Srdjan Zelenovic


Un nom aussi imprononçable que difficile à retenir dont bien peu doivent se souvenir. Son visage fort heureusement ne vous est certainement pas inconnu, bien plus facile à retenir que ce nom tout droit venu des contrées slaves. Sdrjan Zelenovic vint en effet rallonger la longue liste des comédiens ayant interprété la fameuse créature de Frankenstein.
Sdrjan incarna le fameux monstre dans la version décadente qu'en donna Paul Morrissey en 1974, le très sanglant Chair pour Frankenstein. Ce fut là le seul véritable rôle de ce jeune acteur originaire de l'ex-Yougoslavie.
Pourtant Sdrjan n'en était pas à son coup d'essai et ce n'est qu'un demi-hasard si Paul Morrissey le choisit pour incarner la créature. Le réalisateur avait déjà tourné avec Sdrjan quelques années auparavant, en 1971 pour être plus précis,dans un court-métrage intitulé I miss Sonia Henie. Ce petit film de quelques seize minutes fut co-réalisé avec d'autres grands noms du cinéma dont Tinto Brass, Milos Forman, Frederik Wiseman, Karpo Godina, Dusan Makavejev et Buck Henry. Tourné en une seul nuit dans une chambre d'hôtel lors du festival de Belgrade, I miss Sonia Henie est un assemblage de micro-métrages dont aucun ne devait dépasser trois minutes. Tous devait être tournés dans cet unique décor avec la même caméra.
Le but de ce court subversif était de lutter contre la politique oppressante de la Yougoslavie d'alors. Sdrjan apparait dans le segment réalisé par Paul Morrissey.


Trois ans plus tard, Paul Morrissey était en quête de l'acteur qui pouvait incarner le monstre de sa version de Frankenstein. Il devait avoir ce profil slave indispensable à l'histoire. Il songea alors à Sdrjan, grand jeune homme châtain clair aux yeux bleus à la fois fragile et viril, et lui fit faire des essais qui se révélèrent parfaits. Sdrjan fut engagé. Sa performance tout en nuances donne une certaine dimension, une certaine présence à ce personnage à la fois désespéré et empli de colère face à la douce Dalila Di Lazzaro. Son coté fragile sert fort bien cette douce ambiguïté qui le caractérise mais contrarie beaucoup le baron. Sa créature n'est guère intéressé par les femmes ou comment renforcer l'aura d'homosexualité qui entoure tout le film.
Ce fut là le seul rôle de Sdrjan au cinéma qui disparut définitivement des écrans par la suite.