plus totale perfection ce voyage au bout du rire. Le rideau est donc tombé et il nous faudra bien un an pour nous remettre de nos émotions et sécher nos larmes mais c'est déjà avec impatience que nous attendons la 7ème édition de cette Nuit excentrique. 7 le chiffre des dieux. voilà qui laisse présager une envolée au paradis ou quand 7ème art rime avec 7ème ciel.